Michel Giroux, qui fait face à de sérieuses accusations d'agressions sexuelles, est présentement détenu à la prison de Gatineau en attendant son procès.

Accusé d'agressions sexuelles, il se dit victime de l'opinion publique et viole son ordonnance de non-publication

Un détenu gatinois en attente de procès pour de très sérieuses accusations d’agressions sexuelles se dit victime des médias, de la police et de l’opinion publique, tout en violant l’ordonnance de non-publication qui concerne son propre dossier judiciaire, mardi, sur les réseaux sociaux.

Détenu à la prison de Gatineau, Michel Giroux n’est pas censé avoir accès à Internet. Cela ne l’a pas empêché de trouver le moyen de publier deux très longs messages totalisant plus de 4300 mots.

Lors de son enquête sur cautionnement, le 21 mai dernier, le juge Jacques Ladouceur a imposé une ordonnance de non-publication sur les faits de la cause de l’homme de 27 ans.

Michel Giroux a fait fi de cet ordre du tribunal en multipliant les arguments en sa faveur, écorchant au passage les victimes alléguées, mardi matin.

Lors de l’arrestation du suspect – et avant que l’ordonnance soit imposée – la police avait fait connaître certains faits, afin que d’autres victimes potentielles puissent se rapporter aux autorités.

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La photo qui accompagne son message sur les réseaux sociaux.

Michel Giroux doit répondre à plusieurs chefs d’agression sexuelle armée, de voyeurisme et d’administration d’une substance (GHB) à ses présumées victimes,

Il a plaidé non coupable à toutes ces accusations.

Le Gatinois est accusé avec deux autres présumés complices, soit Simon Lavoie, 27 ans, et de Hasan Demirovic, 31 ans.

Dans un français impeccable, puis en anglais, Michel Giroux, 27 ans, explique sa version des faits.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n’ont pas commenté cette sortie publique.

Michel Giroux, qui écrit avoir parlé à un avocat ces dernières semaines, se représente officiellement seul devant le tribunal, selon des documents judiciaires consultés par Le Droit.

Un avocat de la défense qui connaît bien le dossier a dit au Droit, mardi, qu’il hésitait très fortement à prendre officiellement le dossier en main, surtout après la publication des messages de Michel Giroux.

D’ailleurs, le quotidien d’Ottawa évite de publier certains passages de ces messages puisqu’ils mettent en lumière des éléments frappés de l’ordonnance du tribunal.

« Tout le monde veut être ton ami »

On peut quand même y lire que Michel Giroux se pose en victime des médias, de la police, et de certaines jeunes femmes, qui selon lui, ne cherchent qu’à se venger. Fils de policier, il dit avoir étudié dans le même domaine avant de se réorienter vers les assurances, où il gagnait assez d’argent pour se payer une Cadillac, et avoir de nombreuses aventures avec les femmes.

« À l’âge de 24 ans, écrit-il, je gagnais un revenu dans les six chiffres, j’étais propriétaire d’un beau condo et je conduisais une Cadillac flambant neuve. En étant plus aisé, tout semblait plus facile. Tout le monde veut soudainement être ton ami et les femmes sont désormais à portée de main. En ayant tout cela en ma faveur, et en ayant l’embarras du choix, je ne désirais plus m’engager dans une relation sérieuse. Non seulement parce que je pouvais avoir n’importe quelle fille n’importe quand, mais surtout à cause de mes propres observations de la société actuelle, où l’homme et la femme semblent constamment en conflit. »

Il écrit plus loin être « la victime de son propre succès » et recevoir des menaces de mort chaque jour.

« La nature de mes accusations est délicate et même tabou, mais je crois tout de même que la meilleure chose à faire est d’en dénoncer l’injustice. Je le sais que ça fera parler, mais c’est correct, c’est mon intention. »