Dominique Bernier, la mère de Brandon Maurice, a questionné le policier qui a abattu son fils.

«Ce soir-là, je n’avais pas le choix»

Moment fort et rarissime au palais de justice de Gatineau jeudi alors que l’agent Frédéric Fortier, qui a tiré le coup de feu fatal pour Brandon Maurice, a été questionné par la mère de la victime, Dominique Bernier.

Les explications du policier, qui en a profité pour offrir ses sympathies à la famille, n’ont cependant pas ému outre mesure la mère de l’adolescent, qui a rappelé à sa sortie de la salle de cour qu’elle compte éventuellement déposer une poursuite civile contre l’agent Fortier.

« On n’a pas l’intention d’en rester là. On va attendre la décision rendue dans le rapport du coroner, et si c’est possible, on va continuer nos démarches. On n’arrêtera pas. On est certains à 200 % qu’on s’en va au civil. C’est ce que j’avais promis à mon fils au salon funéraire et j’ai bien confiance de tenir ma promesse, car il ne méritait pas ça. Je ne lâcherai pas le morceau », a-t-elle lancé, en sanglots.

Interrogé à savoir si la poursuite policière s’imposait coûte que coûte cette nuit-là, l’agent Fortier a répondu en évoquant « la possibilité qu’il y ait une victime à l’intérieur de la voiture » et que son collègue et lui s’étaient assurés que la sécurité du public n’était pas compromise.

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Il a ajouté que si c’était à refaire, il ferait feu à nouveau s’il sentait que sa vie est en danger lors d’une intervention. L’agent de la SQ, qui a été en arrêt de travail durant un peu plus d’un an, a toutefois précisé qu’il ne mettrait plus sa propre vie en danger en s’approchant d’un véhicule puis en cassant une vitre.

Il s’est par la suite adressé à Mme Bernier, lui disant éprouver des remords.

« Malheureusement, ce soir-là je n’avais pas le choix. Je ne connaissais pas votre fils madame, mais pour un policier, ouvrir le feu sur quelqu’un n’est pas quelque chose de facile. Je suis pris à vivre avec cela tous les jours et ce n’est pas agréable », a-t-il lancé.

Se disant « satisfaite » des propos qu’elle a entendus, qui à son avis prouvent que son fils serait encore en vie si l’incident n’avait pas dégénéré à ce point, Mme Bernier a malgré tout confié ne pas avoir le moindre sentiment de sympathie envers le policier.

« Il dit que si c’était à refaire, il referait une poursuite, mais ne mettrait pas sa vie en danger. L’autre policier (Dave Constantin) a aussi dit qu’il referait la même chose. Donc pour moi il n’y a aucun remords dans ces histoires-là. Je ne crois pas qu’il était sincère, je n’ai pas confiance », a-t-elle laissé tomber.