Jérémie Perron, accusé d’agression sexuelle causant des lésions et d’introduction par effraction, a plaidé non coupable. Son procès s’est ouvert, lundi, au Palais de justice de Chicoutimi.
Jérémie Perron, accusé d’agression sexuelle causant des lésions et d’introduction par effraction, a plaidé non coupable. Son procès s’est ouvert, lundi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Accusé d’agression sexuelle: le procès de Jérémie Perron s’ouvre

La présumée victime de Jérémie Perron, accusé d’agression sexuelle causant des lésions et d’introduction par effraction, a raconté comment elle avait vécu cette nuit du 15 juillet 2018, lorsqu’elle a été réveillée par la présence d’un homme cagoulé qui la fixait. Le témoignage de la jeune femme de 19 ans a ouvert le procès de l’accusé, qui a plaidé non coupable aux chefs d’accusation qui pèsent contre lui, lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. L’accusé, qui est âgé de 27 ans, prévoit présenter une défense de consentement.

La plaignante n’avait que 17 ans au moment des faits allégués. Une ordonnance de non-publication a été rendue afin qu’on ne puisse pas l’identifier. On peut toutefois dire que l’accusé n’était pas un parfait inconnu pour la victime.

Le procès a débuté avec la diffusion de la vidéo de deux heures et demie de l’interrogatoire de la jeune fille, enregistrée le lendemain de l’agression, soit le 16 juillet 2018. Durant ces deux heures et demie, elle raconté en détails ce que Perron lui aurait fait subir, dans la nuit du 15 juillet 2018.

La jeune fille a d’abord raconté avoir terminé son quart de travail vers 23h, avant d’être reconduite à la maison familiale par l’une de ses soeurs aînées. La jeune fille était seule à la maison, ses parents étant partis en camping. Sa soeur lui aurait dit de bien barrer les portes avant de quitter.

L’adolescente s’est ensuite installée sur le divan pour écouter un film avec un bol de popcorn. Elle croit avoir oublié de verrouiller l’une des portes de la résidence.

Après un moment, elle s’est endormie sur le divan. C’est vers 2h du matin qu’elle a dit s’être réveillée, sentant une présence dans la maison. En ouvrant les yeux, la jeune fille a vu un homme, accroupi devant elle, qui la fixait. Selon le témoignage de la jeune femme, il portait une cagoule et des lunettes de ski. Elle s’est mise à crier et il lui aurait mis une main sur la bouche, avant de lui attacher les mains et de lui mettre un sac en tissu sur la tête. Il s’exprimait en anglais et la jeune fille avait de la misère à le comprendre, a-t-elle raconté à l’enquêteur chargé de l’interroger.

La plaignante l’aurait supplié de ne pas la violer et il aurait promis de ne pas le faire, mais qu’elle devait se taire. «Arrête de crier, sinon je te tue», aurait-il dit, en anglais.

Il aurait ensuite baissé son pantalon et fait de même avec celui de la jeune fille, tout en remontant le haut de son pyjama.

Toujours en s’exprimant en anglais, l’accusé lui aurait dit qu’il entrait dans les maisons pour voler et s’il y avait des jeunes filles, il les kidnappait pour les amener dans un autre pays et les soumettre à la prostitution. Perron lui aurait toutefois dit qu’il ne le ferait pas avec elle, car «il l’aimait bien». La jeune fille a expliqué qu’il lui faisait beaucoup de compliments sur son physique.

L’individu se serait ensuite livré à des gestes à caractère sexuel durant plusieurs minutes, notamment une fellation forcée et des touchers. La plaignante aurait ensuite vomi et il l’aurait reconduite dans sa chambre avant de s’enfuir. Il lui aurait fait promettre de ne rien dire, sans quoi il reviendrait.

La jeune fille a raconté à la juge de la Cour du Québec, Sonia Rouleau, qu’elle avait eu très peur et qu’elle n’avait jamais eu de rapports sexuels avant ce soir-là. «J’étais paniquée. Je ne savais pas quoi faire, parce que j’avais peur qu’il revienne. Je ne voulais pas le dénoncer à la police», a laissé tomber la jeune femme, qui était accompagnée d’un chien de soutien de la Sûreté du Québec, lundi, lors de son témoignage. Le chien a passé la journée couché à côté d’elle. Des paravents avaient également été installés pour qu’elle ne voie pas l’accusé.

La plaignante a expliqué avoir finalement téléphoné à l’une de ses soeurs, vers 4h du matin, la nuit des événements. Les deux jeunes femmes sont ensuite allées à l’hôpital, où elle a raconté ce qu’elle venait de vivre. Elle a finalement décidé de porter plainte.

Jérémie Perron a été arrêté six mois plus tard. Il est en prison depuis.

Contre-interrogatoire

En contre-interrogatoire, l’avocat de Jérémie Perron, Me Nicolas Gagnon, a affirmé qu’il comptait présenter une défense de consentement. Il est d’ailleurs revenu sur certains détails, notamment sur le fait que la plaignante avait été en présence de l’accusé plus d’une fois, après l’agression.

Selon elle, bien qu’elle a dit se douter que son agresseur était Jérémie Perron durant les mois suivant l’agression et précédant son arrestation, la jeune femme a expliqué qu’elle préférait ne pas y croire.

Elle n’avait d’ailleurs pas parlé de ses doutes aux policiers.

Me Gagnon a posé plusieurs questions à la jeune femme, notamment sur la disposition des pièces dans la résidence, sur le système d’alarme, sur la corde qui a servi à l’attacher, sur la lumière à l’intérieur de la maison cette nuit-là et sur l’accent anglais que se donnait son client.

La durée prévue du procès est de plusieurs jours. La Couronne, représentée par Me Nicole Ouellet, prévoit notamment faire témoigner des proches de la victime, de même qu’un psychologue.