M. Paquette affirme que cette histoire est allée trop loin et qu'il ne serait jamais passé à l'acte.

«Ç'a dégénéré, c'est rendu ben trop loin»

Un homme qui aurait songé à faire exécuter son ex-conjointe pour toucher des primes d'assurance et hériter de la maison familiale, en 2015, a affirmé à la Sûreté du Québec que son plan meurtrier « était allé trop loin » et qu'il ne voulait pas vraiment concrétiser l'idée.
Martin Paquette, 39 ans, est accusé de deux chefs de menace de mort envers une femme, au palais de justice de Gatineau. Son enquête préliminaire a eu lieu ces dernières semaines, avec la mise en preuve de la vidéo de l'interrogatoire du suspect, au poste de la Sûreté du Québec, en juillet 2015.
Au départ, les autorités policières devaient déposer une accusation de complot pour meurtre. Cette accusation n'a pas été retenue, contrairement à celles de menace.
Serge Labrosse a déjà témoigné contre celui qui était jadis son meilleur ami. Lors d'un barbecue familial, le suspect a confié son lourd secret à son ami. « Il voulait faire tuer son ex. À ce moment-là, il me dit : «j'ai communiqué avec des professionnels. Pour faire tuer (la femme). Ça devrait se faire. (...) À ce moment-là, j'ai dit à Martin : «t'es sûr de vouloir faire ça ?» Il m'a dit : «je ne suis pas tout à fait sûr parce que je l'aime encore. Puis c'est la maman de mes enfants.»
L'avocat de l'accusé, Me Jean Bourget, s'est attardé sur la nature libre et volontaire des déclarations de son client, pendant son interrogatoire au poste de la SQ.
Droit au silence
Transporté au poste, M. Paquette a d'abord fait valoir son droit au silence. Les déclarations sont tombées au compte-goutte lors des 20 premières minutes de la vidéo, présentée lors de l'enquête préliminaire.
«On t'a lu tes droits. Comprends tu cela ?, pose l'enquêteur Martin Lépine.
- J'ai rien à dire, répond M. Paquette (...)
- T'as l'air frette», rajoute le policier.
Après un monologue de l'enquêteur, qui lui explique l'importance de connaître la vérité, M. Paquette maintient son désir de garder le silence.
«On dirait que ça te fait ni chaud ni frette, dit l'enquêteur. Le droit au silence, mon vieux, il reste que ça ne cache pas les émotions. On dirait que tu t'en contre-torche. Je veux savoir. Est-ce que je suis en train de parler au deuxième Guy Turcotte, moi là ?»
M. Paquette affirme que cette histoire est allée trop loin et qu'il ne serait jamais passé à l'acte.
«Je n'ai rien à dire. Je ne vais pas oser de te parler, mais je vais te dire de quoi. C'est juste que je vois que c'est comme... Cela a dégénéré, qu'est-ce que tu veux que je fasse ? C'est ben trop rendu loin pour qu'est-ce que c'est. C'est pour ça que j'ai pas d'émotion. C'est comme, qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Ç'a dégénéré, c'est rendu ben trop loin. Je suis un gars ben relax dans vie, mais là quand même que je braille, que je chie, que je pète, que je ris, je suis là, je vais attendre.»
Plus tard, il dira à un autre enquêteur, Marc Ippersiel : «C'est la première fois que t'entends ça (ce genre d'histoire) mais moi, j'ai entendu parlé de ça à la job. Tout le monde parle de ça. Tuer leur femme... Ou whatever
Une date de procès doit être fixée en janvier prochain.