Le policier de la Sûreté du Québec (SQ) impliqué dans l’accident qui a tué Éric Rompré, en juin 2012 à Papineauville, a reçu sa sentence vendredi.
Le policier de la Sûreté du Québec (SQ) impliqué dans l’accident qui a tué Éric Rompré, en juin 2012 à Papineauville, a reçu sa sentence vendredi.

Accident mortel: un dossier criminel pour le policier Laurin

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Le policier de la Sûreté du Québec (SQ) impliqué dans l’accident qui a tué Éric Rompré, en juin 2012 à Papineauville, a reçu sa sentence vendredi.

Au terme d’un deuxième procès, François Laurin a reçu une peine suspendue assortie d’une période de douze mois de probation, de 100 heures de travaux communautaires et d’un don à l’organisme Prévention César Petite-Nation, à Papineauville.

La juge Anouk Desaulniers a rejeté la demande de la défense d’accorder une absolution au policier. Cette absolution aurait évité un dossier criminel à ce dernier.

François Laurin devra donc se défendre à nouveau — cette fois devant son employeur — pour tenter de garder son poste.

Selon la Loi sur la police, un tel agent de la paix ne peut avoir d’antécédent judiciaire pour pratiquer son métier.

Il fait face à une procédure administrative de destitution. « Mais, précise la juge Desaulniers, il lui est loisible de contester cette mesure en démontrant que les circonstances particulières justifient une autre sanction. Le tribunal tient compte de cet élément (la possible destitution) à titre de facteur atténuant. »

Si l’accusé conteste sa destitution, il pourra évoquer que le tribunal « lui a imposé une peine clémente en reconnaissant de nombreux facteurs atténuants. »

Puisque ce risque de destitution ne doit pas dénaturer la peine, la juge a décidé d’imposer une peine suspendue.

François Laurin a été reconnu coupable de conduite dangereuse, et acquitté sur le chef de conduite dangereuse causant la mort en août dernier.

La victime, Éric Rompré

Selon la magistrate, la conduite du policier Laurin était bel et bien dangereuse. Mais un doute raisonnable a subsisté dans son esprit quant à la responsabilité du décès.

Ce dossier judiciaire n’est pas terminé. La défense en appelle de la condamnation pour conduite dangereuse. De son côté, la Couronne en appelle de l’acquittement du chef de conduite dangereuse causant la mort.

Éric Rompré effectuait un demi-tour sur la 148 lorsque le policier l’a percuté de plein fouet, le 16 juin 2012.

Quelques secondes avant l’impact, la voiture de la SQ filait à 181 km/h dans une zone de 90. Le policier Laurin répondait à une demande d’assistance de ses pairs qui tentaient de contrôler un homme intoxiqué au Rockfest de Montebello.

La juge a réitéré l’importance d’envoyer un message clair qu’un tel comportement ne peut être passible d’une absolution du tribunal. « Les policiers ne sont jamais exonérés d’agir avec prudence comme n’importe quel usager de la route. »

Le tribunal a aussi pris en compte le risque « nul » de récidive en semblable matière chez l’accusé, et les difficultés encourues par ce dernier, ces sept dernières années. Il a d’ailleurs reçu des menaces de mort.

La magistrate a aussi rappelé que la famille Rompré était amputée d’un fils bien-aimé.

Les parents de la victime s’étaient montrés très déçus lors de l’acquittement sur le chef plus grave de conduite dangereuse causant la mort. La famille Rompré, qui a toujours été présente lors des différentes étapes du procès, ne pouvait pas être présente au palais de justice de Gatineau, vendredi.