Le père de Julien, Louis-André Lepage

Julien tatoué sur le corps

Le 13 juillet 2016, Julien Lepage, un jeune homme de 19 ans, s’amusait avec ses copains en faisant du wakesurfing, un sport nautique dans le cadre duquel un surfeur glisse sur la vague produite par un bateau, et ce, sans corde. Pour une raison encore inconnue, Julien s’effondre et disparaît dans les eaux du lac Sainte-Marie à Saint-Adolphe-d’Howard dans les Laurentides. Les plongeurs de la Sûreté du Québec ne repêcheront son corps que le lendemain.

On savait depuis janvier 2016 que Julien était épileptique. Est-ce là la source du malaise qui l’a emporté ? Plus d’un an après sa mort, le rapport d’autopsie n’est toujours pas prêt. Mais malgré la douleur sourde qui l’accablait, le père de Julien, Louis-André Lepage, décidait, quelques semaines après la mort de son fils, d’organiser une course et une marche caritatives qui portent son nom et dont les revenus seraient versés à des Gatinois qui ont besoin d’aide médicale et qui n’ont pas les moyens de se procurer certains services ou biens non couverts par l’État. 

À la première édition de la Course Julien-Lepage, 239 personnes achetèrent le fameux bracelet à 20 $ et on amassa ainsi 7000 $. Un succès pour un événement, hier encore, tout à fait inexistant.

Cette année, dimanche matin, la famille Lepage récidivait et un premier peloton de coureurs quittait la ligne de départ au parc du lac Beauchamp, suivi d’un deuxième groupe de marcheurs, pour un itinéraire de 5 km. Malgré le temps maussade, 158 participants se sont présentés à l’événement de ce week-end. Plus de 4 600 $ ont été amassés pour l’occasion.

Un jeune homme d’exception

La mort de Julien en a surpris et choqué plus d’un. Son jeune âge et sa nature sociable n’allaient pas de pair avec une fin aussi précoce et brutale. 

« Il y a, à peu près, une trentaine de ses amis et connaissances qui se sont fait tatouer son nom sur le corps [...] qui se sont fait tatouer sa date de décès et des choses qui le symbolisaient comme des skis, des choses comme ça », raconte son père. 

Des amis ont même fait imprimer des chandails dont l’un d’eux, orné d’un cœur, porte le slogan : Lepage Squad. Certains des amis du défunt portent même encore sur eux sa photo, lors de festivals ou de rencontres d’amis, pour l’inclure dans leurs activités. 

À sa mort, le salon funéraire fut littéralement pris d’assaut et près de mille personnes s’y présentèrent en deux jours ; l’église accueillit, elle, 600 parents et amis, se rappelle son père. Julien était exceptionnellement populaire et apprécié. « Les bénévoles qui nous ont aidés l’an dernier étaient tous au rendez-vous cette année et beaucoup de gens qui ont participé l’an dernier nous ont dit qu’ils avaient ressenti beaucoup de chaleur humaine. [...] C’est pas vraiment une question d’argent. Nous, ce qu’on veut faire, c’est honorer la mémoire de notre garçon et aussi perpétuer son esprit d’entraide », conclut Louis-André Lepage.