Un véhicule a traversé l’épais panache de fumée sur la rue Noiseux, à Dunham, cet été, alors que la visibilité était nulle.

Appel à la prudence en cas d’intervention d’urgence

Un ruban jaune délimite une zone où se trouve un danger potentiel ou encore une scène de crime ? À moins de faire partie de l’équipe d’intervention, les citoyens n’y sont pas admis. Malgré cela, des curieux franchissent des lignes qu’ils ne devraient pas outrepasser. Devant ce constat qui touche l’ensemble des services d’urgence, le directeur du Service de sécurité incendie de Dunham, Patrick Cournoyer, tient à rappeler quelques règles à suivre pour éviter tout incident ou accident inutile.

En discutant avec ses pairs, il a constaté qu’il y avait des citoyens récalcitrants partout, peu importe le type d’intervention. Dans le métier depuis 22 ans, M. Cournoyer en voit fréquemment, tout comme les ambulanciers et les policiers.

Pour sensibiliser la population, le chef des pompiers a décidé de prendre parole. « J’avais ça en tête depuis plusieurs mois, à la suite d’un incendie sur la rue Noiseux à Dunham. Il y avait un gros panache de fumée dense et quelqu’un a quand même décidé de rouler à travers. Pendant ces secondes-là, ce n’est pas vrai que le gars savait où il s’en allait. »

L’automobiliste, qui ne souhaitait probablement pas faire de détour, aurait pu happer quelqu’un puisque la visibilité était nulle. Or, les pompiers et autres intervenants d’urgence sur un tel incendie ont autre chose à faire que de gérer un accident.

Cet incident a été l’élément déclencheur de la démarche du directeur.

M. Cournoyer donne d’autres exemples, qui se sont passés un peu partout dans Brome-Missisquoi, dans un document envoyé à La Voix de l’Est. Un automobiliste a roulé sur un boyau à incendie, ce qui aurait pu causer une rupture du boyau et occasionner l’interruption d’alimentation en eau lors d’un incendie.

Un autre conducteur a contourné un véhicule d’intervention en passant sur le trottoir et il a presque heurté un intervenant qui travaillait près du véhicule.

Il y a aussi ces citoyens qui passent sous un ruban délimitant un périmètre de sécurité. Dans le cas cité en exemple, le périmètre protégeait les citoyens d’un danger électrique. Il y a aussi ces citoyens qui s’approchent de trop près des ambulanciers qui soignent des patients.

Un conducteur lui a même déjà dit que son chemin habituel passait là où l’intervention se déroulait et qu’il n’était pas question de changer son habitude.

Patrick Cournoyer, directeur du Service de sécurité incendie de Dunham, tient à rappeler les règles de sécurité lors des interventions d’urgence.

Gros bon sens

Ce ne sont que quelques exemples relevés par les collègues de M. Cournoyer. Tous étaient d’ailleurs d’accord pour qu’il fasse un appel au gros bon sens.

M. Cournoyer y va ainsi de recommandations très simples, que plusieurs oublient.

La première est de ralentir à l’approche d’une intervention et de respecter les indications des policiers, pompiers ou signaleurs routiers. Si une route est bloquée ou partiellement bloquée par un véhicule d’urgence, il est important de respecter la consigne et ne pas contourner le véhicule en question. La consigne vaut autant pour un panneau de signalisation.

Il est primordial également de ne pas circuler entre les camions, boyaux d’incendie et équipement.

Enfin, il ne faut pas traverser un ruban qui délimite un périmètre de sécurité.

« Ce n’est pas toujours évident pour tout le monde, mais c’est sûrement quelque chose que les gens peuvent comprendre. N’attendez pas que quelqu’un vous dise que vous êtes trop proche. »

Il espère que, par ces quelques rappels, le mot se passera et que les moeurs changeront pour le mieux.

Filmer

« Je pense que l’humain, dans sa nature, est curieux, remarque-t-il. Je pense que les gens ne sont vraiment pas conscients tout ce que ça peut apporter comme problématique s’ils ne respectent pas notre périmètre. Je comprends que les gens veulent aider sur les accidents de la route, mais des fois ils sont à côté des patients et nuisent au travail des paramédics. »

Il constate également que les réseaux sociaux ont amené dans la vie des gens une volonté d’être le premier à publier sur un événement et a fait s’oublier les règles de base de sécurité.

« Ce n’est pas long que les gens ont leur cellulaire en main et se mettent à filmer. À Dunham, l’intervention n’était même pas finie sur la rue Noiseux que des vidéos étaient déjà sur Facebook. On dirait que c’est à qui va mettre la nouvelle en premier sur les réseaux sociaux. Si les gens filment, mais qu’ils sont dans une zone sécuritaire, ça me va. S’ils sont dans notre zone de travail, ça peut amener d’autres incidents. »