La juge Anouk Desaulniers s’est appuyée sur les témoignages de M. Laframboise, et du père de l’enfant, qui a raconté ce qu’il avait entendu de la bouche de l’enfant en février 2016, pour rendre sa décision.

Accusé d’attouchements sexuels, un ex-chauffeur d'écoliers est acquitté

Un ex-chauffeur d’écoliers a été acquitté de chefs d’attouchements sexuels sur un jeune passager, handicapé intellectuel, vendredi, à Gatineau. La juge Anouk Desaulniers a cru la version de Pierre Laframboise, 66 ans, car elle avait un doute sur le récit de l’enfant, qui disait être en contact avec Passe-Montagne lors du crime allégué.

La juge s’est appuyée sur les témoignages de M. Laframboise, et du père de l’enfant, qui a raconté ce qu’il avait entendu de la bouche de l’enfant, en février 2016.

Le tribunal n’a pas appelé l’enfant à la barre des témoins, se fiant plutôt à son interrogatoire filmé au poste de police de Gatineau.

Ému lors du procès, le père avait parlé de « chatouillement de pénis dur ». Le nom du chauffeur d’autobus a alors été évoqué par son fils. L’enfant disait avoir été agressé pendant son transport à l’école.

La juge Desaulniers s’est montrée dubitative concernant deux éléments. « La description de son itinéraire serré (en tant que chauffeur) laisse peu de marge de manœuvre, mentionne-t-elle. Tout retard serait remarqué. Le père ne rapporte pas de retard en après-midi (et) la direction (l’employeur) a remarqué des retards en avant-midi, qui semblent cependant justifiés selon l’itinéraire. »

La juge n’a pas pu établir que ces retards étaient attribuables aux descriptions chronologiques des supposées agressions, sur le bord de la route.

Certains propos de l’enfant ont soulevé un doute sur la « vérité et le monde imaginaire » de l’enfant.

L’enfant a déclaré aux autorités que Passe-Montagne, personnage de l’émission pour enfants Passe-Partout, « l’a reconduit et était avec lui (le chauffeur) quand il y a eu agression ».

La juge a rappelé que le récit de l’agression alléguée avait aussi été marqué par une pensée sur Passe-Carreau : « J’aimerais qu’elle vienne me voir. »


« Le tribunal a un doute sur certaines déclarations de la victime. »
La juge Anouk Desaulniers

La magistrate a dit comprendre l’amour du père pour son fils, « un garçon affectueux et attachant », mais qui aurait pu avoir entendu de telles choses à l’école, avant de les répéter à son père.

« Le tribunal a un doute sur certaines déclarations de la victime. »

Le tribunal, comme le prévoit la loi, peut retenir ou rejeter le témoignage de l’accusé. Cette fois, il l’a retenu.

L’avocat de l’accusé, Me Jacques Belley, a précisé lors du procès qu’il n’y avait aucune preuve corroborative au témoignage du père.

« C’est le père qui rapporte les propos de son enfant », a-t-il souligné.