Des centaines de personnes ont pris part à la Cérémonie nationale du jour du Souvenir.

Jour du Souvenir: cérémonie spéciale à Ottawa, 100 ans après l'Armistice

C’est dans un silence presque complet que des centaines de personnes se sont massées autour du Monument commémoratif de guerre du Canada, dimanche matin, pour la Cérémonie nationale du jour du Souvenir.

C’est dans un silence presque complet que plusieurs centaines de personnes se sont massées autour du Monument commémoratif de guerre du Canada, dimanche matin, pour la Cérémonie nationale du jour du Souvenir.

Cet événement annuel avait une connotation bien spéciale ce week-end puisqu’il coïncidait avec le 100e anniversaire de l’Armistice qui a mis fin à la Première Guerre mondiale. L’aura de ce conflit meurtrier flottait au-dessus du centre-ville d’Ottawa tout au long de cet acte de commémoration.

En plus de mentionner cet anniversaire à plusieurs reprises, parmi les nombreux conflits auxquels les soldats canadiens ont participé, la Légion royale canadienne l’a souligné en préparant des couronnes florales spéciales pour l’occasion.

Les couronnes déposées au pied du Monument commémoratif de guerre étaient différentes de celles des années précédentes. Il s’agissait de répliques des couronnes préparées pour les cérémonies du genre à la fin de la Première Guerre mondiale.

Cet anniversaire était également ressenti dans l’absence du premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Ce dernier était en France pour assister aux commémorations internationales de la fin de la Première Guerre mondiale, dans le pays où l’accord marquant l’arrêt des hostilités a été ratifié.

M. Trudeau était représenté dans la capitale fédérale par le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, et par son épouse, Sophie Grégoire-Trudeau. Ils ont, ensemble, déposé une couronne au nom du gouvernement du Canada.

À noter également, la présence à cette cérémonie de la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, du chef d’État-Major de la Défense, Jonathan Vance, et d’Anita Cenerini, la mère de Thomas Welch, premier soldat canadien mort par suicide après avoir servi en Afghanistan. Mme Cenerini est aujourd’hui mère nationale de la Croix d’argent et représentait toutes les mères canadiennes qui ont perdu un enfant au combat.

Une foule attentive

« Nous nous rassemblons sur ce terrain sacré, sur lequel sont enterrés des soldats canadiens inconnus, pour nous souvenir de ceux qui ont consenti le sacrifice ultime », a soutenu le major-général Guy Chapdelaine, l’aumônier général des Forces armées canadiennes, devant une foule silencieuse.

Ce silence, dans le public, a été interrompu en de rares occasions. D’abord, lors de l’interprétation de l’hymne national du Canada et, ensuite, à la lecture de la bénédiction et, plus tard, en chœur, le public clamait « We are grateful » (« Nous sommes reconnaissants ») à la lecture de chacun des aspects du sacrifice des soldats canadiens, à travers les années.

Si la foule écoutait attentivement ce qui se passait, la cérémonie ne s’est pas toujours effectuée sans un bruit, loin de là. Une fanfare militaire a interprété de nombreuses pièces musicales, dont la Sonnerie aux morts et God Save the Queen.

À 11 h, le silence a également été brisé par une salve de 21 coups d’artillerie et, de façon plus assourdissante, le bruit des réacteurs de cinq CF-18 Hornet qui ont survolé la foule en formation du pilote disparu.

Cérémonie nationale du jour du Souvenir au Monument commémoratif de guerre du Canada, à Ottawa.

Partout au pays

De nombreux rassemblements se tenaient dans tout le pays – dont à Montréal et à Québec –, dimanche pour marquer le tribut causé par la guerre aux militaires canadiens et à leurs familles au cours des 100 dernières années.

Plus tard dans la journée, la carillonneuse du Dominion, Andrea McCrady, a fait sonner les cloches sur la colline du Parlement, dans le cadre d’une initiative de la Légion royale canadienne.

Les cloches ont sonné à la tombée de la nuit à travers le pays, y compris dans les mairies et les lieux de culte, sur les bases militaires et les navires, ainsi que lors de cérémonies en l’honneur des anciens combattants ayant servi durant la Première Guerre mondiale.

Ailleurs dans la région, une cérémonie se tenait sur la rue du Patrimoine, dans le secteur Aylmer. Une militaire en réserve, la sous-lieutenante, Christina Mercer, a indiqué au Droit qu’un rassemblement a également été organisé à l’école secondaire John-McCrae, à Barrhaven.

Quelques jours plus tôt, Mme Mercer donnait une conférence à l’école élémentaire publique Julie Payette, à Kanata, où elle a présenté la réalité de la guerre à travers l’histoire de deux oursons. 

Il y avait le bien connu Winnie, à l’origine un véritable ursidé laissé au zoo de Londres par le major Harry Colebourn avant d’aller combattre en France. L’autre ourson, en peluche celui-là, est nommé « Teddy ». Il est entreposé au Musée canadien de la guerre après avoir été retrouvé parmi les effets personnels du lieutenant Lawrence Browning Rogers.

« C’est important de souligner l’apport de ceux qui sont tombés au combat. C’est un peu à cause de ça qu’on a un pays libre aujourd’hui », affirme Christina Mercer.

Avec La Presse Canadienne