555, de la Carrière: un cordon électrique usé à l'origine du brasier

Un cordon électrique «usé, endommagé, lacéré et réparé» est à l’origine de l’incendie qui a ravagé l’ancien édifice de la Défense, à Gatineau. C’est du moins ce qui est allégué dans une poursuite de 38 millions $ déposée par le Procureur général du Canada, contre sept parties, dont font partie deux entreprises en construction et démolition, tenues pour responsables.

Le 21 avril 2016, un incendie majeur éclatait au 555, boulevard de la Carrière, dans le secteur Hull.

Les 2000 fonctionnaires, évacués à ce moment, n’ont jamais pu réintégrer leurs postes de travail. D’ailleurs, ils n’y retourneront jamais.

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Trois ans plus tard, soit le 18 avril dernier, le Procureur a déposé une poursuite de 38 millions contre Paul Daoust Construction, la compagnie à numéro 9093-1940 Québec Inc (SOS Démolition), les compagnies d’assurances Aviva, Intact, et Mutuelle, et le syndic de faillite Bernier et Associés (pour le compte de l’entreprise Norgau).

Le feu a pris naissance au sixième étage de l’Édifice Louis-St-Laurent, lors de travaux de rénovation de l’enveloppe extérieure.

Rénovations

Les travaux entrepris par le sous-traitant de Paul Daoust Construction, SOS Démolition, ont débuté le 16 avril 2016. Des ventilateurs étaient alimentés par des cordons électriques, au sixième étage.

Le document judiciaire explique les circonstances entourant l’incendie.

«Le 21 avril 2016, à son arrivée au travail aux environs de 6h46, une employée du ministère de la Défense nationale a noté la présence de fumée au 6e étage près des espaces de travail situés le long des fenêtres du côté est de l’immeuble.»

L’employée a remarqué la présence d’une «flamme de trois pouces sortant d’un cordon prolongateur branché à une prise de courant située dans la cloison d’un espace de travail».

Ce cordon, marqué des lettres «SOS» au crayon-feutre, a été retrouvé dans les débris de l’incendie. «Il présentait des endommagements d’ordre mécanique sur sa gaine isolante et avait été réparé pour le raccourcir et y installer des fiches de remplacement».

L’enquête a déterminé que la cause probable de l’incendie est attribuable à cette défaillance du cordon utilisé par SOS Démolition «survenu soit à proximité, soit à l’intérieur du boîtier de la fiche de remplacement mâle».

Ce manquement vaut, selon le Procureur général du Canada, cette poursuite de 38,2 millions pour la perte du mobilier, des équipements, des ordinateurs, la relocalisation d’urgence des 2000 employés de la Défense nationale, les frais de décontamination, les frais de consultations et les pertes de revenus liées à la location de stationnements et à la concession alimentaire.

La Cour supérieure, au palais de justice de Gatineau, est saisie de l’affaire.