Le journaliste Anthony Toupin est accusé d’avoir agressé une adolescente de 17 ans, en août dernier.

Agression sexuelle: Toupin a cru au consentement

Même s’il y a eu absence de consentement de la part de la plaignante d’une agression sexuelle, le journaliste sportif Anthony Toupin, originaire de Champlain, dans le secteur de Trois-Rivières, avait la conviction qu’elle était d’accord pour des attouchements sexuels.

Me Gitane Smith, de l’Aide juridique, a plaidé que son client n’a pas voulu abuser de la jeune fille de 17 ans lorsque celle-ci s’est retrouvée chez lui en pleine nuit après une soirée difficile.

Dans sa plaidoirie, la criminaliste estime que le juge Jean Hudon devra déterminer s’il y a eu absence de consentement de la part de la jeune fille et juger de la crédibilité de son témoignage.

« Car à quelques détails près, la version de l’accusé est la même depuis le début. Si jamais vous déterminez qu’il y a eu absence de consentement, vous devriez tenir compte que mon client avait une croyance sincère que la plaignante était d’accord avec les attouchements sexuels », a précisé Me Smith.

L’avocate de la défense estime que son client aurait dû tout raconter immédiatement à la plaignante. Il l’a finalement fait par des messages textes et ensuite lors d’une rencontre avec la victime et une amie.

Me Gitane Smith ajoute que la notion du black-out est difficile à démontrer étant donné que la victime est tout de même parvenue à se rendre au logement de l’accusé à pied, seule et sans trop de difficulté. Le duo a même eu une bonne conversation au beau milieu de la nuit.

Me Smith s’est aussi attardée à la faible preuve, selon elle, du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

« Pour la victime, ses souvenirs s’arrêtent à peu près au moment où ils ont fumé une cigarette. Et encore là, même avant, elle ne se souvient pas de la façon dont elle était habillée, sauf pour les espadrilles, elle ne se souvient pas à quelle heure elle est arrivée au “pré-drink” et au bar et elle ne se rappelle pas si elle s’y est rendue (pré-drink) à pied ou en voiture. »

« Elle a acheté une caisse de 12 Palm Bay, mais s’est souvenue en avoir ajouté quelques-unes dans la caisse. Elle croit en avoir bu trois, quatre ou cinq. Ce n’est pas très clair comme témoignage », a prétendu Me Smith.

Celle-ci poursuit en mentionnant que personne n’est venu corroborer la version de la victime, même si elle était avec des amies lors de la soirée et qu’aucun rapport médical n’a été mis en preuve.

« Il n’y a que des suppositions. Et si mon client n’écrit rien dans les messages textes et sans la version de l’accusé aux enquêteurs, la Couronne n’a aucune preuve des événements », a conclu Me Smith, demandant l’acquittement de son client.

L’accusé «n’est pas crédible»

La Couronne accuse Anthony Toupin d’avoir utilisé « tous les stéréotypes en matière d’agressions sexuelles » pour tenter de justifier le fait d’avoir mis ses doigts dans les parties intimes d’une jeune fille. En plus, son témoignage « n’était pas très crédible et peu fiable ». Il doit être déclaré coupable d’une agression sexuelle.

Me Marianne Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a fait valoir, mardi matin, au juge Jean Hudon de la Cour du Québec, sa position sur le verdict qui devrait être rendu envers le journaliste sportif de 20 ans le 6 septembre prochain.

Toupin, qui vient tout juste de finir sa formation en Arts et technologies des médias (ATM), a avoué avoir mis deux doigts dans les parties intimes de l’adolescente de 17 ans, qui faisait ses premiers pas en ATM du Cégep de Jonquière, dans la nuit du 23 au 24 août 2018, après une soirée arrosée. 

Toupin maintient que la plaignante était consentante, surtout qu’elle lui a dit « go » lorsqu’il a demandé s’il pouvait lui faire des attouchements sexuels.

« Il a utilisé plusieurs des stéréotypes reliés aux agressions sexuelles. Elle lui a dit “go”, elle ne lui a jamais dit d’arrêter et elle a joui. Il ne fait que justifier ce qu’il a fait. Il a cru au consentement, même s’il ne l’a pas eu », de noter Me Girard.

« D’ailleurs, sur le consentement, les tribunaux sont très clairs. Si l’état de conscience de la plaignante était altéré, si elle a subi un black-out au point de ne plus se souvenir de rien, ça ne constitue pas un consentement s’il se passe quelque chose. Et il est d’ailleurs normal que la plaignante n’ait plus aucun souvenir en raison de ce trou noir », ajoute la procureure de la Couronne.

Me Girard n’achète pas la version du consentement. Elle estime qu’il y a trop de disparité entre les versions de l’accusé pour croire qu’il est crédible. Dans un texto, la jeune fille écrit qu’elle croit que l’on a versé quelque chose dans son verre. 

« Il est au courant qu’elle pourrait être intoxiqué. Lors d’un appel téléphonique, il mentionne qu’elle pleure beaucoup et qu’elle ne semble pas bien aller. Ensuite, il vient dire, après avoir entendu un enregistrement et avoir lu des messages textes envoyés, qu’elle avait une larme à l’œil, qu’elle semblait bien et qu’elle marchait sans difficulté. Pourtant, il dit l’avoir aidé à descendre l’escalier. Il donne trop de versions pour être cru. »

« Sur l’homme louche de la ruelle, il n’a pu le décrire après les événements, mais est en mesure de le faire plusieurs mois plus tard. Il a d’ailleurs dit être sous le choc après que l’individu louche de la ruelle soit tombé par-dessus la plaignante et que c’était la première fois de sa vie qu’il voyait un individu aussi louche. Pourtant, il laisse la victime au bar et s’en va chez lui », de plaider Me Girard.