Le palais de justice de Gatineau

Investissements dans le domaine judiciaire: pas une solution instantanée

Les récents investissements en justice annoncés mercredi par la ministre Stéphanie Vallée auront des impacts, mais pas à très court terme, estime le procureur en chef du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) pour l'ouest du Québec, Me Martin Côté.
Me Côté voit d'un bon oeil les 175 millions $ qui seront injectés dans le système judiciaire au cours des quatre prochaines années afin d'ajouter, entre autres, 69 procureurs et 114 employés de soutien au DPCP. «Mais ce n'est pas comme un soluté ou une injection», prévient-il.
Depuis l'arrêt Jordan de la Cour suprême, qui oblige les tribunaux à respecter des délais plus serrés pour juger un accusé, près de 300 requêtes en délais déraisonnables ont été déposées.
Le but de certains avocats de la défense est de faire cesser les procédures entamées contre leurs clients, en attente d'un procès depuis trop longtemps. L'Outaouais est l'une des régions du Québec où le problème des délais judiciaires est le plus marqué.
«Déjà, précise Me Côté, on voit quand même certains changements à la cour (depuis Jordan), dans les façons de faire.»
Outre l'embauche de procureurs de la Couronne, le ministère de la Justice prévoit ajouter deux postes de juges suppléants dans le Nord-du-Québec, 252 employés aux services de justice, 121 postes d'agents correctionnels, de constables spéciaux et d'agents de probation, et de nouvelles salles d'audience, dont une à Gatineau, trois à Montréal, deux à Laval et une à Sherbrooke.
Des effets d'ici le printemps
Selon Me Côté, le système judiciaire pourrait voir sa vitesse de croisière augmenter d'ici le printemps prochain, le temps que les nouvelles ressources se mettent en place.
L'arrêt Jordan oblige les cours provinciales à mener un procès criminel dans un délai maximum de 18 mois, et la Cour supérieure, à respecter une période maximale de 30 mois.
Le Barreau de l'Outaouais n'a pas répondu à notre demande d'entrevue, jeudi.