Insolite

L’estomac d’une mouette comme un dépotoir

Verre de bouteille, gypse, papier d’emballage de restauration rapide, métal. Il ne s’agit pas du contenu d’un conteneur industriel, mais bien celui d’un estomac de mouette, étudié par une étudiante en biologie de l’Université Carleton d’Ottawa.

Sahar Seif constate avec désarroi la piètre qualité de vie de ces oiseaux marins, prélevés près de Saint-Jean de Terre-Neuve.

L’étudiante au premier cycle, qui œuvre aussi avec l’organisme Garde-rivière des Outaouais (anciennement Sentinelle Outaouais), s’inquiète, de même, de la santé de l’écosystème de la région de la capitale fédérale.

« On peut bien sûr penser que certains oiseaux sont dans des conditions semblables, dans les régions où on trouve des dépotoirs, des milieux marins, des villes », dit-elle.

Les spécimens de mouettes proviennent des environs de dépotoirs de Terre-Neuve. Ce type d’oiseau vit aussi en milieu marin.

Les photos de Sahar Seif démontrent comment l’humain peut nuire aux écosystèmes. La solution n’est pas de déployer d’immenses filets au-dessus des dépotoirs, mais bien de réfléchir à ce qu’on jette aux ordures.

« Les mouettes n’ont pas mangé que des sacs et morceaux de plastique. On voit des morceaux d’aluminium, de la corde, des matériaux de construction, et du verre ! »

Ses observations coïncident avec certaines manchettes d’actualité, sur la distribution et l’interdiction des sacs de plastique dans certaines municipalités du Québec et de l’Ontario.

« Depuis un certain temps, je m’implique au sein de Garde-Rivière des Outaouais. J’espère me rendre à la maîtrise en écologie, pour que mes expériences servent à la région d’Ottawa, à la santé de la rivière des Outaouais. Je veux en faire ma spécialité », raconte Mme Seif, quelques jours après la parution de son étude.

Parmi les 41 spécimens étudiés, la mousse synthétique représente le quart des débris retrouvés dans les estomacs. « Et on ne parle que de ces oiseaux, seulement. On constate qu’une autre proportion importante (5 %) est composée de matériaux de construction. »

L’étudiante espère, au moins, pour l’instant, frapper l’imaginaire collectif de la population outaouaise et ottavienne.

Elle a multiplié les entrevues médiatiques dans la région, et à Saint-Jean de Terre-Neuve.

Paradoxalement, l’étudiante constate que ces oiseaux, dont l’évolution en a fait des charognards opportunistes, sont résistants, pour survivre, de façon toute relative, dans de telles conditions.

Insolite

Retenir un éternuement peut être dangereux

TORONTO - Au plus fort de la saison de la grippe, les oto-rhino-laryngologistes préviennent qu’il est potentiellement dangereux d’étouffer nos éternuements, une pratique qui peut parfois provoquer des blessures.

Un cas particulièrement frappant est mentionné lundi dans l’édition en ligne du journal médical BMJ Case Report: un Britannique de 34 ans s’est infligé de graves blessures à la gorge quand il s’est bouché le nez et la bouche pour tenter d’étouffer un éternuement particulièrement vigoureux.

Souffrant, l’homme était ensuite pratiquement incapable de parler ou de manger. Les médecins qui l’ont examiné ont entendu de petits sons de son cou jusqu’à sa cage thoracique - un signe que de petites bulles d’air s’étaient infiltrées dans les tissus et les muscles de sa poitrine, écrivent des médecins des Hôpitaux universitaires de Leicester.

Le patient non-identifié a été hospitalisé pendant une semaine. On lui a ensuite déconseillé de reproduire cette «manoeuvre dangereuse» à l’avenir.

«Cette déchirure de la gorge est incroyablement inhabituelle, a dit le docteur Douglas Chepeha, un oto-rhino-laryngologiste du Réseau de santé universitaire de Toronto. Je n’ai jamais rien vu de tel pendant toute ma carrière.»

Il prévient toutefois que le fait d’étouffer un éternuement peut provoquer d’autres blessures aussi rares.

Bloquer l’expulsion de l’air par le nez et la bouche pourrait faire rapidement augmenter la pression dans les poumons, emprisonnant l’air dans la poitrine, entre les poumons - un problème appelé pneumomédiastin.

Un éternuement étouffé pourrait aussi augmenter la pression d’air dans l’oreille interne, mais le docteur Chepeha dit qu’une rupture du tympan serait plutôt rare. (C’est le même principe que lorsque vous soufflez contre votre nez bouché en avion pour rééquilibrer la pression dans vos oreilles).

Les auteurs de l’article du BMJ préviennent qu’un éternuement étouffé pourrait potentiellement provoquer la rupture d’un anévrisme inconnu au niveau du cerveau. Le corps éternue pour se débarrasser d’irritants, comme du mucus ou des allergènes, dans le nez.

L’augmentation de la pression pourrait causer une rupture des petits vaisseaux sanguins superficiels des yeux, de la tête et du cou, selon le docteur Chepeha.

«Un vaisseau sanguin pourrait se briser dans le nez et provoquer un saignement», a-t-il dit.

Même un éternuement normal est potentiellement dangereux, prévient le docteur Eric Monteiro, un oto-rhino-laryngologiste de l’hôpital torontois Mount Sinai.

«On a entendu parler de femmes âgées atteintes d’ostéoporose qui ont subi des fractures par tassement des vertèbres en éternuant», a-t-il dit.

Un joueur des Blue Jays de Toronto, Jay Kevin Pillar, s’est retrouvé sur la liste des blessés pendant dix jours en 2015, quand il s’est étiré un muscle en éternuant.

Donc, y a-t-il une bonne façon d’éternuer?

Pas vraiment, selon le docteur Monteiro, qui explique qu’un éternuement est un réflexe involontaire qui ne peut pas nécessairement être contrôlé.

«Mais je pense qu’il y a une mauvaise façon, en bouchant votre nez et votre bouche, ce qui n’est habituellement pas recommandé puisque vous interférez avec le processus naturel, dit-il. Et en faisant ça, on s’exposer à une blessure, même si elles sont rares.»

Un éternuement devrait être envoyé dans le creux du coude, pour empêcher les virus de se propager.

«Il faut évidemment se couvrir la bouche, et la meilleure façon absolue de le faire est de tousser ou d’éternuer dans votre manche», explique-t-il.

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En Indonésie, un crocodile avec un pneu autour du cou risque d’étouffer

PALU - Un crocodile marin avec un pneu autour du cou depuis plus d’un an dans un fleuve en Indonésie risque d’étouffer à mesure qu’il grandit et les autorités peinent à sauver le reptile devenu une attraction locale.

Espèce protégée, ce crocodile long de quelque quatre mètres a été aperçu régulièrement depuis fin 2016 dans le fleuve qui traverse Palu, la capitale du centre des Célèbes. Une récente vidéo tournée par un habitant de la région montre le reptile qui peine à respirer.

Des défenseurs des animaux pensent que quelqu’un a délibérément lancé ce pneu de moto autour de la tête du reptile pour essayer de le piéger et le conserver comme un animal de compagnie.

Le crocodile a été récemment aperçu en train de nager sous un pont à Palu, sous les yeux de curieux essayant de prendre des selfies avec le reptile en toile de fond, le long des berges.

«L’an passé, nous avons constaté qu’il y avait encore suffisamment d’espace pour que le crocodile puisse remuer son cou, mais nous n’allons pas attendre que le pneu étouffe l’animal», a déclaré jeudi à l’AFP le directeur de l’agence locale de protection des animaux, Haruna, qui n’a qu’un patronyme comme nombre d’Indonésiens.

Le problème, c’est que l’agence n’a pas les équipements appropriés pour sauver l’animal. Et les tentatives toutes récentes de le localiser dans le fleuve se sont révélées infructueuses.

En outre, les autorités s’opposent à l’utilisation de fléchettes tranquillisantes en vue d’approcher le reptile, redoutant qu’il ne disparaisse dans le fleuve, où se trouvent plus d’une vingtaine de crocodiles, avant que le sédatif n’agisse.

A la recherche de solutions, des membres de l’agence locale de protection des animaux ont créé un piège en fer qui sera placé au fond du fleuve lorsque le niveau de l’eau sera bas, a indiqué Haruna.

«Nous allons sans aucun doute sauver le crocodile, mais en même temps, il faut aussi que je tienne compte de la sécurité de mes hommes», a-t-il dit.

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Après 13 ans de cavale, un yakuza japonais trahi par ses tatouages

BANGKOK - Après près de 13 années comme fugitif en Thaïlande, un yakuza japonais, démasqué grâce aux photos de ses tatouages devenues virales sur le Net, a été arrêté par la police thaïlandaise.

Shigeharu Shirai, 72 ans, a été interpellé mercredi à Lopburi, petite ville du centre de la Thaïlande connue pour ses centaines de singes en liberté dans les rues.

«Le suspect a reconnu qu’il était le chef du sous-gang Yakuza Kodokai», a déclaré jeudi Wirachai Songmetta, le porte-parole de la police thaïlandaise. Ce gang fait partie de l’un des plus grands gangs de yakuza, le Yamaguchi-gumi.

Les autorités japonaises le recherchaient notamment pour son rôle dans l’assassinat d’un rival en 2003.

«Le suspect n’a pas avoué le meurtre, mais a reconnu que la victime le menaçait», a ajouté le porte-parole de la police.

Peu de temps après le meurtre, Shigeharu Shirai avait disparu et était venu se cacher en Thaïlande, où il s’est marié.

Le secret de sa cachette semblait bien gardé jusqu’à ce qu’un journal local poste la photo de cet homme frêle en train de jouer aux dames dans la rue et arborant d’immenses tatouages et un petit doigt en moins.

Partagés plus de 10.000 fois sur internet, les clichés ont attiré l’attention de la police japonaise qui a demandé à Bangkok d’enquêter.

Sans passeport ni visa, il a été officiellement arrêté pour être entré illégalement en Thaïlande et sera extradé pour faire face à des poursuites au Japon.

Quelque 70.000 Japonais vivent officiellement en Thaïlande, où les constructeurs automobiles japonais ont délocalisé nombre d’usines.

D’après la police thaïlandaise, le gangster a fait profil bas depuis son arrivée en Thaïlande, il y a 13 ans, recevant de l’argent deux ou trois fois par an de la main d’un Japonais qui lui rendait visite.

Tout comme leurs pendants italiens (la mafia) ou chinois (les triades), les yakuza vivent notamment du jeu, de la drogue et de la prostitution, mais ils se sont aussi immiscés au fil des années dans de nombreux secteurs d’activité (BTP, recyclage ou recrutement) dont ils perturbent les règles et rackettent des sociétés.

L’existence de ces clans, apparus dans le chaos du Japon d’après-guerre, est autorisée en tant que telle, bien qu’une partie de leurs activités soit interdite. D’après les sociologues, la présence des yakuza réduit la petite délinquance contrôlée par ces organisations.