Acquitté de fuite et d'entrave: le juge doute de la version des policiers

Un automobiliste a été acquitté d’avoir pris la fuite et d’avoir résisté à des agents de la paix même s’il a roulé sur deux kilomètres avec les policiers de Gatineau à ses trousses.

L’homme de 31 ans a tapé dans ses mains lorsque le juge Mark Philippe l’a blanchi des deux accusations qui pesaient contre lui depuis plus de trois ans.

La nuit du 4 février 2016, le trentenaire est sorti du stationnement du Casino du Lac-Leamy, suivi par des policiers de Gatineau.

Les agents ont voulu l’arrêter parce qu’il roulait à 100 km/h dans la zone de 70 km/h comprise entre les Galeries de Hull et le pont Cartier-Macdonald, sur l’autoroute 5 en direction sud.

Selon les policiers, le conducteur filait à vive allure et ne voulait pas s’arrêter. Il s’est rendu jusqu’à Ottawa, où il a immobilisé son véhicule avant d’être extirpé manu militari par des policiers à vifs.

Le juge n’a pas adhéré à la version des policiers.

«Tout a commencé quand l’homme n’a pas arrêté, a résumé le magistrat, la semaine dernière. Il ne croyait pas être visé, jugeant que l’accotement n’était pas sécuritaire sur le pont Cartier-Macdonald. À Ottawa, il s’arrête. C’est à ce moment que les policiers s’approchent avec leurs armes, et forcent l’homme à lever les mains. Le conducteur crie des bêtises, insulte la police et refuse de sortir. L’agent fracasse une vitre et tente de le sortir avec la force.»

Le trentenaire a dit à son avocat, Me Jean-Michel Labrosse, qu’il avait cru à une intervention banale. Il a dit avoir eu peur du comportement du policier «qui est arrivé en pitbull».

L’automobiliste a été plaqué au sol.

La police a fait valoir que ses gyrophares étaient allumés, et que l’automobiliste devait savoir qu’il était interpellé sur l’autoroute.

Le tribunal n’a pas cru les policiers.

Après avoir visionné les vidéos des caméras de surveillance du pont, le magistrat a évalué que la vitesse de l’accusé n’était pas si élevée. «J’ai des doutes sur le fait que l’homme ne voulait pas s’arrêter. La police est arrivée avec force (du côté d’Ottawa). Monsieur fait de la résistance passive (lorsqu’il s’est immobilisé).»

«Pourquoi la police a-t-elle jugé qu’elle faisait une intervention à haut risque? On ne peut pas reprocher à la police d’avoir cru à un homme récalcitrant. Les agents lui font une encolure, ont fracassé la vitre et l’ont mis au sol. Cela a pu créer un sentiment de crainte et sentiment récalcitrant. L’accusé a dit que cela s’était passé trop vite.»

Dans le doute, et en analysant la preuve et les différentes versions entendues, le juge a acquitté l’automobiliste.