La résidente, Mariette McMillan, poursuivait l’ex-mairesse de Cayamant et actuelle préfète de la MRC, Chantal Lamarche (photo), aux petites créances.

Acrimonie à Cayamant: le juge renvoie les belligérantes dans leurs coins

Un juge de la Cour du Québec rejette les plaintes croisées de la préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau et d’une résidente de Cayamant, à couteaux tirés depuis des années.

La résidente, Mariette McMillan, poursuivait l’ex-mairesse de Cayamant et actuelle préfète de la MRC, Chantal Lamarche, aux petites créances.

Mme Lamarche, et la municipalité dont elle était la mairesse de 2013 à 2017, avait maille à partir avec Mme McMillan, qui multipliait les questions, parfois sur un ton acrimonieux et injurieux, aux séances du conseil.

Mises en demeure, poursuites en dommages, requête en remboursement de frais judiciaires, demandes d’injonction et demande d’interdiction de contact ont ponctué leur opposition politique pour le moins houleuse.

Le juge Steve Guénard a rendu sa décision en décembre dernier, au palais de justice de Maniwaki.

« La relation, écrit le magistrat, s’envenime assez rapidement entre les parties, ainsi qu’à l’égard du directeur général de l’époque, Stéphane Hamel. Il est reproché, entre autres choses, à Mme McMillan, un comportement désobligeant lors des réunions du conseil municipal, la formulation de questions mettant en doute la probité et l’intégrité de divers acteurs municipaux (tant politiques qu’administratifs), la formulation de questions touchant directement la vie privée de M. Hamel ainsi que diverses démarches pouvant démontrer, soumet-on, une fixation de Mme McMillan quant à ceux-ci. »

La résidente, qui dit avoir été privée de services pour lesquels elle payait de taxes, multipliait les interventions, lors des réunions du conseil.

Ses allégations sont allées jusqu’à viser certains fonctionnaires et des élus d’entretenir des relations cachées entre eux, ou même de profiter des services de la municipalité à des fins privées, créant des conflits d’intérêts.

La résidente a répliqué que l’ex-mairesse et la municipalité faisaient preuve d’abus de procédures judiciaires.

La mairesse a quant à elle mentionné que la résidente s’était présentée près de sa propriété privée, où son conjoint effectuait de travaux de déblaiement. La mairesse dit avoir vu la même femme dans le stationnement du centre communautaire de l’endroit, en train de prendre des photos de plaques d’immatriculation, alors qu’une fête privée impliquant sa famille se déroulait à l’intérieur.

Mme McMillan réclamait 15 000 $, et Cayamant, la somme de 5000 $.

On reprochait à Mme MacMillan de jurer pendant les réunions, d’interrompre d’autres élus municipaux dans certaines conversations, de poser des questions en dehors de la période prévue à cette fin. Mme MacMillan reprochait au conseil de manquer de transparence, de mal gérer les fonds associés à la « Forêt de l’Aigle », et de ne pas répondre à ses questions.

Le directeur a finalement quitté son emploi pour un autre poste de directeur général dans une autre municipalité de la région de l’Outaouais. 

« Il n’en pouvait plus à Cayamant », ajoute-t-on, dans la décision, faisant le lien directement avec les comportements reprochés à Mme McMillan.

« Ceci dit, précise le juge Guénard, le présent jugement n’a pas à établir les contours et les balises applicables au débat politique à Cayamant. Là n’est nullement la question que le Tribunal a à trancher. De toute façon, une réglementation - présumée valide par ailleurs en vertu des principes de droit municipal - fut adoptée et doit normalement être respectée par les citoyens et les participants à de telles réunions. »

Le magistrat a refusé que quiconque soit forcé de verser des sommes à quiconque dans cette affaire.