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Les itinérants n’ayant pas accès à un lit du Gîte Ami peuvent encore rester quelques instants à la halte-chaleur du Centre Robert-Guertin.
Les itinérants n’ayant pas accès à un lit du Gîte Ami peuvent encore rester quelques instants à la halte-chaleur du Centre Robert-Guertin.

Itinérance et couvre-feu: un périmètre de trêve demandé

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
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Les services sociaux de l’Outaouais doivent résoudre l’énigme de la quadrature du cercle en aidant les itinérants à respecter le couvre-feu de 20 h à 5 h.

Au centre-ville de Gatineau, le Gîte Ami et le Bureau régional d’action sida (BRAS) multiplient les « petites » solutions pour offrir un toit aux plus vulnérables. À cela s’ajoute la gestion d’un nouveau couvre-feu.

Les itinérants n’ayant pas accès à un lit du Gîte Ami peuvent encore rester quelques instants à la halte-chaleur du Centre Robert-Guertin, de l’autre côté de la rue Morin. Le même centre abrite aussi quelques lits de fortune gérés par la Soupe populaire.

Une partie de la clientèle n’ayant pas accès à un lit ne peut rester toute la nuit « sur un petit banc ou par terre » dans une halte-chaleur », explique Annie Castonguay, directrice adjointe du BRAS de l’Outaouais.

Les organismes d’aide aux itinérants demandent à la police de Gatineau de respecter une certaine « zone de tolérance » entre le Gîte Ami et le Centre Robert-Guertin.

« On ne peut pas empêcher la clientèle de sortir, dit-elle. On la sensibilise à l’importance des règles sanitaires, et la plupart les comprennent bien. Les lits à Guertin et au Gîte, c’est plein. On a des listes d’attente. Certains ont des troubles de comportement, d’autres ont de la difficulté à rester au sein d’un groupe et veulent sortir. On travaille avec des gens aux prises avec des problèmes de santé mentale qui ont de la difficulté à rester en groupe. »

Trêve

Les organismes d’aide aux itinérants demandent au Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) de respecter une certaine « zone de tolérance » entre le Gîte Ami et le Centre Robert-Guertin. « Si notre clientèle se trouve dans ce périmètre extérieur pendant le couvre-feu, elle devrait avoir une certaine marge de manœuvre », explique la directrice des services aux usagers du Gîte Ami, Roxanne Simard. « Le SPVG devrait tolérer cela », et ne pas imposer d’amende ou procéder à des arrestations pour non-respect du règlement.

Le SPVG attendait la publication du décret ministériel, vendredi. Il n’a pas commenté cette demande.

La ministre de la Sécurité Geneviève Guilbault a précisé jeudi que les services de police de la province ne devraient pas « inonder les itinérants » avec des contraventions qu’ils ne pourront pas payer, de toute façon.

Roxanne Simard et Annie Castonguay ont d’ailleurs répondu au premier ministre François Legault, qui disait plus tôt mercredi qu’il y avait « assez de place » pour permettre aux itinérants de respecter le couvre-feu nocturne. « Ce n’est pas vrai, dit Mme Castonguay. Une halte-chaleur, sur une chaise, ce n’est pas une place de confinement. Ce n’est pas une “place” adéquate pour passer la nuit. »

Le BRAS de l’Outaouais est aussi inquiet pour les travailleuses du sexe. « Ce sont des personnes qui sont actives surtout le soir et la nuit, dit Mme Castonguay. Leurs revenus ne sont pas déclarés. Certaines nous ont déjà demandé comment elles feraient pour se déplacer après 20 h. Ce sont aussi des personnes vulnérables qui risquent de devenir une cible facile. »