D’avril 2013 à juin 2019, Jean-François Bergeron aura été libre sept mois.

60 mois pour un trafiquant de drogue et d’armes

Le Jonquiérois Jean-François Bergeron passera l’équivalent de 60 mois derrière les barreaux après avoir plaidé coupable à un trafic d’armes à feu à autorisation restreinte et à du trafic de cocaïne. Cette nouvelle sentence fait en sorte que Bergeron n’aura pas vu le soleil très longtemps depuis 2011.

L’individu de 31 ans, qui n’est pas celui associé aux Hells Angels, avait été arrêté le 21 janvier 2019 dans la Réserve faunique des Laurentides dans le cadre d’une opération policière qui visait d’abord un réseau de trafiquants de stupéfiants.

Mardi, le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune de Me Marie Sirois, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et de Me Julien Boulianne, en défense. Comme Bergeron a purgé l’équivalent de sept mois et trois semaines en détention préventive, il lui reste 52 mois et 1 semaine à faire.

« La suggestion commune tient compte des antécédents de mon client, qui a déjà écopé de peine de deux ans moins un jour et de 35 mois de détention », a précisé Me Boulianne.

Placé sous surveillance policière de l’Escouade régionale mixte (ERM) dans le cadre du projet Palme depuis un certain temps, Bergeron a quitté, le soir du 21 janvier, sa résidence en compagnie de sa conjointe en direction de l’Étape, au milieu de la Réserve faunique des Laurentides.

Les enquêteurs de l’ERM se sont mis à les suivre et ont vu Bergeron et Jordan Buissereth, venu de Montréal, réaliser une transaction.

Croyant qu’il s’agissait d’une transaction de drogue, les policiers sont intervenus et ont procédé à des arrestations. Mais Bergeron est parvenu à reprendre le volant et il a quitté les lieux. Sur les quelques centaines de mètres qu’aura duré sa fuite, l’accusé a eu le temps de se défaire d’un sac, qu’il a lancé par la fenêtre.

Après l’arrestation de Bergeron, les policiers ont récupéré le sac et ont noté qu’il contenait neuf armes à feu, qui avaient été dérobées quelques mois auparavant au commerce Pronature d’Alma.

« L’enquête policière a alors pris une autre tournure. Les enquêteurs ont mis de côté l’opération de stupéfiants pour se concentrer sur les armes à feu », a soutenu Me Sirois.

« Lors des interrogatoires, la conjointe de M. Bergeron a fait une déclaration KGB (écrite et sous serment) précisant que l’accusé se rendait vendre des armes à une personne à l’Étape et qu’il avait pris les armes chez Steeve Béland (aussi accusé) », a repris la procureure de la Couronne.

Bergeron a été immédiatement incarcéré et a échoué, quelques semaines plus tard, dans sa tentative de recouvrer sa liberté, en raison de la peine qu’il encourait et de la gravité des faits qui lui étaient reprochés.

Au début du mois d’avril, même s’il était sous les verrous au Centre de détention de Roberval, Bergeron a été arrêté et accusé de complot pour trafic de cocaïne et de possession dans le but d’en faire le trafic. Les policiers venaient de mettre un terme à l’opération Palme, qu’ils avaient lancée au début de l’année.

Courte liberté

Le client de Me Boulianne n’en est donc pas à ses premiers passages devant le tribunal. En 2011, il a été impliqué dans une transaction de drogue survenue à l’ancien motel Richelieu, à Jonquière.

L’histoire s’était mal terminée et Maxime Dallaire-Gobeil l’avait payé de sa vie.

En avril 2013, Bergeron a été condamné à deux ans moins un jour de détention ferme pour cette triste affaire.

En 2015, Bergeron a été impliqué, arrêté, accusé et condamné dans une histoire de stupéfiants à Alma. Il avait alors écopé de 35 mois de détention.

Et en juin 2019, le Jonquiérois reçoit une peine de 60 mois de détention.

Cela signifie que lors des 74 derniers mois (avril 2013 à juin 2019), en tenant compte des sept derniers mois passés en prison, Bergeron n’aura profité d’une véritable liberté que durant moins d’une année.

Et il est maintenant parti pour un long séjour. Plus de 50 mois qui s’ajouteront à cette longue séquence à l’ombre.