Les enfants de Fausia Koulamallah, qui ont 4, 8, 12, 13 et 16 ans, doivent dormir sur le plancher.

«Je voudrais juste qu'ils puissent dormir dans un lit»

À la veille de Noël, une mère monoparentale d'origine africaine avec cinq enfants se tourne vers la communauté gatinoise pour qu'elle puisse meubler le logement qu'elle habite depuis quelques semaines. Sans lit, les enfants âgés de 4, 8, 12, 13 et 16 ans doivent dormir sur le plancher du logement situé au sous-sol d'un immeuble à logis multiples de Gatineau.
« Je ne veux surtout pas mettre la responsabilité sur personne. Et je n'ai pas l'habitude de demander de l'aide. Si ce n'est pas moi, je fais la demande pour mes enfants. Je voudrais juste qu'ils puissent dormir dans un lit, pas sur le plancher », a indiqué Fausia Koulamallah, qui a accepté d'accueillir les journalistes après l'intervention de l'organisme Logemen'Occupe.
À la suite de la séparation du couple, les enfants vivent en situation de garde partagée. Mme Koulamallah voudrait que ses enfants puissent dormis dans des lits, un sofa et des chaises autour de la table de cuisine lorsqu'ils viennent chez elle, une semaine sur deux. « Mon lit m'a été prêté et je vais devoir le retourner. Mais ce n'est pas facile à trouver » explique Mme Koulamallah, qui a expliqué faire les démarches pour trouver un emploi. Elle vient de compléter un stage obtenu par le biais d'Emploi Québec.
« Cette mère a tout essayé avant de lancer ce cri du coeur », a expliqué François Roy, coordonnateur de Logemen'Occupe.
À la suite d'une séparation, elle et ses enfants ont été hébergés pendant six mois dans un des cinq logements de dépannage de l'organisme, avant de trouver un logement.
« Nous avions toujours espoir qu'un logement de quatre chambres se libère à l'Office municipal d'habitation (OMH). Mais de tels logements sont rares. Et la famille a finalement trouvé cet appartement de trois chambres. C'est propre. Le problème, c'est qu'il coûte plus de 100 % des revenus de cette mère qui reçoit 755 $ de l'aide sociale. Le logement en coûte 795 $. La famille vit avec les allocations familiales pour le reste, ce qui est une aberration », souligne M. Roy. 
M. Roy fait donc appel à la communauté pour qu'elle appuie cette famille pour lui trouver des meubles à la veille de Noël. 
« Entraide familiale est déjà débordé avec de nombreuses demandes, mais a offert d'aller chercher les meubles qui seront offerts pour la famille. Ils ont surtout besoin des lits, peut-être superposés, des matelas, un sofa pour le salon, des chaises de cuisine pour s'asseoir autour de la table. Vraiment, si la communauté peut aider, ce serait vraiment apprécié », explique M. Roy.
Les personnes qui désirent faire un don de meubles peuvent communiquer avec lui au 613-277-6507.
Pas la seule famille
François Roy souligne que le cas de cette famille gatinoise de cinq enfants illustre bien comment les divers programmes d'aide au logement, tant au niveau provincial que fédéral, restent insuffisants et inadéquats. « À l'OMH, il y a une liste d'attente de 1000 familles. Et à Gatineau, il y a plus de 3000 familles qui paient plus de 80 % de leur revenu pour le logement, déplore M. Roy. Le gouvernement du Québec a annoncé la construction virtuelle de 150 logements sociaux à Gatineau, alors qu'il faudrait en construire au moins 300 par année. » 
M. Roy parle de construction virtuelle parce que souvent, poursuit-il, la construction de logements sociaux est gelée, les groupes communautaires n'ayant pas les ressources suffisantes pour compléter les projets qu'ils souhaitent réaliser.
« C'est le cas présentement avec le projet de la Soupière, alors que 30 logements sont gelés parce que nous n'avions pas l'argent pour décontaminer un terrain où nous souhaitions les construire. Depuis, nous sommes toujours en train de chercher une solution », explique M. Roy. 
Quant au fédéral, les groupes communautaires attendent encore comment le gouvernement aidera puisqu'il vient de compléter une vaste consultation. « Le problème avec le fédéral, c'est que sa stratégie appelée SPLI aide surtout les personnes dans les refuges, et pas les familles comme celle-ci à s'en sortir. »