L'auteur du meurtre, Timothée Fournier, âgé de 26 ans.

Au moins 17 ans de prison pour le meurtrier de Plaisance

L’auteur du meurtre survenu la veille du Jour de l’an 2017 à Plaisance a reçu une lourde sentence, mercredi.

Timothée Fournier, 26 ans, a plaidé coupable du meurtre sans préméditation d’Éric Dugas, cet été.

Pour avoir assené 26 coups mortels de couteau et de machette à sa victime le 31 décembre 2016, Timothée Fournier passera le reste de ses jours derrière les barreaux.

Il ne pourra demander sa libération conditionnelle que 17 ans après le début de son incarcération, soit en 2034.

Avant de prendre le chemin du pénitencier, Timothée Fournier a entendu ce que vivaient six membres de la famille de sa victime. Trop ébranlés pour s’adresser directement au tribunal, ils ont demandé à la procureure de la Couronne, Me Stéphany Robitaille, de lire leurs lettres.

Éric Dugas et son fils Christopher s’étaient rapprochés quelque temps avant le drame.

«Je me rappelle de bons moments avec lui dans le parc, a écrit Christopher Dugas. Il s’assurait toujours de m’apporter un nouveau cadeau, chaque fois. Même après 13 ans sans lui parler, il a eu un grand coeur et il m’a pris, à bras ouverts, pour apprendre à me connaître. Mais ce rêve que nous partagions (de se rapprocher) a été enterré. Il ne va jamais se réaliser. J’ai l’espoir que, grâce à sa famille, je vais pouvoir en apprendre sur lui en tant que personne. J’aurais aimé qu’il sache qu’il allait devenir grand-père, et j’aurais aimé qu’il passe du temps avec (l’enfant). Cela m’aurait rappelé de bons moments.»

Éric Dugas avait une vie compliquée, marquée par la consommation de drogue et de mauvaises fréquentations. Ses nièces ont précisé dans d’autres lettres adressées au tribunal qu’il demeurait tout de même une personne drôle et bonne pour les siens.

Ses proches ont décrit le défunt comme un homme qui aimait jouer des tours et faire rire les enfants.

Machette

Timothée Fournier a avoué au tribunal qu’il avait agi ainsi dans le but de «protéger sa sœur» d’Éric Dugas.

M. Fournier a dit qu’Éric Dugas planifiait un vol par effraction chez sa soeur. 

« La victime était un ‘dégât’ qui volait les gens et devait beaucoup d’argent », selon ce que l’accusé a confié au sergent-détective Denis Gagné, de la Sûreté du Québec (SQ).

M. Fournier craignait que sa sœur soit séquestrée à l’occasion de ce vol. « M. Fournier était en désaccord avec l’idée de Dugas », est-il résumé dans les documents judiciaires.

Après avoir poignardé sa victime avec un couteau de cuisine, Timothée Fournier a utilisé une machette pour achever sa victime, en lui tranchant la gorge.

La juge Catherine Mandeville, de la Cour supérieure, a précisé lors de l’audience qu’une dénonciation auprès de la police ou de proches, quant au projet de vol, aurait pu éviter une telle confrontation fatale.

Le meurtre s’est produit dans un appartement de la rue du Parc.