2017, l'année des catastrophes naturelles et sociales

Les faits divers de l'année, en quelques mots.

Un personnage : Ian Bush

Ian Bush incarne la haine. Le 17 mai 2017, l’Ottavien a été reconnu coupable du triple meurtre du juge Alban Garon, de sa femme Raymonde et de leur amie Marie-Claire Beniskos, survenu le 29 juin 2007. Au terme de son procès, il a souri, alors que les proches des victimes se sont dits soulagés de la décision du jury. Ian Bush en voulait au juge retraité, en raison d’une vieille décision en sa défaveur. Il s’est vengé en tuant les aînés, par suffocation, dans le condo des Garon. Cet hiver, Ian Bush a été reconnu coupable de tentative de meurtre sur Ernest Côté, un vétéran qui a survécu à son agression, le 18 décembre 2014. C’est grâce aux informations de M. Côté que la police d’Ottawa a pu arrêter Ian Bush. Un proche du juge a déclaré que le tueur pouvait bien « pourrir en enfer ». Ernest Côté, décédé de causes naturelles, peut aujourd’hui le regarder de haut, aux côtés des Garon et de Mme Beniskos.

Ian Bush

Un lieu : Le chemin Paugan

Le chemin Paugan, important axe est-ouest en Outaouais, représente bien les conséquences des inondations et des glissements de terrain de 2017, et les défis du monde rural pour le prochain siècle. L’important lien entre Low et Denholm, au nord de Gatineau, est fermé jusqu’à nouvel ordre. Les fortes pluies de l’automne lui ont donné le coup de grâce. Les automobilistes – et les services d’urgence – doivent aujourd’hui faire un détour de plus de trente minutes pour arriver à la même destination, par le sud, via la route 366. La municipalité de Denholm n’a plus les moyens d’entretenir cette route. Cet automne, les municipalités des environs, comme Val-des-Monts et La Pêche, ont été durement touchées par des inondations et des glissements de terrain. Les changements climatiques ne sont plus prononcés du bout des lèvres par les maires et les autorités provinciales. Il s’agit dorénavant d’un incontournable dans la gestion de crise et l’aménagement du territoire.

Un mot : fentanyl

Le Fentanyl a tué, et fait des victimes indirectes. Parmi elles, un bambin de trois ans a été laissé à lui seul, à côté de sa mère et de son ex-conjoint, morts d’une surdose quatre jours plus tôt, dans un appartement de Gatineau. Le 27 février, une voisine du couple de la rue Bégin s’est inquiétée du fait qu’un enfant lançait des jouets par la fenêtre. Interpellée, la police de Gatineau a découvert les corps inertes de la mère, Amélie-Audrey Gauthier-Matte, et de son ex, Christopher Lecouvie. Selon le rapport du coroner, le couple de toxicomanes a succombé à une surdose de fentanyl, enlacés dans un lit. À Ottawa, des bénévoles liés au milieu communautaire et de la santé ont ouvert un premier – et illégal – centre d’injection de drogue supervisé, au centre-ville. Devançant la Ville d’Ottawa, qui prévoyait ouvrir un tel centre à l’automne, les responsables ont érigé des tentes sur la rue Murray dès le mois d’août. Leur trousse de naloxone a permis de contrer les effets de surdose de fentanyl, et de possibles décès liés au fléau.

Une date : 31 juillet

Le 31 juillet 2017 restera marqué à tout jamais dans l’esprit de centaines de voyageurs, pris sur le tarmac de l’Aéroport international d’Ottawa pendant des heures interminables. À cause de la météo périlleuse à Montréal et à Toronto, des appareils ont dû atterrir à Ottawa en attendant de reprendre la voie des airs en toute sécurité. Des passagers d’Air Transat sont restés pris dans les appareils immobiles, pendant cinq heures, presque sans eau ni nourriture, dans une chaleur de plus en plus suffocante. Les réseaux sociaux se sont enflammés, alors qu’un passager a fait le 9-1-1 pour dire à la police d’Ottawa que la situation devenait invivable. La direction de l’aéroport et la compagnie aérienne se sont renvoyé la balle pendant des jours, jusqu’à ce que l’Office des Transports du Canada pointe Air Transat pour sa bévue, en novembre dernier. La compagnie a offert ses excuses et promis de dédommager ses clients irrités. Ottawa voulait attirer et retenir les touristes de partout, à l’occasion du 150e de la Confédération canadienne, mais la capitale se serait bien passée de cette mauvaise publicité, qui a fait les manchettes, de l’Amérique à l’Europe.

Le 31 juillet 2017 restera marqué à tout jamais dans l’esprit de centaines de voyageurs, pris sur le tarmac de l’Aéroport international d’Ottawa pendant des heures interminables.

Une résolution : faire mieux

L’année a mal commencé et fini en queue de poisson pour la famille Gauvreau, éprouvée par le décès tragique de Thérèse Gauvreau. La femme a été battue à mort par un patient de l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet, le 18 janvier 2017. Le 16 décembre dernier, son meurtrier, Jean-François Dupuis, a été reconnu criminellement non responsable de ses actes pour cause de troubles mentaux. Le jeune homme était, selon la décision de la juge Catherine Mandeville, déconnecté de la réalité au moment du drame. En panique et sous l’emprise d’hallucinations auditives, il se croyait investi d’une mission de Dieu. Il s’en est pris à la femme de 83 ans, une résidante du boulevard Cité-des-Jeunes, dans le secteur Hull. La Couronne et la défense, qui en sont venues à la même conclusion, ont déploré que le système de santé ait « échappé le ballon ». Par ailleurs, le 9-1-1 a été blâmé publiquement dans cette affaire, alors que l’appel d’un voisin aurait été mal interprété, et considéré comme moins urgent qu’il ne l’était en réalité. De telles situations ne doivent pas se reproduire.

L’année a mal commencé et fini en queue de poisson pour la famille Gauvreau, éprouvée par le décès tragique de Thérèse Gauvreau.