Au moins 200 personnes se sont présentées pour honorer la mémoire de la fillette de sept ans qui est décédée mardi.

« Elle est morte dans mes bras »

La famille de la fillette de sept ans qui est décédée mardi est en deuil. Pour honorer la mémoire de la victime, son oncle, sa mère, ses grands-parents et d’autres membres de la famille se sont réunis, mercredi soir, devant la maison où le drame s’est produit. Un aumônier s’est aussi déplacé sur place afin de prononcer une prière.

Malgré la pluie, au moins 200 personnes se sont présentées pour déposer des toutous et se recueillir en silence devant la maison. Des poèmes et des lettres ont été lus et des lampions ont été distribués.

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La fillette se serait sauvée en pleine nuit

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« Les quatre derniers jours n’ont pas été faciles. Elle est morte dans mes bras. J’ai été là aussitôt que j’ai su qu’elle était à l’hôpital. J’ai été là tout le long. Je l’ai pris dans mes bras après l’avoir débranchée », a confié la mère de la fillette de 7 ans, visiblement encore sous le choc.

Rappelons que la fillette a été hospitalisée après avoir été trouvée ligotée et dans un état critique dans une résidence de Granby, lundi. Son décès a été annoncé mardi après-midi.

Le rassemblement était l’initiative de l’oncle de la petite fille et de sa mère, avec qui elle n’avait pas eu de contact depuis un an.

« On tenait à lui rendre un dernier hommage », a souligné l’oncle.

La mère a reçu plusieurs accolades de gens en pleurs. Quelques jours après le drame, elle n’arrive toujours pas à croire que sa fille est décédée.

« Je ne pourrai jamais faire mon deuil. […] Je ne l’accepte pas, mais au moins, je me dis qu’elle est peut-être mieux où elle est », a-t-elle avoué.

À la vue de l’attroupement à son arrivée, la mère était bouche bée, mais surtout touchée qu’autant de gens se soient déplacés.

« Je me dis que ma fille est enfin soutenue, même si elle est plus là », a-t-elle dit.

La mère croit que le père de la fillette faisait « de l’aliénation mentale » envers la petite. Elle a aussi mentionné que la fillette avait eu des idées suicidaires dans le passé.

« Le père a eu six rapports de police à la fin 2017 parce qu’elle était battue », a avancé la mère tout en critiquant durement la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour ne pas avoir retiré la garde au père malgré de nombreux signalements de ses proches à la police et à l’organisme.

Questionnée par TVA à savoir pourquoi elle n’avait pas la garde de sa fille, la mère a raconté avoir tenu des propos inquiétants lors de l’accouchement. Un médecin aurait alors fait un signalement à la DPJ en estimant que la mère était agressive.

Des poèmes et des lettres ont été lus et des lampions ont été distribués mercredi soir.

« La DPJ nous a toujours bloqués »

La grand-mère paternelle a tenu à s’adresser à la foule réunie sur place pour faire le point. Elle affirme s’être « battue corps et âme » pour sortir sa petite-fille de la situation. « La DPJ nous a toujours bloqués », a-t-elle dénoncé.

« On va entamer des procédures. Elle ne sera pas morte pour rien la petite. On a passé des heures à essayer de la sortir de là », a-t-elle lancé.

« Il est temps qu’on fasse une enquête publique », a-t-elle scandé alors que la foule s’est mise à l’applaudir.

La grand-mère avait eu la garde de sa petite-fille dès sa naissance avant qu’elle ne soit remise au père trois ans plus tard.

Le père a au moins deux enfants, dont la victime, et sa conjointe en a un aussi.

Une amie de la mère était dans l’incompréhension. « Comment tu peux faire du mal à un enfant de même ? » a-t-elle lancé en montrant une vidéo de la fillette qui chante la chanson Que je t’aime.

Un voisin adjacent à la maison où le drame s’est produit était aussi sur place. Il soutient qu’il ne voyait jamais la victime. « On voyait les deux autres enfants sortir dehors, mais jamais la petite », a-t-il remarqué.

D’autres accusations pourraient être déposées

Compte tenu du décès de la fillette, la nature des accusations déposées contre son père et sa belle-mère est appelée à changer.

«Ça change grandement la situation, indique la procureure au dossier, Me Laurence Bélanger, mercredi. Ça sera évalué pour voir si d’autres chefs s’appliquent. On attend d’autres éléments de preuve, notamment des expertises médicales. On est dans l’attente.»

Des accusations de négligence criminelle causant la mort, d’homicide involontaire ou encore meurtre au premier degré pourraient être déposées, énumère Me Bélanger. Le couple doit revenir devant la cour jeudi, à Granby. Les modifications pourraient survenir à ce moment.

«On verra l’état de la situation demain [jeudi]», dit Me Bélanger. La représentante de la Couronne précise qu’elle ne demandera pas que l’ordonnance de non-publication concernant l’identification des accusés soit levée. Puisque les autres enfants du couple pourraient agir à titre de témoins, leur identité doit aussi être protégée.