L'affaire a éclaté au grand jour en octobre 2016, lorsque l'accusé a comparu une première fois, à Gatineau.

Agression sexuelle: le juge doute de l'entente

Un juge hésite à suivre la proposition commune de la Couronne et de la défense dans une affaire d'agression sexuelle au cours de laquelle un homme a injecté un mélange de Vaseline et d'olives dans le rectum d'un adolescent.
Cette affaire a éclaté au grand jour en octobre 2016, lorsque l'accusé a comparu une première fois, à Gatineau.
Cette semaine, le juge Gaston Paul Langevin s'est montré réticent à entériner l'entente survenue entre la procureure de la Couronne, Marie-Josée Genest, et l'avocate de la défense, Me Nathalie Ferland.
Les deux parties ont proposé une sentence d'emprisonnement de 18 mois, à laquelle s'ajoutent six mois pour violence conjugale, dans un dossier parallèle.
Il semble que ce ne soit pas assez au goût du juge. C'est que le sévice des olives n'est pas le seul subi par l'adolescent. À moitié conscient et intoxiqué, le jeune homme de 17 ans a été électrifié par l'ex-conjoint de sa mère, qui a utilisé des fils de lampe coupés pour transmettre le courant sur son corps inerte. Les décharges électriques ont provoqué des raidissements de son corps.
La petite amie de la victime a été contrainte de filmer la scène de déchéance. L'adulte, qui entendait à rire, voulait faire «un coup de cochon» au garçon. Il menaçait la fille de lui faire la même chose si elle ne filmait pas.
«C'est très drôle, dit l'homme dans la vidéo de l'agression. Il est "cute".»
L'adulte a utilisé une douille à pâtisserie pour injecter le mélange douteux dans le corps de l'adolescent.
Le frère de ce dernier, un enfant de 10 ans, a aussi dû regarder le tout, selon la police de Gatineau. La mère n'a pas eu connaissance de cette affaire. Elle avait avalé un comprimé pour dormir.
L'accusé avait 41 ans au moment des faits.
La Couronne et la défense ont expliqué au juge, cette semaine, que l'accusé acceptait de plaider coupable, évitant ainsi aux jeunes victimes de témoigner une fois de plus dans cette affaire. L'adolescent, selon le ministère public, n'a pas eu de séquelle physique permanente et veut tourner la page.
Le jeune frère, traumatisé, refuserait toujours d'en parler, tout comme de la violence de l'homme envers sa mère. «Témoigner (sur d'éventuelles représentations sur la peine) serait extrêmement difficile pour lui», a mentionné Me Genest.
«On parle quand même d'une personne qui a électrifié (l'adolescent)», a rappelé le juge Langevin.
Le magistrat a dit aux deux avocats qu'il prenait l'affaire en délibéré pendant quelques jours.
Il est plus fréquent de voir un juge accepter les propositions communes des deux parties sur-le-champ, lorsqu'il s'agit d'avocats expérimentés et que la sentence proposée n'est pas déraisonnable.
Le juge n'est jamais tenu de suivre le résultat des négociations entre les deux procureurs. «C'est une peine fort clémente, a commenté le juge. Il y a aussi le critère de l'intérêt public.»
Me Genest a expliqué qu'il y avait eu «très peu de jugements» dans des affaires semblables.
De son côté, la défense a rassuré le juge qu'il y avait eu de longues discussions avant d'en arriver à une telle entente.
L'accusé, qu'on ne peut nommer afin de ne pas identifier les victimes, compte 19 non-respects d'engagements de la cour. Il est bien connu des services de police de l'Outaouais.