Bertrand Charest durant son procès en 2015

Bertrand Charest ne sera pas remis en liberté en attendant son appel

MONTRÉAL — L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest va attendre le jugement sur l’appel de son verdict de culpabilité derrière les barreaux: la Cour d’appel a refusé lundi de le remettre en liberté.

Le juge Martin Vauclair a entendu sa demande jeudi matin à Montréal et a fait connaître son refus lundi en fin d’après-midi.

Dans sa décision, il rappelle que si le jugement sur la peine précise que le risque de récidive de Charest est faible, ses déclarations à divers spécialistes ayant préparé des rapports après sa condamnation «illustrent son incompréhension évidente de la situation et des conséquences de ses crimes» sur ses victimes.

L’ancien entraîneur de l’équipe canadienne junior de ski alpin féminine est incarcéré depuis son arrestation, le 11 mars 2015.

À ce sujet, le juge Vauclair rappelle que sa remise en liberté avait été refusée par un juge de la Cour du Québec en mars 2015 ainsi que par la juge de la Cour supérieure qui avait révisé la décision.

«Je constate l’absence de changement de circonstances qui permettrait de les [jugements antérieurs] nuancer aujourd’hui de façon plus favorable et l’appelant [Charest] ne m’en pointe aucun», écrit le juge Vauclair.

En fait, deux changements de circonstances se sont produits, poursuit le magistrat. Le premier: l’appelant est maintenant déclaré coupable, de sorte que la présomption d’innocence ne s’applique plus. Le second: la peine à purger est maintenant connue et elle est «importante», indique-t-il.

Charest soutenait avoir de solides motifs d’appel du jugement sur sa culpabilité et affirmait qu’il ne présente aucun risque de fuite, étant prêt à fournir une importante caution de 50 000 $ et offrant de respecter de nombreuses conditions durant sa remise en liberté.

Mais le juge Vauclair est d’avis que même si certaines accusations tombent en appel, Charest devra néanmoins purger une peine de prison.

C’est le cas parce qu’aucun de ses moyens d’appels ne vise tous les verdicts de culpabilité, au nombre de 37. Et qu’en dépit du fait que la Cour d’appel puisse intervenir sur l’un ou l’autre des verdicts, «tout indique que plusieurs infractions demeureront bien fondées».

Charest n’a pas démontré que la révision de son dossier modifierait la situation au point que toute sa peine ou une bonne partie de celle-ci serait purgée avant que ne soit entendu son appel, conclut le juge.

L’ex-entraîneur de ski avait initialement été accusé d’agression sexuelle et d’abus de confiance de 12 athlètes, âgées entre 12 et 18 ans, alors qu’il était en position d’autorité. En juin dernier, il a été reconnu coupable de 37 des 57 chefs d’accusation, pour des actes posés sur neuf des athlètes dans les années 1990.

Les avocats de Bertrand Charest avaient aussi fait savoir la semaine dernière qu’il allait en appeler de la peine qui lui avait été imposée, soit 12 ans de prison. Compte tenu de la détention provisoire, il doit encore purger sept ans et 10 mois.