Un adolescent du Centre jeunesse de l’Estrie aurait forcé une intervenante à lui faire une fellation en la menaçant avec un auto-injecteur EpiPen.

Agression sexuelle: une intervenante du CJE forcée avec une EpiPen

Une intervenante du Centre jeunesse de l’Estrie a été menacée avec un auto-injecteur EpiPen par un adolescent de 15 ans qui voulait la contraindre à des gestes de nature sexuelle.

Il aurait forcé l’intervenante à lui faire une fellation en la menaçant avec l’objet muni d’une aiguille. C’est en le mordant qu’elle a réussi à se défaire de son emprise.

L’adolescent a pris la fuite avant d’être retrouvé, puis mis en état d’arrestation. 

Il a été amené devant la juge Lise Gagnon en chambre de la jeunesse de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke où des accusations d’agression sexuelle armée, de voies de fait armées, de voies de fait simple et de séquestration ont été déposées contre lui.

L’avocate de la défense Me Mélissa Robert de l’aide juridique a demandé que son client soit évalué relativement à son aptitude à comparaître.

La procureure aux poursuites criminelles Me Josiane Gaudreau et Me Robert ont demandé que le dossier soit reporté au 25 octobre.

Demande d’enquête

Le porte-parole de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux de l’Estrie (APTS), Emmanuel Breton, assure que l’employée touchée a reçu tout le soutien possible à la suite de cette agression.

« Notre priorité était qu’elle reçoive tout le soutien psychologique nécessaire. Nous voulons aussi nous assurer que ce suivi se poursuivra tant qu’elle ne s’en sera pas remise », explique M. Breton.

L’APTS comptait exiger, jeudi, au conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie qu’une enquête soit faite dans cette affaire et que les correctifs soient apportés.

« Je m’attends à ce que des actions soient prises à la suite de cette enquête », affirme M. Breton.

Emmanuel Breton signale que l’employée touchée n’avait pas reçu la formation OMÉGA qui « vise à développer chez l’intervenant du secteur de la santé et des services sociaux des habiletés et des modes d’intervention pour assurer sa sécurité et celle des autres en situation d’agressivité. »

« On se demande pourquoi cette formation n’est pas donnée d’emblée à tous les employés du centre jeunesse. C’est le cas en santé mentale, alors pourquoi on ne la donne pas aussi avec la clientèle difficile et parfois même criminalisée du centre jeunesse? Il serait très à propos de donner une telle formation aux employés dès leur embauche » soulève M. Breton.

Climat de violence

Il explique que le climat de violence psychologique et même physique n’est pas exceptionnel en centre jeunesse.

« Il arrive régulièrement que les intervenants se fassent crier, mordre ou cracher dessus. C’est le quotidien des employés du centre jeunesse », signale le porte-parole de l’APTS.

Emmanuel Breton déplore ce type de situation de violence.

« C’est encore une fois une employée passionnée qui se retrouve victime d’une telle situation de violence. Nous perdons des gens dévoués dans des situations qui pourraient être évitées », estime Emmanuel Breton.

Le porte-parole de l’APTS rappelle que le manque de personnel demeure toujours d’actualité au Centre jeunesse de l’Estrie.

« Nous espérons qu’avec la fusion des listes d’ancienneté au début novembre, nous ne serons pas confrontés à un exode vers des postes avec d’autres types de clientèle », signale-t-il.

Réaction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Le CIUSSS de l’Estrie - CHUS assure que ce type d’événement est pris très au sérieux, la sécurité du personnel étant primordiale.

« Les intervenants qui travaillent auprès de jeunes qui manifestent des comportements agressifs ont la formation adéquate et des outils à leur disposition pour faire face à ce genre de situation. Lorsqu’une situation de la sorte survient, nous mettons rapidement en place les actions nécessaires pour soutenir notre personnel. De plus, afin de mieux comprendre les circonstances de l’événement auquel vous faites référence, une enquête interne sera menée. Des constats seront faits quant à la conformité des interventions réalisées ce jour-là et des meilleures pratiques à déployer en fonction des caractéristiques des usagers et de la sécurité des intervenants. Si des recommandations sont émises elles seront prises en considération par l’équipe de direction, afin de tout mettre en place pour qu’une telle situation ne se reproduise », explique la direction des communications du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui souligne que lors de l’événement, l’équipe habituelle de travail était en place.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS assure que l’employée impliquée pourrait être accompagnée par le Programme d’aide aux employés et que tout est mis en place pour qu’elle et les membres de l’équipe et le personnel concerné aient tout l’accompagnement nécessaire.