Watch Tower Canada a demandé la permission d’en appeler de ce jugement qu’elle qualifie de « sans précédent au Québec ».

Accusés d’agressions sexuelles, les Témoins de Jéhovah peuvent s’opposer à une action collective

MONTRÉAL — Les Témoins de Jéhovah peuvent en appeler du jugement qui a donné le feu vert à une action collective contre eux pour agressions sexuelles alléguées sur des mineurs.

La Cour d’appel du Québec leur a octroyé ce droit par une décision rendue lundi.

Les deux entités visées par l’action, liées aux Témoins de Jéhovah, sont la Watch Tower Bible and Tract Society of Canada et la Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania.

Ce jugement permettait à toutes les personnes qui sont – ou ont été – des Témoins de Jéhovah de poursuivre pour des agressions sexuelles commises au Québec par une personne occupant le rôle d’« Ancien » ou par un membre de la communauté.

Une ex-fidèle a reçu le statut de représentante pour cette action collective. Issue d’une famille de Témoins de Jéhovah, elle allègue avoir été agressée par son frère lorsqu’elle était mineure. Elle se serait alors confiée à sa mère et à un « Ancien », un dirigeant spirituel au sein du groupe. Selon son témoignage, ils l’auraient découragée de porter plainte à la police contre son frère, car cela risquerait de « ternir l’image du Dieu Jéhovah ». Elle a depuis été excommuniée.

Elle reproche donc aux deux sociétés visées d’entretenir une « culture du silence » dans la communauté. Elle soutient de plus que cette organisation est responsable des abus commis par ses « Anciens », car ils font partie de sa hiérarchie.

Elle réclame donc 250 000 $ pour elle-même, ainsi que pour tous ceux qui ont été victimes d’agressions.

Aucune de ses allégations n’a encore été prouvée devant un juge.

Watch Tower Canada a demandé la permission d’en appeler de ce jugement qu’elle qualifie de « sans précédent au Québec ». Les agressions reprochées ne se sont pas déroulées dans un cadre institutionnel, dit-elle, et ce ne sont pas des dirigeants ni des employés de l’organisation religieuse qui auraient commis les agressions.