Les blessures subies par Andréanne Roux-Raymond l’empêcheront de travailler pour quelque temps, croit-elle.

Cas de rage au volant: «ce n’est pas pardonnable»

TROIS-RIVIÈRES — «Je n’ose plus aller au dépanneur et je traîne toujours mon téléphone avec moi. Je suis marquée par ça.» C’est en ces mots qu’Andréanne Roux-Raymond décrit le traumatisme qu’elle a vécu samedi dernier, lorsqu’un jeune homme a frappé à coups de barre de fer le taxi dans lequel elle prenait place, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

Le récit d’horreur de la jeune femme, qu’elle a raconté sur les réseaux sociaux mardi, est devenu viral: il a été partagé plus de 2800 fois sur Facebook. Elle espère certes que son témoignage facilitera les recherches des policiers pour retrouver le jeune agresseur avec l’aide du public. Mais surtout, elle souhaite que son message ait pour effet d’inciter davantage de gens à dénoncer et rapporter aux autorités les cas de rage au volant qu’ils vivent.

«Il y en a plus qu’on le pense et beaucoup ne sont pas déclarés, assure-t-elle. Souvent, ce sont seulement des coups de klaxon, des gens qui en coupent d’autres, mais on ne sait jamais quand ça peut devenir grave.»

Mme Roux-Raymond soupçonne d’ailleurs que le jeune homme n’a réalisé qu’après coup la gravité de son geste, quand il s’est retrouvé en face d’elle, sa victime.

«Il me regardait avec de grands yeux ronds, comme s’il venait de réaliser la gravité de son geste. C’est fort possible qu’il ne pensait pas qu’il y avait quelqu’un assis à l’arrière. Il a commencé à baisser sa barre de fer et, après moins d’une minute, il est parti», explique-t-elle.

La jeune femme croit par ailleurs que sans la présence de trois autres personnes dans la voiture de l’agresseur, celui-ci n’aurait peut-être pas osé passer à l’acte. «Je crois qu’il voulait avoir l’air cool», avance-t-elle. Elle croit également possible qu’il ait pu être intoxiqué, puisque l’agression s’est produite peu après la sortie des bars, vers 3 h du matin. Cela n’excuse toutefois en rien les agissements du jeune homme, soutient-elle.

«Ce n’est pas pardonnable, ce qu’il a fait. Il y aurait pu y avoir un enfant assis à ma place, ou n’importe qui. Ç’aurait pu être bien pire», croit-elle.

La jeune femme a davantage étayé la description physique du jeune homme, qui est toujours recherché par les policiers. Il aurait les cheveux pâles, rasés sur les côtés, mais plus longs sur le dessus, les yeux clairs. Il mesurerait près de 1 m 80 et serait mince. Il portait un grand chandail blanc au moment de l’agression, de même qu’un pantalon qui lui descendait au niveau des fesses. Il conduisait une voiture noire de marque Honda Civic, modèle 1999, selon Mme Roux-Raymond.

Panique

Mme Roux-Raymond a subi plusieurs blessures à la suite de l’altercation, aux genoux et aux mains, sans compter les douleurs musculaires qui se sont manifestées après coup. Elles ont toutefois été causées par sa chute lorsqu’elle est sortie du taxi, alors que le chauffeur tentait de faire des manœuvres pour échapper à l’agresseur, qui lui a barré le chemin à l’aide de son véhicule.

«Je suis tombée quand je suis sortie du taxi et la moitié de mon corps s’est retrouvé en dessous. Il avançait et reculait pour essayer de convaincre le jeune de se tasser pour qu’il puisse partir. Une chance, la roue ne m’est pas passée dessus, mais elle a frotté sur les genoux. J’ai des douleurs au dos, à la hanche, au bassin et aux épaules. J’ai perdu un ongle et j’ai le petit doigt foulé», énumère-t-elle.

La jeune femme affirme que si elle a reçu beaucoup de commentaires de soutien, certains étaient haineux, critiquant notamment sa décision de sortir du taxi. Elle explique cependant avoir agi sous le coup de la panique.

«Je n’ai pas réfléchi. Si on avait été sur l’autoroute, je pense que je n’aurais pas sauté. Mais je me sentais en danger, tant en dedans qu’en dehors du véhicule, et je savais que j’étais près de chez moi, où je pourrais me mettre à l’abri», explique-t-elle.

Bien qu’elle déplore quelque peu l’attitude du chauffeur du taxi, qui a quitté les lieux sans vérifier si sa passagère était toujours à bord et n’est pas revenu, selon elle, pour voir si elle était indemne, elle dit comprendre sa réaction. «C’est certain qu’il y a eu un manque (de sa part). Mais on a chacun eu notre manière de réagir face à la panique», croit-elle.

En plus du traumatisme vécu, Mme Roux-Raymond devra également manquer plusieurs journées de travail. Si son état ne nécessitait pas d’hospitalisation, elle devra probablement suivre des traitements de rééducation, notamment en physiothérapie. Elle devait voir son médecin jeudi pour connaître la suite des choses.