Accident mortel dans une sablière: la CNESST sur une piste

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) doute que les travaux effectués par l’opérateur d’une pelle mécanique, avant d’être enseveli sous le sable, jeudi, à La Pêche, aient été faits dans les règles de l’art.

L’enquête de la CNESST est cependant loin d’être terminée, a précisé son porte-parole, Alain Trudel.

Jeudi, la pelle mécanique et son opérateur, Daniel Dompierrre, 31 ans, ont été ensevelis dans une pente de la sablière O’Connor, sur la route 105, dans le secteur Farrellton.

La victime originaire de Bouchette n’a eu aucune chance.

La victime, Daniel Dompierre.

De façon générale, selon M. Trudel, les opérateurs de pelle mécanique qui font l’excavation dans de telles pentes sablonneuses doivent procéder « en paliers », afin de favoriser une plus grande stabilité de la machinerie, et du sol excavé.

« Ce qu’on voit, présentement, sur la scène, ce sont des parois de 33 mètres, précise M. Trudel. Cela n’a pas été fait comme il le faut. Cela aurait dû être fait en paliers. »

La CNESST rappelle que l’employeur, qui n’a pas commenté publiquement le dossier, collabore aux enquêtes de la CNESST et de la police de la MRC des Collines.

Les enjeux techniques sont complexes. « On parle de 30 ou 40 tonnes de sables. On ne retire pas la machinerie seulement avec un camion et un câble jaune », lance le porte-parole.

Les survols de l’hélicoptère de la SQ au-dessus de la sablière ont été faits sous un ciel menaçant, les autorités se disant préoccupés par les conditions météo.

Risques d’« avalanche »

Des spécialistes en avalanches de la Sûreté du Québec ont survolé la scène du drame, lundi.

Les experts on scruté l’amas de sable, encore trop instable pour récupérer le corps.

L’inspecteur André Lévesque, de la police de la MRC des Collines, a rappelé que la mission de récupération était rendue difficile par la météo incertaine, et l’instabilité des parois de la pente de sable, où se trouve la pelle mécanique ensevelie.

La CNESST, la police de la MRC des Collines, la SQ, et la direction de la sablière attendent le rapport d’une firme d’ingénieurs, qui doit servir à la mise en place d’un plan d’intervention de récupération du corps.

« Il y a un risque d’avalanche du matériau sableux, a déclaré l’inspecteur André Lévesque, de la police de la MRC des Collines, lundi matin. Il faut permettre aux intervenants de sortir le travailleur de sa position sans que la paroi s’effondre et fasse d’autres victimes. »

La semaine dernière, les premiers répondants ont rapidement rebroussé chemin, car la paroi sableuse était trop instable pour leur propre sécurité.

Le décès de la victime a cependant pu être confirmé à ce moment.

Lundi matin, les autorités parlaient de « plusieurs heures » encore nécessaires pour compléter la mission de récupération.

Les survols de l’hélicoptère de la SQ ont été effectués malgré une météo changeante. La pluie et le plafond bas préoccupaient les équipes techniques et le pilote de l’hélicoptère.

Parallèlement à l’enquête de la CNESST sur les normes du travail, la police de la MRC des Collines enquête pour déterminer si l’incident relève de la négligence criminelle de la part de l’employeur.