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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Intimidation envers les élus: Pedneaud-Jobin a été la cible de trois menaces de mort en deux ans

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
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La campagne de sensibilisation sur l’intimidation fait envers les élus municipaux lancée par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), a reçu l’appui des conseillers de la Ville de Gatineau mardi. Ces derniers s’entendent pour dire qu’il s’agit d’une première étape, mais que plus d’actions devront être posées pour enrayer le fléau.

La campagne de l’UMQ, La démocratie dans le respect, par respect pour la démocratie, a pour objectif de solidifier le lien de confiance entre les citoyens et les institutions démocratiques municipales. La campagne dénonce principalement les interventions agressives émises sur les réseaux sociaux par certains citoyens envers leurs élus municipaux.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a publié un message sur Facebook lundi témoignant de l’intimidation à laquelle il a fait face depuis qu’il a amorcé sa carrière politique.

« Depuis mon entrée en politique, je peux compter par centaines, sinon par milliers, le nombre d’insultes, de commentaires agressifs ou de gestes méprisants dont j’ai fait l’objet. J’ai aussi reçu des menaces de mort, trois dans les deux dernières années », a écrit M. Pedneaud-Jobin.


« On veut encourager les gens à avoir des opinions divergentes, comme il est essentiel dans une démocratie, mais les débats doivent continuer de se faire dans le respect. »
Daniel Champagne

Gatineau appuie l’UMQ

Les élus de la Ville de Gatineau ont unanimement adopté mardi soir, lors de la séance du conseil, une déclaration d’engagement en appui à la campagne de sensibilisation présentée par l’UMQ. 

« Ce n’est pas pour protéger les gens, c’est protéger la démocratie. Quand on ne peut plus s’exprimer sans avoir peur de se faire insulter, on brime le droit des gens de s’exprimer. C’est à la base de la démocratie », a détaillé le maire Pedneaud-Jobin en mêlée de presse mardi.

« Il faut que les gens apprennent que ce qu’ils écrivent sur Facebook, ce n’est pas l’équivalent d’une conversation dans le salon avec son époux ou son épouse. C’est quelque chose de public et c’est un geste qui peut être condamné. »

Cependant, le maire Pedneaud-Jobin croit que, bien que cette campagne représente un pas de l’avant vers la reconnaissance de ce problème, il faudra poser plus de gestes concrets pour renverser la situation.

« Ça prend beaucoup plus qu’une campagne. Ça prend des actions, des mesures de sécurité. Quand quelqu’un exagère, il ne faut pas hésiter à alerter la police. Il faut lancer le message à ceux qui tentent de nous intimider qu’on ne se laissera pas faire. »

Le président du conseil municipal de Gatineau, Daniel Champagne

De son côté, le président du conseil municipal, Daniel Champagne, estime que le phénomène a pris de l’envergure au cours de la dernière année, en raison de la pandémie de COVID-19.

« Je constate que le phénomène a pris de l’ampleur », se désole M. Champagne. « Ça ralentit considérablement la capacité de nos actions dans les institutions et il y a une influence négative envers nous. On veut encourager les gens à avoir des opinions divergentes, comme il est essentiel dans une démocratie, mais les débats doivent continuer de se faire dans le respect. »

À quelques mois des élections municipales au Québec, cette campagne de sensibilisation revêt une importance particulière. La sortie de l’UMQ lundi a aussi comme objectif d’encourager les gens à s’impliquer davantage dans la sphère politique municipale.

« On veut aussi s’assurer qu’on incite d’autres personnes à participer à la politique active et dans un contexte comme celui-là, c’est plutôt une façon de dissuader les gens que de les encourager », indique M. Champagne.

Des élus municipaux des quatre coins du Québec ont toutefois déploré que la campagne ne traite pas de l’intimidation vécue au sein d’un même conseil municipal. M. Champagne invite les citoyens à signaler tout comportement agressif de la part des élus.

« Je suis en contact avec l’ensemble des présidents des conseils municipaux au Québec et une chose sur laquelle on s’entend, c’est que dans le cadre de la présidence de nos conseils, on s’assure que les propos soient respectueux et qu’on maintienne un décorum », défend M. Champagne.

« J’invite les citoyens à ne pas appuyer les acteurs politiques qui tiennent des propos agressifs. Je les incite à être attentifs à ce genre de comportements de la part de ceux et celles qui se présentent en campagne électorale. De toute façon, une ville ne peut pas avancer [si on se manque de respect]. »