Insolite

Jackpot pour «Grumpy Cat» au tribunal

LOS ANGELES — C'est l'un des chats les plus célèbres du monde et surtout de la toile grâce à sa moue perpétuellement boudeuse. Tardar Sauce, alias Grumpy Cat, (le Chat grincheux), s'est fâchée tout rouge lorsqu'une entreprise de café a placardé son minois pas content sur des produits non autorisés.

La propriétaire de la chatte, Tabatha Bundesen, qui vit en Arizona (sud des États-Unis) a obtenu 710 001 $ de dommages et intérêts de la part d'un jury dans un tribunal fédéral californien pour violation de contrat de droit à l'image, d'après un document obtenu par l'AFP mercredi.

«Nous avions demandé au jury le montant qu'ils estimaient juste. Ils sont parvenus à la bonne conclusion», a commenté l'avocat de Mme Bundesen, David Jonelis, interrogé par l'AFP.

Il a souligné notamment que la société de café Grenade Beverage avait signé un contrat pour utiliser l'image de Grumpy Cat sur un café glacé intitulé Grumppuccino et qu'ils l'ont utilisée sur du café moulu.

C'est «la première fois qu'un mème Internet remporte une victoire» au tribunal, a estimé M. Jonelis.

Une plainte déposée le 11 décembre 2015 soutenait que «le comportement méprisable des accusés a vraiment donné au chat grincheux et ses propriétaires une raison d'être vraiment fâchés».

Grenade Beverage était accusé d'avoir outrepassé un contrat d'utilisation limitée de l'image de Grumpy Cat et de sa marque datant de 2013 «en commercialisant des produits Grumpy Cat non autorisés de façon répétée».

L'image de cette chatte à l'air jamais content — mais très gentille, assure sa propriétaire — a rapporté des millions de dollars depuis la publication de ses premières photos sur la toile début 2012.

La féline aux grands yeux bleus est apparue dans de nombreuses émissions de télévision, en couverture du Wall Street Journal ou du magazine New York, et même à Broadway dans une représentation de la comédie musicale mythique Cats. Son image décore des livres d'enfants, des cartes de voeux, des T-Shirts, peluches, entre autres produits dérivés.

Et... elle a son effigie en cire au musée Madame Tussaud de Washington.

Insolite

Russie: à la recherche d’armes, la police tombe sur un crocodile dans un sous-sol

SAINT-PÉTERSBOURG — À la recherche d’une cache d’armes de contrebande, des policiers russes ont trouvé un crocodile du Nil de deux mètres qui vivait depuis 10 ans dans une cave de la banlieue de Saint-Pétersbourg, ville connue pour ses hivers glaciaux et humides.

Dans un communiqué, la police a annoncé vendredi avoir fait cette découverte lors d’une perquisition menée au domicile d’un homme de 40 ans interpellé en novembre dans une affaire de recel d’armes, à Peterhof.

Sur les rives de la mer Baltique, cette banlieue de la deuxième ville de Russie est connue pour abriter un palais impérial au parc agrémenté de fastueuses fontaines, souvent comparé à Versailles.

Avec des températures atteignant -7 degrés Celsius vendredi, Saint-Pétersbourg est connue pour son climat humide, loin de celui auquel est habitué ce reptile vivant en eau douce et pouvant dépasser quatre mètres. Les immeubles russes sont en général fortement chauffés en hiver.

Les policiers ont indiqué avoir retrouvé des munitions et publié des photos de l’animal, occupant la totalité d’une mare boueuse creusée dans une cave poussiéreuse. «Aucun incident n’a eu lieu avec le reptile», a précisé la police, ajoutant s’être adressée aux services vétérinaires pour décider que faire du crocodile.

L’animal «habite ici depuis 2005, à l’époque il était petit», a affirmé un voisin, interrogé sur la télévision locale.

Insolite

Un homme greffé du visage... pour la deuxième fois

PARIS — Il est resté un mois et demi sans visage : un homme qui avait reçu une greffe totale de la face il y a plusieurs années a dû en subir une deuxième à cause d’un rejet, cas inédit qui illustre le suivi délicat de ces opérations spectaculaires.

Initiée en 2005, cette technique aux lourdes implications éthiques comporte des risques importants de complications. Ils sont dus au phénomène de rejet et aux traitements destinés à l’éviter, qui doivent être pris à vie et abaissent les défenses de l’organisme.

Cette opération complexe a été réalisée à l’hôpital européen Georges Pompidou, à Paris, par une équipe dirigée par le professeur Laurent Lantieri, spécialiste de ces interventions.

Le 30 novembre, «la gravité du rejet» avait nécessité qu’on lui retire complètement le premier visage greffé, selon un communiqué de l’Agence de la biomédecine et de l’Assistance publique — Hôpitaux de Paris (AP-HP). Depuis, il était hospitalisé en réanimation.

Contraintes sévères

Pour la première fois au monde, cette opération «démontre dans le domaine des greffes vascularisées composites [face et main] qu’en cas de rejet chronique, une retransplantation est possible», soulignent l’Agence de la biomédecine et l’AP-HP.

Mais cette greffe est soumise à des contraintes immunologiques sévères et seul le suivi à plusieurs semaines confirmera la viabilité du greffon.

La première greffe du visage au monde, partielle, remonte à 2005 et a été réalisée par l’équipe du professeur français Bernard Devauchelle. Elle avait bénéficié à une femme de 38 ans, Isabelle Dinoire, défigurée par son chien. Cette dernière est décédée en avril 2016 d’une tumeur maligne.

Les deux premières greffes totales du visage datent de 2010, réalisées par une équipe espagnole et le professeur Lantieri.

Depuis 2005, moins de 40 greffes du visage ont été réalisées dans le monde.

«La possibilité de rejet, qui existe pour toutes les greffes, est à priori plus importante» pour celles du visage et des mains, explique à l’AFP le professeur Olivier Bastien, de l’Agence de la biomédecine.

Ce type de greffes concerne en effet «les structures profondes de la peau, qui attirent beaucoup les lymphocytes». Ces globules blancs s’attaquent aux tissus greffés, considérés comme un corps étranger.

Lorsqu’ils ne sont plus contrôlables par les traitements, les phénomènes de rejet chronique peuvent entraîner la destruction de l’organe greffé.

Repousse des nerfs

En outre, les traitements anti-rejet ont des effets secondaires: diabète, insuffisance rénale, hypertension artérielle, ostéoporose...

Et comme les greffés du coeur ou du rein, les patients transplantés de la face, fragilisés par les traitements anti-rejet, sont plus vulnérables aux risques d’infections et de cancers.

Ce type de greffes reste rare car il concerne des cas exceptionnels pour qui la chirurgie réparatrice classique ne suffit pas, souligne le professeur Bastien.
«Ce n’est pas une greffe uniquement esthétique», ajoute-t-il. «Elle a vocation à restaurer la mastication, la salivation, et nécessite le repousse des nerfs qui permettent de commander ces actions. Toute la partie rééducation est très longue.»

En dévoilant ce cas sans toutefois donner l’identité du patient, l’Agence de la biomédecine et l’AP-HP ont partiellement confirmé des informations de l’hebdomadaire Ebdo paru vendredi.

«L’Agence de la biomédecine et l’AP-HP déplorent que le principe de l’anonymat n’ait pas été respecté. L’application stricte de ce principe est indispensable au respect du donneur et de sa famille dont le deuil doit être protégé», écrivent-elles.

Les deux institutions ajoutent qu’elles n’avaient pas l’intention de rendre cette greffe publique «avant un délai de plusieurs jours, permettant d’avoir davantage d’éléments sur les suites à plus long terme de l’intervention et sur l’état de santé du patient.»

Insolite

Une éléphante nommée Sophie Grégoire Trudeau au Kenya

OTTAWA - Sophie Grégoire Trudeau se retrouve aux côtés de grandes pointures ces jours-ci - notamment Michelle Obama et Martha Washington. Elle mange des fruits et l’écorce des arbres, et passe la majeure partie de son temps à prendre soin de son enfant de neuf mois. Elle ne fait toutefois pas de yoga.

Il ne s’agit pas - comme vous l’avez peut-être deviné - de l’épouse du premier ministre Justin Trudeau.

Il est plutôt question d’une éléphante, vivant dans le parc national Samburu au Kenya, à qui on a donné ce nom à saveur politique après la naissance de son premier enfant - dans le cadre d’une tradition de l’organisation Save the Elephants de décerner des noms aux éléphantes dans le parc après qu’elles ont enfanté.

George Wittemyer, président du conseil scientifique de Save The Elephants, a indiqué que les animaux étaient nommés selon des thèmes de leurs unités familiales. Ainsi, Sophie Grégoire Trudeau fait partie du groupe des «premières dames». Sa mère est Rosalynn Carter, nommée en référence à l’épouse de Jimmy Carter. Elle a des cousines portant les noms de Michelle Obama et Mary Todd Lincoln. Martha Washington est la matriarche du groupe entier.

Il s’agit de la première éléphante dans le troupeau à être nommée en référence à l’épouse d’un premier ministre du Canada.

La décision a été prise en mai dernier, peu après la naissance du bébé, parce qu’une équipe de l’émission «The Nature of Things» du réseau anglais de Radio-Canada se trouvait au Kenya pour tourner un documentaire sur le comportement matriarcal d’animaux comme les éléphants, les lions et les babouins.

Puisque des Canadiens se trouvaient sur les lieux à ce moment, le nom de Sophie Grégoire Trudeau semblait un choix évident, a dit M. Wittemyer. Le documentaire est diffusé en fin de semaine.

M. Wittemyer espère que toute attention que ces éléphantes pourraient susciter aidera à rappeler le fait que l’espèce continue de faire face à un risque important d’extinction.

«C’est une espèce incroyable. Nous partageons la planète avec elle et nous devons trouver les moyens de le faire, et retirer ses dents pour les mettre sur votre manteau n’est pas acceptable», a-t-il fait valoir.

Le commerce de l’ivoire a entraîné la perte de la moitié de la population d’éléphants en Afrique dans les années 1980, amenant les Nations unies à interdire les ventes d’ivoire à l’international en 1990. Bien que l’impact ait été immédiatement positif, plusieurs pays ont tenté de faire lever l’interdiction sur leur territoire, et d’autres pays ont poursuivi le commerce intérieur de l’ivoire, notamment le Canada.

Le Canada ne l’interdira pas en raison du marché de l’ivoire pour les défenses de morse et de narval vendues par les Inuits. Néanmoins, il peut être difficile de faire la différence entre l’ivoire d’éléphant et l’ivoire d’autres animaux, facilitant le passage de produits illégaux dans le commerce licite. Le marché noir a perduré; la population mondiale d’éléphants a décliné de 62 pour cent entre 2002 et 2012, largement en raison du braconnage.

La bonne nouvelle est que la Chine, jusqu’à tout récemment le principal marché pour l’ivoire, a interdit complètement les ventes d’ivoire depuis le 1er janvier.

Tout de même, le braconnage continue. Selon certaines informations, 24 éléphants ont été tués au Mozambique en une seule semaine à la fin décembre et le commerce de l’ivoire croît dans d’autres régions du monde, contrebalançant l’impact de l’interdiction en Chine.

Sophie Grégoire Trudeau - l’être humain - a été mise au fait de la désignation de l’éléphante l’an dernier. Elle n’était pas disponible pour une entrevue et n’avait pas de commentaire à faire.