Le drame survenu dans une chambre du Four Points Sheraton, sur la rue Laurier à Gatineau, en 2015.

Christine MacNeil: la science fait parler la scène de meurtre

La science a fait son entrée au procès de deux Ottaviens accusés du meurtre d’une escorte dans un hôtel de Gatineau, en octobre 2015. Les expertises pathologistes démontrent que la victime a eu un réflexe de protection, en levant sa main gauche, avant de recevoir deux coups de feu de « très près », provenant d’un canon situé plus haut qu’elle.

Selon la pathologiste judiciaire Caroline Tanguay, la victime, Christine MacNeil, a placé sa main gauche — probablement par réflexe — devant elle, lorsque son agresseur a pointé l’arme du crime dans sa direction.

Les expertises ont été pratiquées le 21 octobre 2015, deux jours après le drame survenu dans une chambre du Four Points Sheraton, sur la rue Laurier,

Le procès des deux suspects, Blake Dooley (qui aurait mené l’exécution) et d’Emilio Spezzano (l’ex de la victime qui aurait commandité le crime), se poursuit devant jury, cette semaine, au palais de justice de Gatineau.

Le corps de l’escorte de 25 ans était légèrement vêtu, à son arrivée au laboratoire de science médicale, à Montréal.

« Un projectile est entré et sorti d’entre le pouce et l’index de la main gauche, pour entrer dans l’épaule gauche », a décrit la pathologiste. L’orifice, situé à l’avant de l’épaule gauche, était situé à 135 centimètres des talons, et l’orifice arrière, où est sorti le projectile, à 126 cm. »

Cela indique, selon l’examen, que ce projectile a été tiré dans un angle plongeant. Il a pu être tiré par une personne plus grande, ou alors que la victime était penchée vers l’avant alors que la balle était tirée horizontalement.

Cette balle, de calibre 9mm, a transpercé le lobe supérieur du poumon.

La deuxième balle a atteint le même poumon gauche, dans une trajectoire semblable, mais a traversé deux lobes du même organe.

L’hémorragie qui a suivi a été fatale pour la jeune femme, qui a perdu une quantité de sang considérable.

« Tatouage de poudre »

La docteure Tanguay a expliqué au jury la nature des lésions, entourées de « tatouage de poudre » et de « noir de fumée ».

Ces marques sur la peau ont fait parler la scène de crime. Elles ont été observées sur l’épaule et la paume de la main gauche de Mme MacNeil.

Elles indiquent que le canon ayant servi au meurtre était « très près » du point d’entrée.

« La poudre qui sort d’un canon est distribuée en forme conique. On voit, dit la spécialiste, qu’elle est plus concentrée sur la main que sur l’épaule. »

Cela confirme, selon la pathologiste, que la main gauche était placée devant l’épaule du même côté au moment de la décharge.

Selon le résumé de la Couronne, Christine MacNeil croyait aller rencontrer un client, après avoir pris un rendez-vous par texto, le soir du 19 octobre 2015.

Selon la Couronne, Blake Dooley, qui connaissait la victime, était celui qui se cachait derrière ce numéro de téléphone d’emprunt, pour piéger la jeune femme.

Mme MacNeil avait entrepris une nouvelle relation avec un autre homme, ce que n’aurait pas apprécié son ex.

L’ex-conjoint, Emilio Spezzano, aurait voulu en finir avec elle en complotant avec son ami Blake Dooley, pour que celui-ci effectue la sale besogne. Ce dernier se serait présenté dans la chambre d’hôtel de la femme pour faire feu, à deux reprises.