Les policiers d’Ottawa et de la GRC ont érigé un barrage routier jeudi soir dans la capitale pour déceler les automobilistes intoxiqués.

Cannabis: des ajustements pour les policiers

La légalisation de la marijuana force les policiers à ajuster des aspects de leur travail lors d’interception sur la route.

Si le 16 octobre un automobiliste était surpris avec du pot dans sa voiture, il était arrêté pour possession de cannabis, menotté, puis conduit directement au poste de police.

Le 17, jour de la légalisation, ce même conducteur pouvait repartir sans accusation criminelle.

Lors d’une opération MégaRIDE des policiers d’Ottawa et de la GRC, jeudi soir, lendemain de la légalisation du cannabis au Canada, les autorités ont laissé repartir une voiture dans laquelle se trouvaient plusieurs occupants et un sac Ziploc avec quelques grammes d’herbe.

« Pour nous, policiers, nous devons changer notre façon de penser. Le cannabis est maintenant légal », a résumé le constable Dany Laberge de la police d’Ottawa, au barrage routier érigé à l’angle de l’autoroute 417 et de l’avenue Carling auquel Le Droit a eu l’occasion d’assister.

Les policiers ont toutefois placé le sac de pot dans la valise de la voiture avant qu’elle reparte.

Quelque 2460 automobilistes ont été vérifiés pour drogue et alcool au volant lors de l’opération policière qui s’est conclue tôt vendredi. Il n’y a eu aucune arrestation pour facultés affaiblies par la drogue et ce, malgré qu’au moins deux conducteurs eurent avoué avoir fumé du pot dans les heures précédentes. Les agents ont mené trois épreuves de coordination des mouvements durant MégaRIDE, que les suspects ont passées avec succès.

Test de sobriété

Le travail des policiers n’est toutefois pas différent d’avant lorsqu’ils cherchent à détecter si un automobiliste est intoxiqué par la drogue.

« Si un automobiliste nous dit qu’il a bu deux bières, nous avons alors des doutes raisonnables. Nous allons lui demander de subir un alcootest afin de s’assurer qu’il ne dépasse pas la limite permise. Pour les drogues, si nous avons des doutes, nous allons soumettre l’automobiliste aux tests de sobriété. Si les résultats sont médiocres, nous avons des justifications pour l’arrestation. S’il a de bons résultats, il n’a pas les facultés affaiblies et il peut conduire », a expliqué le constable Laberge, un expert en reconnaissance de drogues.

« Nous voulons nous assurer que personne ne conduit avec les facultés affaiblies au-delà des normes qui nous permettraient de procéder à une arrestation. Maintenant que (la marijuana) c’est légal, nous voulons que personne ne conduise intoxiqué du fait que c’est décriminalisé », a renchéri le constable Luc Mongeon de la division de circulation à la police d’Ottawa.

Plusieurs indices permettent aux policiers de décider de faire subir un test de coordination physique à un automobiliste après une interception. D’abord, ils vérifieront si une odeur de marijuana se dégage du véhicule, de la même manière qu’ils cherchent à constater si un conducteur a une haleine d’alcool.

Ils regarderont aussi les yeux pour voir s’ils sont rouges, vitreux, et si les pupilles sont dilatées. Un problème d’élocution lors d’une conversation est un autre signe d’intoxication.

L’examen de coordination physique s’apparente à celui de l’alcool avec un test d’équilibre et de pas, entre autres.

Le conducteur qui a été intercepté avec du cannabis dans un sac Ziploc a avoué avoir fumé trois heures avant d’être vérifié au barrage routier. Il a fait bonne figure au test de sobriété.

« Je ne lui ai pas donné un score assez bas pour le considérer comme intoxiqué. Il était bien sûr nerveux, tout le monde l’est, mais il a passé et ça ne donnait pas lieu à une arrestation pour conduite avec les facultés affaiblies. Il a été relâché sans accusation criminelle », a expliqué le constable Mongeon.

Un conducteur qui échoue le test est placé en état d’arrestation puis conduit au poste de police pour être soumis à d’autres tests, comme l’examen de la pression artérielle, la température du corps, la fréquence cardiaque et ultimement la prise d’échantillons sanguins et d’urine.