Les premiers clients ont attendu jusqu’à deux heures avant d’avoir la chance d’acheter des objets comme des bandeaux de quai, des sièges de métro et des boîtes de perception dans le cadre d’une vente-débarras organisée par la STM.

Les Montréalais font la queue pour acheter un morceau du métro

MONTRÉAL — Pour plusieurs Montréalais, le son des pièces de monnaie qui tombent dans la boîte de perception des autobus ou la vue d’un vieux wagon de métro blanc et bleu évoque le souvenir des heures passées dans le système de transport en commun de la métropole.

Et dimanche, des centaines d’amoureux du rétro et de passionnés d’histoire ont fait la file à l’extérieur du garage de la Société de transport de Montréal (STM), sis au coin des rues Bellechasse et Saint-Denis, afin de rapporter chez eux un morceau du métro.

Les premiers clients ont attendu jusqu’à deux heures avant d’avoir la chance d’acheter des objets comme des bandeaux de quai, des sièges de métro et des boîtes de perception dans le cadre d’une vente-débarras organisée par la STM.

Josh Arless s’est présenté assez tôt pour mettre la main sur un bandeau de quai de la station Laurier et sur une vieille boîte de perception.

Il a affirmé que beaucoup de Montréalais étaient attachés à leur système de transport en commun étant donné le rôle important que ce dernier a joué dans l’histoire de la ville et continue de jouer dans la vie quotidienne des résidants de la cité.

« Lorsqu’on pense aux moments historiques importants à Montréal, on pense à l’ouverture du métro pour l’Expo 67 et, 10 ans plus tard, aux Olympiques, a-t-il déclaré. Le métro, on a ça dans le sang, les Montréalais. Les gens veulent vivre cette expérience encore et encore ou, du moins, en posséder un morceau. »

Un autre client, Loic Rozon, a décidé d’acheter quelque chose de plus inusité : une porte de wagon.

« On ne sait pas encore ce qu’on va en faire, peut-être la transformer en table ou l’accrocher au mur », a indiqué le jeune homme alors qu’il s’affairait avec un ami à traîner le lourd objet vers la caisse.

La STM a décidé de procéder à cette vente en prévision du déménagement de sa flotte d’autobus dans un nouveau garage.

Le garage Bellechasse, où s’est déroulé l’événement, abrite les autobus montréalais depuis 1941 et sera démoli l’année prochaine.

Les prix des objets proposés variaient entre 10 $ pour une pancarte d’arrêt d’autobus et 500 $ pour une grande affiche représentant le logo de la STM. Les profits de la vente seront remis à des œuvres de charité.

La plupart des objets, dont les bandeaux de quai et les boîtes de perception, étaient offerts à des prix allant de 40 à 100 $.

La file d’attente comptait plusieurs centaines de personnes et faisait le tour du bloc jusqu’à la rue suivante.

« Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça, s’est émerveillée Miriam Roy, qui était accompagnée de son mari. C’est plus gros qu’une vente de Rudsak ! »

Mme Roy a expliqué que son conjoint et elle étaient venus dans l’espoir d’acheter « un petit souvenir de notre quartier ».

S’il n’a pas réussi à trouver un bandeau de quai de sa station, Atwater, le couple est tout de même reparti avec une pancarte du Vieux-Montréal qu’il pourra exposer dans son salon.

Le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, a révélé que la société s’attendait à une foule nombreuse, mais que ses prévisions avaient été dépassées.

M. Schnobb a indiqué que ceux qui avaient raté la vente de dimanche auraient éventuellement l’occasion de se reprendre puisque plusieurs stations de métro sont présentement en train d’être rénovées et que les objets retirés durant les travaux seraient sans doute vendus « dans deux ou trois ans ».