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Le propriétaire du 79, chemin Fraser veut que la Ville de Gatineau achète sa résidence puisque, dit-il, lui et sa famille ne vivraient pas une situation infernale depuis plus de sept ans si l’administration municipale avait géré le dossier adéquatement en 2013-2014.
Le propriétaire du 79, chemin Fraser veut que la Ville de Gatineau achète sa résidence puisque, dit-il, lui et sa famille ne vivraient pas une situation infernale depuis plus de sept ans si l’administration municipale avait géré le dossier adéquatement en 2013-2014.

79, Fraser: une situation «invivable», déplore son propriétaire

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
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Le propriétaire du 79, chemin Fraser veut que la Ville de Gatineau achète sa résidence puisque, dit-il, lui et sa famille ne vivraient pas une situation infernale depuis plus de sept ans si l’administration municipale avait géré le dossier adéquatement en 2013-2014.

«Si la Ville m’avait informé en septembre [2013] lorsqu’elle a découvert l’erreur et m’avait expliqué la problématique, j’aurais tout de suite compris que l’impact que ça avait n’avait aucun bon sens. Je n’aurais pas continué. Je n’aurais pas risqué ma situation financière, risqué que mes voisins me haïssent, mettre ma famille sous pression comme on l’est. C’est invivable», a notamment raconté Patrick Molla jeudi lors de son témoignage aux audiences de la Cour supérieure du Québec dans cet épineux dossier.

Jeudi, lorsque son avocat lui a demandé s’il avait essayé de vendre sa maison depuis 2014, M. Molla a rétorqué que cela était impossible.
«Qui aurait acheté une propriété menacée de démolition?»

M. Molla a d’ailleurs déposé une poursuite de 3,6 millions $ contre la Ville de Gatineau en 2019. 

Dérogation légale?

Le tribunal est appelé à déterminer si la dérogation mineure accordée par la Ville de Gatineau et endossée par le conseil municipal en juillet 2014 est légale ou non. Si la Cour juge que la dérogation est illégale, la maison du quartier Aylmer pourrait devoir être démolie. C’est d’ailleurs ce que souhaitent les voisins.

La Ville avait accordé un permis de construction à M. Molla lui permettant d’avoir une façade plus près de la rue que ce que le zonage permettait. Pour réparer l’erreur, la Ville a préparé une demande de dérogation mineure afin de rendre l’immeuble réglementaire.

La valeur foncière de la maison est de 1,45 million $, selon le rôle municipal de 2019. Patrick Molla dit avoir investi 2,9 millions $ dans sa construction. Les travaux avaient débuté en mai 2013.

«En prison»

La tourmente dans laquelle est plongée la famille de M. Molla depuis sept ans l’a notamment empêché de terminer plusieurs travaux d’aménagement.

«On est prison. En prison, on ne peut pas faire ce qu’on veut. On ne peut pas décorer la maison. On ne l’a pas finie comme on voulait la finir parce qu’on savait qu’il y avait un risque de démolition face à la dérogation et l’action des voisins», a entre autres expliqué M. Molla, qui est devenu émotionnel à quelques occasions en parlant des impacts de cette situation pour sa famille.

De plus, le tourbillon médiatique entourant le dossier depuis ses débuts, en 2014, a aussi entraîné des impacts négatifs sur la famille Molla. 

M. Molla a indiqué avoir construit sa maison selon les besoins de sa famille. Si on lui avait dit initialement qu’il devait la construire à 15 m de la rue, comme le prévoyait les règlements municipaux, il aurait pris un autre chemin, notamment la vente du terrain pour se trouver un autre endroit pour bâtir sa maison de rêve.

Les parties impliquées dans le dossier au palais de justice doivent visiter les lieux vendredi matin. 

Les avocats présenteront leurs plaidoiries en début de semaine prochaine.