Pour la conseillère Louise Boudrias, le marché des bacs de dons, « c’est du n’importe quoi en ce moment, et il faut que ça arrête ».

Besoin «urgent» d’une réglementation

Victime de vols et d’une concurrence de plus en plus féroce dans le marché des bacs de dons, l’organisme Grands Frères Grandes Sœurs de l’Outaouais (GFGSO) implore la Ville de Gatineau de se doter d’une réglementation en la matière, un changement jugé « urgent » par la conseillère municipale Louise Boudrias.

Peu importe le quartier où l’on se trouve à Gatineau, il n’est pas très difficile de trouver un bac où déposer des articles ou vêtements usagés. Pourtant, en vertu du règlement d’urbanisme en vigueur, « les boîtes de dons caritatifs ne sont pas autorisées sur le territoire », indique le service des communications de la municipalité en précisant toutefois que « la Ville tolère ce genre d’installation ».

Les autorités municipales pourraient ainsi « intervenir dans le cas où une installation porterait nuisance, notamment à une voie de circulation ou à un espace de stationnement obligatoire (ex. pour personne handicapée) », note le service des communications.

La situation est toutefois appelée à changer. La Ville a récemment mandaté l’organisme sans but lucratif 3R Québec pour « dresser un portrait des boîtes de dons installées et utilisées sur le territoire gatinois ». Un mandat d’accompagnement auprès des organismes « œuvrant dans la récupération ou la valorisation des matières résiduelles » a aussi été confié à 3R Québec.

En parallèle, le plan de gestion des matières résiduelles 2016-2020 de la Ville prévoit de « proposer une réglementation » sur les boîtes de dons, entre autres pour « veiller à ce que seules les boîtes dont les propriétaires sont des organismes locaux d’entraide ou de réduction de déchets soient permises ».

Pour la conseillère Louise Boudrias, le marché des bacs de dons, « c’est du n’importe quoi en ce moment, et il faut que ça arrête ».

« Pour moi, c’est une situation urgente, parce qu’il va y avoir un effet néfaste pour des organismes qui ont besoin de ces revenus-là pour donner des services à nos citoyens », lance Mme Boudrias.

Cette dernière a demandé un état de situation à l’administration municipale, et souhaite qu’une présentation soit faite devant le conseil dès le début 2018.

La directrice générale de GFGSO, Yvonne Dubé, presse la Ville d’agir, et estime qu’il faudrait s’inspirer de la réglementation en vigueur à Sherbrooke. Une proposition qui trouve écho auprès de Louise Boudrias, qui veut que la Ville s’assure que les bacs sont installés à des endroits appropriés et que les dons recueillis servent à des organismes reconnus qui œuvrent pour la population locale.

« Je suis allée voir quelques bacs, et il y en a un où il y a un logo d’une entreprise de Lotbinière, alors on s’entend que ce n’est pas ça qu’on veut », souligne la conseillère.