Les bureaux de Boston Scientific à Fremont, en Californie
Les bureaux de Boston Scientific à Fremont, en Californie

Action collective contre les bandelettes d’incontinence: un règlement de 21,5 millions$

TORONTO - Des Canadiennes qui ont subi les effets néfastes de l’implantation de bandelettes de marque Boston Scientific pour le traitement de l’incontinence urinaire recevront un total de 21,5 millions $ en indemnités, selon des documents de la Cour supérieure de l’Ontario.

Le règlement de l’action collective a été conclu pour environ 325 femmes qui avaient reçu ces implants. La part de chacune des femmes dépendra de la gravité de ses problèmes de santé. L’action collective ne visait pas les autres fabricants, comme AMS, Johnson & Johnson, Covidien ou Cook Medical.

En approuvant le règlement, la définition du groupe de l’action collective et la méthode proposée pour se joindre à ce groupe, le juge Paul Perell, de la Cour supérieure de l’Ontario, a noté que l’accord était similaire au règlement d’une autre action collective, récemment approuvée, qui impliquait les mêmes bandelettes sous-urétrales.

Les implants sont utilisés pour traiter des conditions telles que l’incontinence urinaire d’effort ou le prolapsus (relâchement) des organes pelviens. Les implants sont conçus pour renforcer une paroi vaginale faible ou pour soutenir l’urètre ou le col de la vessie. Or, de nombreuses femmes ont connu toute une panoplie d’effets secondaires graves à la suite de cette intervention. Boston Scientific, filiale canadienne d’une société américaine du Delaware, est le seul distributeur des implants de cette entreprise au Canada.

La représentante de l’action collective, Susan Vester, a souffert de complications douloureuses liées à son implant: problèmes urinaires, difficultés à marcher, stress émotionnel et douleurs lors des rapports sexuels. Elle a fait valoir qu’elle n’était pas au courant des risques avant l’opération et qu’elle aurait refusé la procédure si elle l’avait su.

Mme Vester et son mari ont poursuivi Boston Scientific, alléguant que les appareils étaient défectueux et dangereux. Ils ont fait notamment valoir que la maille avait été conçue et vendue par négligence, et que les patientes avaient dû subir des interventions chirurgicales intensives pour essayer d’atténuer les effets secondaires.

L’entreprise a maintenu de son côté que ses plaintes étaient le résultat de conditions médicales préexistantes, et non de l’implant. Elle a nié que le produit ait causé les problèmes dont les femmes se plaignaient.

Après avoir initialement refusé de le faire en 2015, le juge Perell a autorisé l’action collective en février 2017. Selon lui, l’implant de Boston Scientific comportait une «déficience cliniquement significative». Le règlement de l’action collective s’applique également à une vingtaine de femmes qui ont reçu les implants depuis que le recours a été autorisé, et elles ont 60 jours pour s’en retirer. Le fabricant a cessé de vendre les implants en juillet dernier.

Lors d’une conférence téléphonique avec les analystes, le mois dernier, le directeur des finances de la société américaine a déclaré que Boston Scientific s’efforçait de résoudre ces litiges. Plus de 95 % des réclamations connues ont été réglées ou en sont au stade final du règlement, a déclaré Dan Brennan. Il a indiqué que l’entreprise devrait verser 115 millions $ US en règlements cette année.