Anthony Ricard Bérubé à sa sortie du palais de justice de Rimouski, alors qu'il venait d'être accusé d'un chef d'accusation supplémentaire de conduite dangereuse ayant causé la mort.

Accident de Saint-Simon: Ricard Bérubé accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort

​RIMOUSKI – Ce que craignaient le plus Anthony Ricard Bérubé et sa famille a été prononcé lundi au palais de justice de Rimouski: «accusation de conduite dangereuse ayant causé la mort». Le tribunal a ajouté ce chef d'accusation supplémentaire au jeune conducteur qui avait été accusé de conduite dangereuse le 30 mai, au lendemain d'un face-à-face mortel survenu à Saint-Simon, près de Trois-Pistoles. L'accident avait causé le décès d'André Fortier, 70 ans de Québec.

À sa sortie de la salle d'audience, l'homme de 20 ans a de nouveau été mis sous arrêt pour la forme par des policiers, puis libéré après un entretien d'une trentaine de minutes sous les mêmes conditions qu'après sa remise en liberté du 30 mai.

En entrevue exclusive avec Le Soleil, l'accusé s'est dit catastrophé de ce nouveau chef qui pèse maintenant contre lui. Depuis le terrible accident qu'il ne réussira jamais à oublier, a-t-il dit, il aurait espéré un peu plus de clémence de la part du tribunal. Depuis le début, Anthony Ricard Bérubé maintient la thèse qu'il s'est endormi au volant. «C'est un stress de plus qui s'ajoute, a confié le jeune homme au Soleil. Depuis l'accident, ma vie a changé: je n'ai plus de permis de conduire, je n'ai plus d'emploi et je dois vivre chez mes parents.»

Selon sa mère, il aimait beaucoup l'emploi qu'il occupait à Drummondville avant l'accident. Il travaillait pour une entreprise de remorquage. «Il était très apprécié par son patron, soutient Marie-Josée Ricard. Il a pris des nouvelles de lui.»

La famille présente

Sa mère, son père, sa tante et sa cousine, qui étaient présents en cour pour soutenir Anthony, étaient tout aussi déconfits d'apprendre le nouveau chef d'accusation qui, s'il est reconnu coupable, est passible d'une peine d'emprisonnement de quatorze ans de détention, en vertu du Code criminel canadien.

«Il a beaucoup de peine et nous aussi, a confié sa mère, les yeux dans l'eau. Il y a deux familles éprouvées: celle du monsieur qui est décédé et la nôtre. J'ai peur qu'Anthony reste traumatisé pour le restant de ses jours. Il en parle peu, mais je sais qu'il vit beaucoup d'angoisse. Je l'entends, la nuit; il fait des cauchemars et se réveille en sursaut. Au moins, je suis contente qu'il accepte de voir un psychologue.» «Le pire, c'est que les gens jugent à partir des accusations et de ce qu'en disent les médias», déplore son père.

Dure année

Pour Anthony Ricard Bérubé, 2018 n'aura pas été une année facile. Le jour de l'accident, il arrivait des funérailles d'un proche, Danny Lebrun, décédé à la suite d'un accident de course survenu à l'Autodrome de Saint-Eugène-de-Ladrière, près de Rimouski. Puis, le 16 juin, son ami Gabriel Beaulieu Pigeon, 25 ans, a succombé à une greffe du cœur au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. «C'était mon coloc à Drummondville», précise avec tristesse Anthony. «Ce sont deux gros deuils pour lui, en plus de l'accident, ajoute Mme Ricard en parlant de son aîné. Il est très affecté.»

La mère de quatre enfants n'oubliera jamais, elle non plus, la journée du 29 mai, surtout de la façon dont elle a appris l'accident dans lequel était impliqué son fils. «Quelqu'un m'a envoyé une photo avec les deux autos accidentées pour me demander si l'une d'elles était celle d'Anthony, raconte Marie-Josée Ricard. La personne m'a dit qu'il y avait un mort et un blessé. Mais, je ne savais pas lequel était mort et lequel était blessé!»

Anthony Ricard Bérubé sera de retour au palais de justice de Rimouski le 22 octobre. D'ici là, il demeure en liberté sous plusieurs conditions, dont celles de vivre chez sa mère ou son père, de respecter un couvre-feu, de ne pas se trouver au volant d'un véhicule à moteur, de ne pas consommer d'alcool et de ne pas entrer en communication avec des témoins.