Quelques centaines de personnes se sont rassemblées sur l'avenue De Gaulle, où ils ont amorcé une marche silencieuse à la mémoire de Rosalie Gagnon, mardi.

Adieux silencieux à la petite Rosalie

Alors que l’organisatrice Amélie Tremblay attendait une dizaine de personnes au départ, des centaines ont participé mardi soir à la marche silencieuse à la mémoire de la petite Rosalie Gagnon, 2 ans, poignardée à mort la semaine dernière. Une marche dans les rues de Charlesbourg entre l’endroit où le corps de la fillette a été retrouvé et celui où sa poussette a été abandonnée qui a permis à la population touchée par le drame de se recueillir et d’avoir une pensée pour la défunte.

«Je suis extrêmement satisfaite de la réponse... je n’en reviens pas... les gens ont été vraiment touchés et bouleversés par la mort de Rosalie et c’est pour ça qu’ils sont ici», a affirmé Mme Tremblay, une mère de famille de Pintendre qui n’a aucun lien de parenté avec la famille de la petite Rosalie. Plusieurs participants avaient d’ailleurs tenu à dire qu’ils étaient là en tant que parents ou grands-parents.

«Quand on entend parler d’un drame comme celui-là, on pense aux nôtres en même temps. Ma filleule a une fille de trois ans et demi, alors c’est certain que j’y ai songé. Je pense aussi à ce petit ange qu’est Rosalie et à sa famille, on fera la marche à sa mémoire», a déclaré Robert Létourneau, un résident de Charlesbourg.

Les trois principaux partis à l’Assemblée nationale avaient également des représentants sur place. Le ministre de l’Emploi et de la Sécurité sociale et député de Charlesbourg, François Blais, a souligné la tragédie humaine qu’était le meurtre de la petite fille. «Plusieurs personnes ont été touchées, et pas seulement à Charlesbourg. Quand survient une tragédie comme celle-là, c’est très humain de vouloir se rassembler. Je suis là aussi, comme plusieurs, à titre de parent, pour penser à la petite», a-t-il déclaré.

Quant à Geneviève Guilbault, députée caquiste de Louis-Hébert, elle s’est dite choquée, bouleversée et attristée, elle qui est la mère d’une fillette de trois mois. «C’est inimaginable la douleur qu’un événement comme ça peut générer auprès de la famille et de la communauté et c’est très important de se rappeler l’importance de protéger nos enfants à tout prix. Il reste encore beaucoup de questions dans ce dossier, notamment le rôle de la direction de la protection de la jeunesse, et j’espère qu’on aura des réponses», a-t-elle déclaré.

Elle-même mère et grand-mère, Carole Poirier, députée péquiste d’Hochelaga-Maisonneuve, s’était elle aussi déplacée à Québec pour l’occasion et a souligné la solidarité de la population. «Les gens sont inquiets, ils se posent des questions, mais, surtout, ils sont solidaires et c’est de cette solidarité-là qu’on a besoin. Il faut se solidariser, s’écouter encore plus entre nous et être inquiets des autres», poursuit-elle.

Devant la résidence

La marche a débuté et s’est terminée devant la résidence de la rue de Gaulle où le corps de la fillette a été découvert et où des centaines d’animaux en peluche ont été déposés depuis une semaine. D’ailleurs, l’oncle de la petite Rosalie, Steeve Gagnon, a écrit sur le réseau social Facebook mardi qu’il remerciait la population des messages d’amour qui avaient été envoyés à la famille. «Nous sommes certains que notre petite Rosalie voit du ciel un grand cœur qui lui est destiné et qu’elle reçoit chacun des beaux messages que vous lui avez envoyés. Les messages et toutous déposés sur le terrain de l’avenue de Gaulle nous ont particulièrement touchés.»

M. Gagnon a ajouté qu’il avait demandé à la Ville de Québec de récupérer au nom de la famille tous ces messages et animaux en peluche après la marche. «Ils seront conservés pour les protéger des intempéries et nous seront remis en vue de la cérémonie funéraire dont la date reste à déterminer», a-t-il expliqué.