Itinérants: Brigil évoque des «enjeux» avec le voisinage pour expliquer sa volte-face  

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
C’est en partie en raison d’un «refus» du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) d’en venir à un accord de principe préliminaire sur les paramètres d’une entente de location que l’entreprise Brigil a pris la décision de se tourner vers un autre acheteur pour vendre le 217, rue Montcalm, mais aussi en raison du désaccord de certains voisins dans le secteur.

Par voie de communiqué, Brigil précise que le choix de l’emplacement pour reloger les itinérants actuellement hébergés à l’aréna Robert-Guertin «présentait des défis d’acceptation sociale par le voisinage», ainsi que des enjeux de relocalisation pour les locataires existants. La directrice adjointe du Bureau régional d’action SIDA, Annie Castonguay, a sa petite idée à ce sujet. Selon elle, l’acheteur de l’immeuble, l’homme d’affaires Camille Villeneuve, «ne voulait tout simplement pas avoir d’itinérants en avant de ses bureaux, c’est encore du 'pas dans ma cour'». M. Villeneuve et l’entreprise Multivesco n’ont pas encore donné suite aux demandes d’entrevue du Droit

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L’incertitude du processus a aussi pesé dans la balance dans la décision de l’homme d’affaires Gilles Desjardins de mettre fin à sa proposition. «Selon les informations obtenues par Brigil au moment de l’acceptation de l’offre d’achat, mercredi, deux autres sites ont été retenus par le CISSSO dans ce dossier à la suite du premier délai de dix jours, précise l’entreprise. Aucun indice ne pouvait laisser croire à Brigil que le 217, rue Montcalm aurait été le premier choix du CISSSO. Malgré la demande de Brigil, aucune offre de location préliminaire n’a été convenue avec le CISSSO pour préciser le coût du loyer, la durée de la location et les frais de rénovation, selon les pratiques établies en location commerciale.»

L’entreprise ajoute que l’expérience vécue par un autre entrepreneur de la région qui a proposé le site du 55, rue Marengère, et qui a vu le CISSSO se retirer du processus à la dernière minute, a aussi pousser Brigil à «minimiser les risques» dans le dossier du 217, rue Montcalm.

Invitée à réagir, la porte-parole du CISSSO, Marie-Pier Després, a d’abord nié, jeudi matin, que l’immeuble du 217, rue Montcalm était le choix final pour relocaliser les sans-abris. Cette dernière a indiqué qu’il n’y avait «pas de choix effectué» avant que Brigil ne décide de vendre le bâtiment. Cette affirmation est en contradiction avec celle du ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, qui affirmait au Droit, mercredi soir, que le 217 rue Montcalm était le site idéal et que le CISSSO était sur le point de l’annoncer publiquement. 

Mme Després a par la suite tenu à rectifier la réaction de l’organisme en affirmant que «le 217, rue Montcalm était l’option privilégiée dans l’analyse des emplacements possibles pour le site d’hébergement d’urgence pour les personnes en situation d’itinérance». 

Les Olympiques

Le président des Olympiques de Gatineau, Norman MacMillan, avoue pour sa part que la situation est difficile à vivre pour son organisation. «Honnêtement, de toujours être en train de penser à trouver de nouvelles solutions avec Guertin, ce n’est pas facile, a-t-il indiqué. Nous ne faisions pas partie de la solution au début, mais depuis lundi, nous avons eu de très bons contacts avec le maire Pedneaud-Jobin, le député Mathieu Lévesque et le ministre Mathieu Lacombe. Nous cherchons une autre solution ensemble. Il est clair que nous pensons aux itinérants d’abord, mais en même temps, nous voulons récupérer notre vieux Bob le plus rapidement possible. Nous aurions aimé le 1er novembre, mais le 1er décembre demeure une date correcte pour réintégrer nos locaux. À cette date, il faudrait absolument être là et je pense que nous avons le support de tout le monde impliqué dans le dossier.»

Le maire de Gatineau doit offrir ses réactions plus tard aujourd’hui.

Avec Justine Mercier et Jean-François Plante