Shakti Ramsurrun est reconnu coupable de deux meurtres prémédités et d’un meurtre non prémédité.

25 ans minimum pour Ramsurrun

L’auteur du triple meurtre d’Aylmer de 2012 pourra demander sa libération conditionnelle dès 2037, soit 25 ans après les faits.

Le juge Éric Downs, de la Cour supérieure, a tranché en faveur de la défense, mercredi, au palais de justice de Gatineau.

La Couronne demandait que la possibilité de libération conditionnelle ne puisse être demandée que 40 ans après les faits, alors que la défense demandait au tribunal que les peines d’emprisonnement soient purgées de façon concurrente.

Des peines concurrentes permettent à Shakti Ramsurrun de demander une libération conditionnelle 25 ans après le drame, en 2037.

Shakti Ramsurrun a été reconnu coupable, en mai dernier, des meurtres de son ex-conjointe, Anne-Katherine Powers, de la mère de celle-ci, Louise Leboeuf, et du conjoint de cette dernière, Claude Lévesque.

Le drame s’est produit en mai 2012, dans le secteur Aylmer.

Le meurtre non prémédité de Mme Powers vaut une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans, et les meurtres prémédités des deux autres adultes valent la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

La Couronne voulait additionner les deux peines minimums de 25 ans aux 15 années obligatoires dans le cas de Mme Powers, pour une peine totale minimale de 40 ans.

Le meurtrier est aujourd’hui âgé de 34 ans.

Le juge Downs croit que l’accusé n’est « pas irrécupérable » et rappelle qu’il s’agit quand même d’une peine de prison à perpétuité.

Le procureur de la Couronne, Me Sylvain Petitclerc, dit vouloir lire la décision dans le fin détail avant de porter, ou non, la décision en appel, d’ici 30 jours.

De son côté, l’avocat de la défense, Me Richard Dubé, était fort satisfait de la décision du tribunal.

Selon lui, c’était une question d’espoir pour son client.

Sans espoir, le prisonnier aurait possiblement abandonné toute volonté de se prendre en main, a résumé Me Dubé.

« Très soulagé, car les enjeux étaient très sérieux, a commenté l’avocat. Cette peine (40 ans minimum) ne s’appliquait pas au caractère de Shakti Ramsurrun. Il n’est pas irrécupérable, c’est une personne sans antécédent judiciaire, pris dans une situation très difficile. »

Shakti Ramsurrun pourrait, un jour, espérer retourner dans son pays d’origine, l’île Maurice.

Me Petitclerc s’est dit au moins satisfait que cette histoire soit enfin terminée.