Valérie Poulin-Collins a quitté le palais de justice en étant blanchie des accusations portées contre elle.

Bris de probation: Valérie Poulin-Collins acquittée faute de preuves

Trois-Rivières — Valérie Poulin-Collins, cette jeune femme qui avait enlevé un bébé naissant à l’hôpital de Trois-Rivières le 26 mai 2014, a été acquittée des accusations de bris de probation portées contre elle.

Au terme d’un procès qui s’est tenu jeudi au palais de justice, le juge Simon Ricard a conclu que la preuve n’avait pas été faite qu’elle avait contrevenu à des conditions de sa probation. Dans sa preuve, le ministère public a en effet choisi de faire témoigner uniquement l’intervenante de la Maison Radisson qui supervisait la probation de l’accusée et son agente de probation. Or, leurs propos ont constitué du ouï-dire selon le tribunal puisque les manquements reprochés à Valérie Poulin-Collins faisaient suite à leurs vérifications auprès d’un psychologue et d’un médecin.

En d’autres mots, il aurait fallu que ces derniers viennent relater eux-mêmes les faits observés, même si cela implique le déplacement à la cour de spécialistes dont l’horaire est fort chargé. Dans sa décision, le juge Ricard a pris soin de préciser qu’il ne pouvait adhérer à ce «raccourci procédural» en permettant au service de probation de relater des faits observés par d’autres personnes.

Rappelons que la jeune femme avait été arrêtée en juillet 2018 pour ne pas avoir respecté des conditions émises dans le cadre de sa probation de trois ans après sa libération de prison. Elle devait notamment suivre et compléter une thérapie sur la gestion de la colère et respecter le suivi psychiatrique tout en prenant sa médication, ce qui n’aurait pas été fait d’où le dépôt d’accusations par la procureure, Me Marie-Ève Paquet, pour la période comprise entre juin 2017 et juillet 2018.

Au départ, la spécialiste qui assurait son suivi psychologique de façon bénévole, avait en effet quitté le pays. Du coup, l’intervenante de Valérie Poulin-Collins, Catherine Beaubien, qui elle relevait de l’agente de probation Marie-France Mercier, lui avait demandé de se trouver un nouveau psychologue tout en lui proposant une liste de spécialistes et de programmes. Mme Beaubien a raconté, jeudi, qu’aucune démarche n’avait été menée à terme par l’accusée. L’intervenante l’a aussi décrite comme une personne fragile, peu collaboratrice et faisant preuve d’un manque d’ouverture. Elle lui a reproché d’avoir menti sur la fréquence de ses rendez-vous.

Certes, il a été noté que Valérie Poulin-Collins avait fait des efforts pour se trouver un emploi et qu’elle avait complété une thérapie pour sa dépendance aux médicaments mais le risque de récidive était semble-t-il toujours présent sur le plan de sa gestion émotionnelle, ce qui avait entraîné une dénonciation contre elle par la probation.

De son côté, l’avocate de la défense, Me Corinne Tremblay, a choisi de ne pas faire témoigner sa cliente. Dans sa plaidoirie, elle a expliqué que le fardeau de la preuve reposait sur la Couronne dans cette affaire. Selon elle, sa cliente a bel et bien fait des démarches, bien qu’elles aient pu s’avérer infructueuses notamment parce qu’un psychologue a refusé le mandat, parce qu’elle n’avait pas les moyens de payer des honoraires ou que les délais d’attente d’un programme étaient trop longs.

Notons cependant que depuis son arrestation de juillet 2018, Valérie Poulin-Collins a respecté les conditions de sa remise en liberté et qu’elle consulte désormais un psychologue tel que demandé.

Rappelons qu’elle avait enlevé la petite Victoria en se faisant passer pour une infirmière, le 26 mai 2014 à Trois-Rivières. Après le déclenchement d’une alerte Amber, la jeune femme avait été reconnue par quatre jeunes et retrouvée chez elle avec le poupon en bonne santé, qui avait été rendu à ses parents quelques heures après l’enlèvement.

L’accusée avait été condamnée à 31 mois de détention, moins la détention préventive, ce qui équivalait à deux ans moins un jour de prison. Elle avait été libérée le 28 février 2016, au deux tiers de sa peine, mais devait respecter une probation de trois ans qui a pris fin en février dernier.