À l'ombre de la statue du légendaire hockeyeur Maurice Richard, la trentaine de manifestants ont fait entendre leurs voix, hier.
À l'ombre de la statue du légendaire hockeyeur Maurice Richard, la trentaine de manifestants ont fait entendre leurs voix, hier.

«J'ai le droit d'être libre» -Fatima Elmberki

Guillaume St-Pierre
Guillaume St-Pierre
Le Droit
Le débat sur la Charte des valeurs québécoises s'est transporté dans les rues de Gatineau, hier après-midi.
Une trentaine de personnes, dont de nombreuses femmes portant le voile, se sont réunies près de la statue de Maurice Richard, à l'extrémité du parc Jacques-Cartier, pour exprimer leur désaccord avec le projet du gouvernement Marois.
Le rassemblement a été organisé par l'Association pour la défense des droits sociaux de Gatineau.
Les participants ont qualifié de "discriminatoire" le volet de la charte interdisant le port de signes religieux ostentatoires pour les employés de l'État.
Une des manifestantes soutient que l'État ne doit s'immiscer dans la vie spirituelle des citoyens.
«Pauline Marois ne peut pas décider pour toutes les musulmanes, et d'autres religions aussi. C'est la parole de Dieu avant tout à mon avis», croit Ruya Seni Kurdistani, une employée du Centre de médecine familiale Bruyère à Ottawa.
Libertés «brimées»
Une autre manifestante portant le voile estime que la charte brime ses libertés individuelles.
«J'ai le droit d'être libre. On est dans un pays démocratique, je dois être libre de faire tout ce que je veux, souligne Fatima Elmberki, précisant que personne ne l'oblige à porter le voile depuis 13 ans, «ni mon mari, ni personne».
Mme Elmberki, elle-même éducatrice en milieu familial subventionné, est d'avis que la charte brime le droit à l'emploi de nombreuses femmes.
Suzanne Touchette, qui s'est convertie à l'Islam il y a 35 ans et porté le voile durant une vingtaine d'années, suggère que le gouvernement ne devrait pas se mêler de religion.
«Certaines femmes décident de le porter (le voile) et d'autres de ne pas le porter. C'est un choix personnel. C'est entre elles et son créateur», estime-t-elle, elle dont les deux filles portent le hidjab.
Pour l'organisateur de la marche, qui se dit athée, la charte «porte le germe de la discrimination envers des gens de différentes croyances».
«Je ne veux pas qu'on participe à l'islamophobie qui se répand à travers le monde depuis les guerres en Irak», dit Robert Marois.
Gstpierre@ledroit.com