Quelques bouquets de fleurs et des automobilistes qui passent devant la maison­ sans s’arrêter : voilà les traces visibles qui restaient lundi, sous un soleil radieux.

Campagne GoFundMe pour la fillette: des remboursements exigés

Puisqu’un salon funéraire de Granby assumera les coûts associés aux funérailles de la petite fille décédée mardi dernier après avoir été violentée, la campagne de sociofinancement GoFundMe a pris fin le 4 mai.

La tragédie a soulevé l’indignation et la compassion partout au Québec. À un tel point que la campagne a dépassé l’objectif initial de 7000 $, soit le montant prévu pour couvrir les frais du service funéraire. En cinq jours, 11 000 $ ont été récoltés.

Si les funérailles de la petite sont payées, qu’adviendra-t-il de cet argent, se questionnent plusieurs personnes ?

Sur la page Internet de la campagne, on peut y lire que « tous les dons seront utilisés pour poursuivre les responsables des services publics qui n’ont rien fait ou qui continuent à prendre de mauvaises décisions malgré tous les signaux d’alarme et en aucun cas à la défense du père et de la belle-mère ».

« En aucun cas l’argent ramassé ne servira à payer les frais d’avocat de défense ou tout autre frais des 2 accusés », peut-on aussi lire.

L’administrateur de la campagne de sociofinancement, Sébastien Denis, souligne que dès le départ, il avait été mentionné que l’argent serait dédié aux funérailles et que les sommes supplémentaires allaient être utilisées dans le cadre de poursuites judiciaires.

C’est finalement la totalité du montant qui sera réservé pour d’éventuelles poursuites judiciaires.

Ce changement a alerté certains donateurs qui ont exigé un remboursement.

M. Denis a confirmé à La Voix de l’Est que « les dons des cinq personnes qui ont réclamé leur argent leur ont été remis ».

« Rien d’illégal »

Questionné sur le fait que l’argent amassé ne soit plus dédié à ce qui était prévu au départ, Yannick Crack, avocat et cofondateur de la plateforme de sociofinancement La Ruche Estrie, souligne que le promoteur n’a pas changé « complètement la mission ».

« Il n’y a rien d’illégal, mais pour un donateur, de savoir que l’argent sera utilisé pour d’éventuelles poursuites, ça peut le refroidir », concède-t-il.

Comme l’argent n’a pas encore été remis et qu'il est toujours entre les mains de GoFundMe, M. Crack avance que la politique de remboursement de la plateforme Internet prévoit la possibilité que les donateurs puissent être remboursés.

Certaines plateformes de sociofinancement chargent le donateur seulement quand la campagne est couronnée de succès. Dans le cas de GoFundMe, le donateur est chargé automatiquement.

Il s’agit là d’un manque de cette plateforme, croit M. Crack.

DES PELUCHES ENVOYÉES À SHERBROOKE

Alors que les funérailles de la fillette de 7 ans décédée mardi dernier seront célébrées jeudi, la vie retrouve tranquillement son cours dans le quartier où le drame s’est produit. Quelques bouquets de fleurs sur le terrain et des automobilistes qui ralentissent devant la maison sans s’arrêter : voici ce qui restait lundi de ce triste fait divers.

 « Il n’y a plus de rassemblement devant la maison, mais ma femme me disait ce matin qu’il y avait toujours deux voitures en même temps », raconte l’un des copropriétaires de la maison où le père et la belle-mère de la fillette demeuraient avec deux autres enfants.

L’oncle de la petite a par ailleurs fait savoir que la moitié des 1700 peluches qui ont été récupérées lundi ont été remises au Centre hospitalier de l’Université de Sherbrooke (CHUS). L’autre moitié devrait être distribuée dans quelques jours à un autre endroit.

Rappelons que dans la foulée de la tragédie qui a secoué le Québec en entier, le directeur de la Protection de la jeunesse de l’Estrie, Alain Trudel, avait été retiré temporairement de son poste. Alain St-Pierre le remplace depuis lundi et assurera ainsi les fonctions de directeur intérimaire de la DPJ de l’Estrie.

Signalements

Lors d’un point de presse la semaine dernière, M. Trudel avait indiqué que la liste d’attente concernant des signalements d’enfants à la DPJ en Estrie s’élevait à 400 dossiers, soit 10 fois plus qu’en temps normal.

Pour l’année 2017-2018, la DPJ de l’Estrie a enregistré une hausse de 14 % des signalements, soit 5095 en comparaison à 4473 pour l’année 2016-2017.

Chaque jour, 14 signalements sont ainsi effectués par une personne préoccupée par la situation d’un enfant.