La ville d'Ottawa a été le théâtre de 24 meurtres en 2016.

Bilan de l'année 2016

Un personnage: Ismaël Habib
Ismal Habib
En mars dernier, le système judiciaire de l'Outaouais assistait au début d'une histoire qui allait faire parler le Québec et le Canada.
Ismaël Habib, un Gatinois d'adoption, présumé partisan de l'État islamique (ÉI), a été arrêté alors qu'il tentait de partir vers la Turquie et la Syrie.
D'abord, l'homme de 28 ans a été arrêté par la police de Gatineau, dans une affaire de violence conjugale. Du coup, l'ex-conjointe a dénoncé ses propos haineux et guerriers aux autorités.
Depuis sa première comparution à Gatineau, son dossier sur les allégations de terrorisme a été confié au palais de justice de Montréal.
C'est toutefois dans le cadre des comparutions pour violence conjugale que les premières informations troublantes ont été rendues publiques, à Gatineau. Un enquêteur a présenté une photo à la cour, envoyée par courriel par la femme de Habib vivant à l'étranger, à l'attention de la conjointe de Gatineau.
«Tu penses que tu vas gagner contre ça?» est-il écrit, en accompagnement de la photo sur laquelle on voit une adulte et une enfant voilées intégralement.
L'adulte tient une Kalachnikov et l'enfant pointe l'index vers le ciel, symbole récupéré par l'ÉI dans sa propagande. Habib aurait fait fabriquer de faux passeports pour s'enfuir à l'étranger.
Un lieu: Kanata
Encore cette année, l'histoire de «l'enfant martyr de Kanata» a fait la manchette.
Le pauvre garçon qui, à 11 ans, s'est échappé de la torture de son père, va mieux, a-t-on constaté cet hiver, lors du procès de son père et de la conjointe de celui-ci.
Le couple - principalement le père - a maintenu l'enfant en famine pendant au moins six mois, en 2012 et 2013.
L'accusé, un ex-agent de la GRC affecté au contre-terrorisme, le forçait à dormir au sous-sol, par terre. Le jeune était parfois enchaîné ou menotté. L'homme à la carrure imposante a même tenté d'exorciser l'enfant, en qui il voyait le démon.
La mère adoptive connaîtra sa peine au début de 2017, alors que le père aura sa sentence un peu plus tard.
La femme est coupable de voie de fait armé et de ne pas avoir fourni le nécessaire à la vie de l'enfant. Le père est accusé d'une série de graves accusations reliées à de nombreuses violences, et d'agression sexuelle.
L'homme a entre autres brûlé les parties génitales de son fils avec la longue tige métallique d'un briquet à barbecue.
Un mot: Pilon
Le propriétaire de Pilon ltée, Roland Lavoie
Bien connu en Outaouais, le commerce spécialisé dans la vente de matériaux de construction Pilon ltée est au centre d'une guerre juridique et financière depuis le printemps dernier.
La famille Lavoie de Gatineau, dont le patriarche Roland est propriétaire de l'entreprise, est déchirée.
La saga a éclaté au grand jour quand le fils de Roland Lavoie, Gilles Lavoie, a été expulsé de l'endroit et congédié de son poste de directeur général, dans la journée du 29 mai.
L'affaire s'est transportée en Cour supérieure, où de gros dollars sont en jeu.
Gilles Lavoie a intenté une poursuite de 6,4 millions $ contre son père.
Sébastien, fils de Gilles et petit fils de Roland, a emboîté le pas et poursuivi son grand-père pour 700 000$. Lui aussi a été licencié par l'unique propriétaire.
De plus, Gilles Lavoie, 91 ans, veut récupérer un don de 500000 $ fait à son fils Gilles en 2014.
Il l'accuse d'être «ingrat» envers son père et sa mère.
Toutes ces réclamations ont été déposées à la Cour supérieure, cette année.
Un chiffre: 24
Malgré la multiplication du nombre de meurtres et de fusillades sur son territoire, le maire Jim Watson et le chef de police Charles Bordereau continuent d'affirmer qu'Ottawa est un endroit sécuritaire.
La ville d'Ottawa a été le théâtre de 24 meurtres en 2016.
Le triste record établi en 1995 a été égalé le 16 décembre dernier.
À titre comparatif, il y a eu sept homicides à Ottawa l'année précédente.
Malgré la multiplication du nombre de meurtres et de fusillades - près de 70 - sur son territoire, le maire Jim Watson et le chef de police Charles Bordeleau continuent d'affirmer que la ville est un endroit sécuritaire.
MM. Watson et Bordereau rappellent que 25 nouveaux policiers ont été embauchés en 2016, et que 25 autres se joindront au Service de police d'Ottawa en 2017.
Certains conseillers demandent tout de même à la Ville d'investir dans la lutte contre le crime, et rapportent que les citoyens sont craintifs.
Lors de l'adoption du budget, le 14 décembre dernier, le maire a tenu à rassurer les Ottaviens. «Cette année en a marqué plusieurs à cause des nombreux crimes. Mais je pense qu'il est important de ne pas paniquer et de ne pas appeler cela une tendance quand c'est la première année que ça arrive», a-t-il dit.
Une résolution: Attention à nos ados
Gatineau a été secouée par la troublante agression d'une adolescente derrière l'école secondaire de l'Île, dans le secteur Hull, en mars.
Un itinérant du nom de Marc Bellfoy a été arrêté après l'heureux passage d'un enseignant de l'école qui passait au bon endroit, au moment où la jeune fille était sous l'emprise de l'homme.
Le héros de la journée a maîtrisé Marc Bellfoy et sauvé la vie de l'ado.
La victime, grièvement blessée, a failli perdre un oeil.
Elle a cru pendant de longues secondes qu'elle ne survivrait pas à cette attaque sournoise. Marc Bellfoy fréquentait les organismes d'aide aux itinérants des environs.
À la suite de ce drame, les établissements scolaires, les organismes communautaires et plusieurs parents se sont questionnés sur le bon voisinage des itinérants et des élèves de l'école.
Le Gîte Ami, entre autres, est à quelques pas de l'école secondaire. Souhaitons que la leçon ait été apprise et que la surveillance accrue sur les terrains de l'école soit maintenue en 2017.
Marc Bellfoy subit présentement une évaluation psychiatrique à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal.
Avec Sylvie Branch, Le Droit