Deux Gatinois voulaient servir une leçon à trois adolescents.

Arrêtés pour s'être fait justice

Deux Gatinois font face à de graves accusations d'enlèvement, de séquestration et d'agression sexuelle pour avoir tenté de se faire justice après avoir aperçu trois adolescents essayer de commettre un vol dans des voitures.
Le Service de police de Gatineau (SPVG) affirme n'avoir jamais connu un dossier d'une telle gravité où des personnes ont tenté de se faire justice. 
« Une telle histoire, c'est du jamais-vu pour nous, a expliqué la porte-parole du SPVG, l'agente Andrée East, mercredi, lors d'une conférence de presse. En aucun cas, une personne ne peut se faire justice elle-même, même si elle est victime d'un crime, quel qu'il soit. »
Selon le récit du SPVG, l'incident, qui s'est déroulé sur une période d'une heure environ, est survenu dans le secteur de Buckingham le 2 juillet dernier, peu après minuit, alors que trois adolescents tentaient de s'introduire dans des véhicules stationnés sur la rue, à la recherche d'argent.
Les jeunes ont été pris en flagrant délit par un premier suspect. « Voyant l'homme se lancer à leurs trousses, les adolescents ont pris la fuite », a indiqué le SPVG.
Puis, un deuxième individu aurait rattrapé un des adolescents, qui aurait été agressé physiquement par le premier suspect « et agrippé au cou par l'arrière afin d'être amené de force dans un véhicule ». 
« Séquestré, l'adolescent aurait alors répondu aux demandes des deux adultes en indiquant l'adresse d'un de ses amis qui venait de prendre la fuite. » Les deux adultes ont ensuite pris la route avec l'adolescent.
À leur arrivée à l'adresse donnée, un des suspects « aurait débarqué du véhicule et forcé la porte d'entrée de la résidence ». Une altercation aurait suivi « et le deuxième adolescent, seul à la maison, se serait réfugié dans sa chambre. Le suspect aurait alors défoncé la porte et traîné l'adolescent de force à l'extérieur. » 
Nu dans un champ
Un des suspects aurait obligé l'adolescent « à se dévêtir et à laisser ses vêtements en bordure de la route ». Laissé « complètement nu, il aurait été forcé de marcher » pendant que l'autre adulte les suivait au volant du véhicule avec l'autre adolescent. 
« Les suspects auraient aussi profité de l'occasion pour le faire marcher nu et sans chaussures dans un champ dans des broussailles et plantes piquantes, où il aurait été bousculé », a indiqué l'agente East.
Les suspects se seraient ensuite dirigés vers la résidence du troisième adolescent où le premier suspect, « avec l'adolescent nu à ses côtés, aurait cogné puissamment à la porte avant d'entrer sans y être invité ». Il a alors « fait face aux parents du troisième adolescent alors qu'il menaçait celui-ci et souhaitait quitter avec lui pour lui servir une leçon ». Les parents de l'adolescent « ont réussi à convaincre les suspects de repartir sans les trois jeunes ».
Les policiers ont été informés de l'incident dans la soirée du 2 juillet et l'enquête a été conduite par la section des crimes majeurs du SPVG. Les adolescents ont subi des blessures physiques superficielles et ont été référés au Centre d'aide aux victimes d'actes criminels pour du soutien psychologique et de l'aide professionnelle. Aucune plainte ni accusation n'a été déposée contre eux.
Les deux suspects, Marc-André Essiambre, 37 ans, et Claude Poitras, 39 ans, qui ne sont pas connus des policiers, doivent répondre à des accusations d'enlèvement, de séquestration, d'agression sexuelle, d'introduction par effraction, de voies de fait, d'avoir proféré des menaces et d'intimidation.
La police rappelle que « lorsqu'un crime est commis, les citoyens doivent communiquer avec les policiers dans les plus brefs délais ».