Le juge Alban Garon a été l’une des victimes d’un sordide triple meurtre qui a ébranlé la région de la capitale nationale en 2007.

Alban Garon: le livre d'une vie et d'un drame

« Mon Alban, mon frère, assassiné, Raymonde aussi, notre belle-sœur, et une voisine, les trois trouvés dans un bain de sang, dans la résidence d’Alban, hier. Toi, Lucette, téléphone à nos enfants, avant que les nouvelles en parlent. »

Cyprien Garon, frère d’Alban, est cité de cette façon dans le nouveau livre qui raconte la vie et la mort tragique du juge Garon.

L’affaire a ébranlé l’Outaouais et la grande région d’Ottawa, en 2007.

Sous le soleil d’été, devant une luxueuse tour d’habitations de la promenade Riverside, à Ottawa, des journalistes scrutent les lieux, retenus par le ruban jaune déroulé par la police empêchant le public d’approcher la scène de crime.

D’ailleurs, chez la police d’Ottawa, c’est motus et bouche cousue. Trois morts ont été découverts, là-haut. « L’enquête se poursuit », dit-on.

Sept ans après le fatidique 29 juin 2007, un résident d’Ottawa est enfin arrêté.

Alors qu’on croyait au meurtre parfait, le tueur a commis une erreur monumentale.

Il a non seulement éparpillé son ADN sur la scène de crime en 2007, mais il a surtout tenté de s’en prendre à une autre personne âgée, Ernest Côté, en 2014. M. Côté, vétéran centenaire, est en quelque sorte le Waterloo du meurtrier narcissique.

Les traces d’ADN de l’agresseur étaient les mêmes. Un jury a déclaré Ian Bush coupable de triple meurtre prémédité, en mai 2017.

Livre
Qui sont les Garon et leur amie ? Qui est l’assassin ? D’où viennent-ils ? Comment la famille des victimes a encaissé le coup ? Qui se cache derrière ce tueur froid et antipathique ?

Plusieurs réponses — et hypothèses — se retrouvent dans le nouveau livre de l’auteur Gabriel Fontaine, lui-même associé à la famille des disparus.

« Mon père était cousin germain du juge Garon », dit l’auteur en entrevue au Droit.

En accédant aux proches, aux coupures de journaux, et après avoir suivi l’affaire de près, Gabriel Fontaine a écrit, en près de 500 pages, Juge Garon assassiné — La trame.

Il y a bien sûr cette sordide histoire de meurtre, dans laquelle, selon l’auteur, les deux femmes ont été tuées sous le regard horrifié du juge retraité, avant qu’il soit lui-même tué par Ian Bush.

Il y a aussi le récit de l’enfance d’Alban Garon, de l’étudiant qui, pour payer ses études, a travaillé au Château Frontenac (il a même servi personnellement à la chambre du premier ministre Maurice Duplessis !)

Son parcours unique, jusqu’à sa nomination de juge en chef de la Cour canadienne de l’impôt, est ponctué d’anecdotes.

La passé d’un meurtrier
Cette vie heureuse, remplie d’amitiés, de générosité et de travail acharné, a été annihilée par Ian Bush, un homme qui a échoué toute sa vie à faire des affaires... Et à payer ses impôts.

Et c’est là, le drame du juge Garon et de sa famille.

Alban Garon représentait l’autorité obligeant Ian Bush à payer son dû.

D’ailleurs, l’auteur remonte jusqu’à l’enfance et à l’adolescence d’Ian Bush, originaire de Dryden, en Ontario.

Un jeune gaillard doué dans les sports et sur les bancs d’école, raconte l’auteur.

Il deviendra un travailleur discipliné, mais rigide. Il aurait même instauré une certaine crainte dans ses milieux de travail. « J’émets certaines hypothèses sur ce qui lui faisait perdre ses emplois », dit M. Fontaine.

Ian Bush a exécuté un plan meurtrier qui, lorsque décrit à son procès, faisait encore sourire l’accusé.

Juge Garon assassiné — La trame sera en magasin le 22 juin.

Le lancement de l’ouvrage aura lieu le 14 juin, à côté de la Cour suprême, dans l’édifice de Bibliothèque et Archives Canada, à Ottawa.

Le lancement sera ouvert au public, dès 19 h.