Alexandre Cadet passera les neuf prochaines années au pénitencier.

À peine 20 ans et déjà au pénitencier

À peine sorti de l’adolescence, un jeune criminel à la feuille de route déjà bien remplie a reçu une peine de pénitencier de neuf ans. Alexandre Cadet, qui vient d’avoir 20 ans, a plaidé coupable sur des chefs reliés à une décharge de coups de feu qui avait apeuré tout le quartier Mont-Bleu, à Gatineau, en février 2018.

Personne n’est mort, mais une victime sans histoire a perdu une partie d’elle, le soir fatidique du 2 février 2018. La jeune femme a d’ailleurs raconté son triste sort au juge Gaston Paul Langevin, au palais de justice de Gatineau.

L’entente entre le procureur de la Couronne, Me Simon Pelletier, et l’avocat de la défense, Me Pierre-Olivier Lemieux, prévoit que les chefs de tentative de meurtre déposés à la suite de son arrestation soient retirés en échange d’un plaidoyer de culpabilité sur les autres chefs impliquant la possession, le maniement et le braquage d’arme à feu.

Alexandre Cadet a été arrêté l’an dernier, après une cavale de quelques semaines pendant laquelle les policiers de Gatineau et d’Ottawa recherchaient le jeune homme, qui, à seulement 18 ans, était déjà considéré comme étant « armé et dangereux ».

Alexandre Cadet a aussi plaidé coupable à des accusations liées au passage à tabac d’un codétenu, Éric Renaud, à la prison de Gatineau. Ce comportement a fait gonfler sa peine de détention au fédéral.

Renaud, grand gaillard, a été attaqué à l’eau bouillante, à coups de poings et de bâton de serpillière, à la prison de Gatineau. M. Cadet a plaidé coupable dans ce dossier, vendredi, alors que les quatre autres accusés n’ont toujours pas réglé leurs dossiers.

Éclats de verre

Le 2 février 2018, Alexandre Cadet marchait sur la rue Tassé, quand il a aperçu deux hommes sur un balcon d’appartement. Ces derniers, totalement inconnus du jeune homme, participaient à une petite fête sans histoire.

Il semble que M. Cadet a fait une erreur sur la personne, croyant reconnaître l’ex de sa conjointe. Il a ouvert le feu avec son 9 mm.

Une balle a fracassé la porte vitrée du balcon. Une adolescente sans histoire a été atteinte par le verre cassé.

Cette dernière, fragile et menue, a témoigné, vendredi, au palais de justice de Gatineau.

« Je n’ai plus confiance en ma ville natale », a dit la jeune femme, qui a déménagé dans une autre grande ville canadienne.

Étudiante boursière, elle terminait son secondaire et se préparait à entrer à l’Université d’Ottawa. Elle avait l’espoir de vivre une meilleure vie, alors que sa famille avait été trop longtemps sous l’emprise d’un père violent envers sa mère.

Incapable de poursuivre l’école, trop affectée et traumatisée, sa vie a changé depuis un an.

Dernièrement, a-t-elle raconté, des éclats de verre — provenant de la porte vitrée — sont sortis de la peau de son visage. Les répercussions sur sa santé, allant de l’hypervigilance aux nausées, remplissent une feuille entière.

Le délinquant, décrit par son avocat comme un jeune qui a grandi sans père et avec une mère presque aussi absente, à Ottawa, n’a pas voulu ajouter quoi que ce soit ni présenter d’excuses.

Ce dernier a des antécédents au Tribunal de la jeunesse.