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Journée d'investiture de Joe Biden: le pouls d'élus d'Ottawa-Gatineau

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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La journée de mercredi aura un caractère historique, alors que le président américain élu Joe Biden prêtera serment à Washington et que l'ère Trump prendra fin. Le Droit a pris le pouls de quelques élus de la région de la capitale nationale, à quelques heures du début de ce nouveau pan de l'histoire politique.

Voici les propos de six politiciens de tous les paliers quant à ce changement de garde au sud de la frontière:

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau:

«Je ne pense pas que ce soit une nouvelle ère qui commence, moi je crois que c'est la fin d'une période où un politicien comme M. Trump a démontré de façon assez spectaculaire les dangers de l'ère dans laquelle on se trouve. Je ne pense pas qu'on tourne la page sur quelque chose, je pense qu'on tourne la page sur une personne qui est allée au bout de tous les excès de la société d'aujourd'hui; qu'on parle de politique spectacle, d'utilisation des médias sociaux pour véhiculer des faussetés, de populisme où on présente des solutions simples à des problèmes compliqués. Mais ça, ce n'est pas disparu avec M. Trump. Ce phénomène reste là encore. Les gens qui méprisent les principes et la morale pour appliquer le pouvoir pur [...], il y en a encore. Pour moi, c'est une étape importante pour qu'on se rappelle quels sont ces principes de vérité et de démocratie, qui sont importants. Oui, il y a l'importance de l'opposition et du débat, mais dans un contexte sain. Il faut qu'on apprenne de ce qui s'est passé. [...] Si on ne fait que dire: c'est fini, ouf, on est soulagés, c'est une erreur grave. Il faut apprendre de ces quatre années-là de déchéance de la politique.»

Mathieu Fleury, conseiller municipal à Ottawa:

«Il y avait le président Obama (élu en 2008) qui avait à l'époque brisé le plafond de verre et ça m'avait beaucoup motivé pour me présenter en politique en 2010. Ça m'avait donné le goût de m'impliquer. Par la suite, avec M. Trump, ç'a causé un désintéressement et ç'a polarisé les débats. Je connais des gens pour qui les enjeux politiques ont créé de la division entre eux, malheureusement. J'espère que Biden ramènera la confiance envers les institutions publiques, les médias, les gouvernements. Qu'on le veuille ou non, les Américains ont une grande influence sur le monde et quand ils prennent un rôle de leadership, d'autres les suivent. Ça va avoir un impact sur le monde et même dans notre région. [...] C'est sûr qu'il va y avoir un legs, une sorte de stress post-traumatique de l'ère Trump. [...] Kamala Harris va amener un vent de fraîcheur, alors que pour Joe Biden, c'est une corde à son arc d'avoir été l'allié de M. Obama.»

Greg Fergus, député de Hull-Aylmer:

«L'arrivée de M. Biden, c'est quelque chose que j'entrevois et que j'accueille avec beaucoup d'impatience et de grandes espérances. Et de voir Mme Harris comme vice-présidente, c'est inusité et historique. C'est du jamais vu, une femme noire qui occupe de telles fonctions. Wow, c'est remarquable. Le 6 janvier (lors de l'attaque au Capitole), il y avait des suprémacistes blancs. Je suis content de voir que les Américains ont choisi un président qui ne veut rien des savoir de ces groupes-là. [...] Je pense que les relations entre le Canada et les États-Uns vont redevenir plus normales, seront basées sur des intérêts nationaux plutôt que sur une situation précaire qui dépend de comment une personne interprète des commentaires à son égard. Ce sera moins personnel et plus raisonnable, plus rationnel.»

Greg Fergus, député fédéral de Hull-Aylmer

Marie-France Lalonde, députée d'Orléans:

«Je le vois de façon très positive, c'est vraiment un nouveau chapitre dans des relations vitales (entre les deux pays) qui existaient et qui auraient dû continuer. Je crois que dans les dernières années, le gouvernement du Canada a fait un travail extraordinaire dans les circonstances, mais je suis heureuse de voir que les relations devraient s'améliorer par rapport à des valeurs semblables, des idées communes avec la nouvelle administration. Je pense que pour beaucoup d'entre nous, il y a un poids qui s'est enlevé des épaules. On veut tourner la page et passer à autre chose. Je suis fière de voir que M. Biden a gagné des élections avec un vote populaire. ll y a quand même plus de 81 millions de personnes qui ont voté pour lui. En démocratie, tu dois comprendre que certains vont voter pour toi, d'autres non. [...] L'arrivée de Mme Harris (Kamala) comme vice-présidente, je l'accueille avec un grand sourire. En plus, elle a une connexion avec le Canada, c'est encore plus excitant. Ça va aussi refléter ce qu'on veut voir comme politicienne, comme dirigeante et aussi dans les hautes directions.»

André Fortin, député de Pontiac:

«Les changements de garde aux États-Unis sont toujours des moments décisifs dans l'histoire occidentale et même mondiale. On espère retrouver une Maison-Blanche qui va être à l'écoute de l'ensemble des Américains, pas uniquement de la base électorale; et qu'il y ait un esprit de collaboration. On espère que l'arrivée d'un président beaucoup plus conciliateur va réduire les clivages entre les Américains. [...] Les relations personnelles entre les deux leaders (de nos deux pays) vont nécessairement s'améliorer ne serait-ce que par le fait qu'on aura un premier ministre et un président qui ont probablement plus en commun l'un et l'autre. On espère aussi qu'on pourra s'attendre à plus de prévisibilité, notamment pour les accords commerciaux. On peut s'attendre à une Maison-Blanche qui respecte sa parole, ses engagements dans des dossiers qui sont si importants pour le Québec ou le Canada. Et de façon globale, ça va nous faire le plus grand bien pour la planète car les États-Unis pourraient reprendre un rôle de leadership en matière d'environnement. C'est quelque chose qui a été gravement manquant au cours des dernières années.»

Lucille Collard, députée d'Ottawa-Vanier:

«Premièrement, ça m'apporte un sentiment de soulagement, j'imagine comme la plupart des gens. Je pense qu'il (Biden) apporte un sentiment d'espoir, une ouverture sur des opportunités, une collaboration respectueuse avec le Canada. Son arrivée va pouvoir stimuler des sentiments d'inclusion et de compassion. C'est la vision du monde qu'on souhaite voir, comparativement à ce qu'on a vu dans les quatre dernières années. En tant que pays mitoyen, on ne peut que s'encourager et s'inspirer l'un et l'autre sur les bonnes pratiques pour améliorer les choses.»

Lucille Collard, députée d'Ottawa-Vanier

À noter que le maire d'Ottawa, Jim Watson, ainsi que le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, ont préféré ne pas commenter le sujet.