Actualités

Compagnie torontoise cherche testeurs de cannabis ; salaire 50 $/h

OTTAWA - Recherche «amateurs» de cannabis pour tester de nouvelles souches, bon salaire: cette petite annonce d’une société de marketing de Toronto, au Canada, a provoqué plusieurs centaines de candidatures en quelques jours et un début de «panique» chez ses recruteurs.

À un mois de la légalisation du cannabis récréatif au Canada, l’offre d’emploi à temps partiel de la société AHLOT n’est pas passée inaperçue: elle propose à six «amateurs» d’être payés 50 dollars (33 euros) de l’heure, avec un maximum de 12 heures par mois, pour tester de nouvelles variétés de marijuana.

Le résultat ne s’est pas fait attendre: en quelques jours, ALHOT a reçu plus de 500 candidatures, ce qui a provoqué une «légère panique» au sein de la société, a-t-elle commenté sur Twitter.

Quelques conditions sont requises pour postuler: vivre au Canada, être majeur, et si possible avoir «un intérêt affirmé pour le cannabis ainsi que la capacité de distinguer les nuances parfois subtiles entre les différentes variétés» de cette drogue douce.

Les six futures recrues formeront un «comité de sélection» qui devra «évaluer ce que les producteurs canadiens ont de mieux à offrir». La société travaille pour un producteur agréé, Solace Health, dont elle est chargée de promouvoir et distribuer la production.

Les futurs testeurs devront également être actifs sur les réseaux sociaux et participer à des vidéos promotionnelles pour la société.

Le directeur général de la société, Greg Pantelic, a expliqué dans un communiqué qu’avec la légalisation prochaine du cannabis au Canada, le 17 octobre, «les Canadiens (allaient) être submergés par un tsunami» de variétés.

«Non seulement il sera difficile de faire la différence entre les centaines de nouvelles marques sur le marché, mais il sera aussi extrêmement compliqué pour les consommateurs de déterminer quelles souches leur correspondent», a-t-il ajouté.

Insolite

Mystère des fraises piégées en Australie: Woolworths ne vend plus d’aiguilles

SYDNEY - La chaîne de supermarchés Woolworths a retiré les aiguilles à coudre de ses rayonnages en Australie, en raison de la psychose générée sur l’île-continent par la découverte de tels objets dans des fraises et d’autres fruits.

La police affirme qu’on lui a signalé plus d’une centaine d’incidents impliquant des épingles ou des aiguilles dans des fruits dans tout le pays, après de premiers cas dans l’État du Queensland, dans le nord-est du pays. Un homme avait été hospitalisé la semaine dernière après avoir mangé un fruit «piégé».

La plupart des incidents signalés à la police ne sont vraisemblablement que des blagues postées sur les réseaux sociaux. Et deux mineurs ont déjà été interrogés par les policiers pour ce genre de farce.

La chaîne Woolworths a annoncé qu’elle avait pris «la mesure de précaution» de retirer temporairement les aiguilles de ses rayonnages, alors que la police n’a toujours pas identifié qui avait le premier planté des aiguilles dans des fraises.

«La sécurité de nos consommateurs est notre première priorité», a déclaré la chaîne de supermarchés, sans donner plus de précisions.

L’affaire a pris une ampleur nouvelle avec l’intervention du premier ministre Scott Morrison lui-même qui a appelé les Australiens à confectionner des gâteaux à la fraise pour aider les maraîchers en détresse.

«On ne rigole pas», a déclaré mercredi M. Morrison dans un discours télévisé.

«Ce n’est pas acceptable, ce n’est pas du tout acceptable dans ce pays», a-t-il ajouté, en qualifiant de «lâche» celui qui aurait planté les aiguilles.

Son gouvernement a obtenu jeudi que le Parlement durcisse la loi, en rendant le «piégeage» de fruits passible de 15 ans de prison.

Les hommes politiques de tout bord y vont de leurs efforts pour soutenir les producteurs devant les caméras, en se filmant en train de cueillir ou de manger des fraises.

Ainsi le leader de l’opposition travailliste Bill Shorten a-t-il enjoint ses compatriotes d’acheter «une barquette pour vous, une barquette pour la Nation».

M. Morrison, lui, a même partagé une recette de pavlova - dessert à base de meringue - de son épouse en la présentant comme «la meilleure pavlova que j’ai mangée».

Insolite

Blouson en ananas et baskets en bouteilles recyclées: la mode écoresponsable cartonne

VILLEPINTE - Les feuilles d’ananas servent désormais à fabriquer sacs et blousons. Le cuir est tanné avec un agent naturel issu des oliviers méditerranéens. Des bouteilles en plastique sont recyclées en semelles de baskets qui se vendent à un million d’exemplaires: marginale il y a quelques années, la mode écoresponsable cartonne, tirée par des jeunes créateurs et grandes marques de luxe.

«Cela a totalement changé ces dernières années. On avait il y a cinq ans une image très passéiste, un petit peu baba cool du vêtement» durable, analyse Marina Coutelan, cheffe de projet mode de Première vision, salon parisien de l’amont de la filière mode, qui se tient les 19-21 septembre à Villepinte, près de Paris, et qui offre cette année un espace consacré aux innovations écoresponsables.

Affaires

ALENA: les États-Unis jettent du lest

WASHINGTON - Les États-Unis ont renoncé à leurs demandes controversées d’inclure des clauses «Buy American» pour les lucratifs marchés publics dans le cadre de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), a appris La Presse canadienne.

Le Mexique et le Canada se félicitent chacun de leur fermeté face au plan des États-Unis, qui aurait limité la capacité de leur pays respectif à soumissionner pour de précieux projets d’infrastructure du gouvernement américain.

Plusieurs sources, qui se sont exprimées sous le couvert de l’anonymat, ont cité les revendications concurrentes des deux pays comme un exemple de l’animosité qui a surgi entre le Canada et le Mexique depuis que le gouvernement mexicain a conclu sa propre entente de principe sur l’ALENA avec l’administration Trump le mois dernier.

Le Canada et les États-Unis tentent de renégocier leur partie du pacte commercial entre les trois pays, mais les principaux points de blocage tels que les produits laitiers, le règlement des différends et la culture demeurent.

Le Canada a reconnu que le Mexique avait fait des concessions importantes dans son accord avec les États-Unis sur les automobiles et avait permis des augmentations salariales importantes pour les travailleurs de l’automobile mexicains.

Mais des sources affirment que le Mexique a pesé le plus lourd dans la balance pour amener les Américains à renoncer à leur souhait de limiter la capacité des entreprises canadiennes et mexicaines à soumissionner pour des projets d’infrastructure américains, tout en favorisant un meilleur accès des entreprises américaines aux marchés publics canadiens et mexicains.

Le premier ministre Justin Trudeau a fait savoir mercredi à Ottawa que le Canada en voulait plus de ses partenaires de négociation avant de signer un nouvel ALENA.

Il a estimé que le gouvernement avait exprimé très clairement son intérêt pour ce qui pourrait être une bonne affaire pour le Canada, mais qu’un certain nombre de choses devraient bouger avant d’y arriver. Le premier ministre canadien a dit espérer voir cette progression.

Freeland de retour à Washington

De son côté, la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland était de nouveau à Washington mercredi pour poursuivre les discussions sur l’ALENA.

Mme Freeland est arrivée dans la capitale américaine mardi, alors qu’un des principaux alliés du président Donald Trump au sein du Congrès indiquait clairement que certains législateurs américains commencent à en avoir assez de ce qu’ils considèrent être l’intransigeance du Canada.

Le représentant Steve Scalise, un républicain de la Louisiane, a mis en garde contre une «frustration croissante» face à ce qu’il a appelé «les tactiques de négociations» du Canada.

Des observateurs précisent que le Congrès souhaite que le Canada fasse partie d’un accord commercial tripartite, mais pas nécessairement au prix de l’entente préliminaire conclue avec le Mexique. Cette entente doit être approuvée par le Congrès avant le 1er décembre, puisque le nouveau gouvernement mexicain qui prendra le pouvoir à cette date a exprimé certaines réserves à son égard.

Le Canada, pendant ce temps, résiste aux échéanciers que tente de lui imposer l’administration Trump pour en venir à une entente - tout d’abord la fin août, puis maintenant la fin septembre.

Tandis que le Canada préconisait une formulation de l’ALENA visant à renforcer la protection du travail et l’égalité entre les sexes, les négociations d’ensemble auraient bloqué en raison de l’insistance du Canada pour que l’accord prévoie un mécanisme indépendant de règlement des différends.

Justin Trudeau a également promis de protéger le système canadien de gestion de l’offre des produits laitiers et de la volaille contre les demandes américaines visant à accroître l’accès de ses agriculteurs au marché laitier canadien. Selon des sources proches des discussions, le Canada aurait offert des concessions limitées sur l’accès au marché, tout en protégeant le système lui-même.Il a estimé que le gouvernement avait exprimé très clairement son intérêt pour ce qui pourrait être une bonne affaire pour le Canada, mais qu’un certain nombre de choses devraient bouger avant d’y arriver.

Gardez votre calme...

Par ailleurs, des photos, publiées sur Twitter et prises à l’aéroport d’Ottawa mardi soir, montre la chef de la diplomatie arborant ce T-shirt alors qu’elle va prendre son avion pour Washington.

«C’est un cadeau de ses enfants! Elle le porte tout le temps», a confirmé son porte-parole Adam Austen, joint par l’AFP.

Le message, «Keep Calm and Negotiate NAFTA», est un énième détournement humoristique d’un slogan placardé sur des affiches par le gouvernement britannique en 1939, «Keep calm and carry on», («Gardez votre calme et continuez») pour préparer la population à d’éventuelles attaques aériennes allemandes au début de la Seconde guerre mondiale.

Les médias canadiens ont immédiatement vu dans ce T-shirt un message subliminal: le Canada n’est pas prêt à céder aux pressions de l’administration Trump.

Mercredi matin, peu avant la reprise des négociations avec le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer, prévues en fin de matinée, Mme Freeland arborait une tenue plus classique: robe noire et collier de perles.

La renégociation pour moderniser l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui lie depuis 1994 les économies américaine, canadienne et mexicaine, a été imposée en août 2017 par le président américain Donald Trump, qui considère ce traité comme «le pire» de l’histoire pour avoir détruit des emplois américains, notamment dans le secteur automobile.

Les discussions entre Ottawa et Washington achoppent notamment sur la protection du secteur laitier canadien et sur le dispositif de règlement des litiges commerciaux (dit chapitre 19), tous deux remis en question par l’administration Trump.

Insolite

Les chevaliers de la tripe, confrérie vouée au culte de l’estomac des ruminants

BAGNOLES-DE-L’ORNE — C’est une fraternité pas comme les autres qui se réunit un samedi matin de septembre dans la campagne normande pour une cérémonie initiatique, dans un décorum de temps anciens, à mi-chemin entre pièce de Shakespeare et rite druidique.

Mais la joyeuse troupe en robes colorées et chapeaux, arborant de larges médailles autour du cou et rassemblée autour d’une marmite vernie à Bagnoles-de-l’Orne en Normandie, est composée des doyens et doyennes d’une confrérie bien française, dédiée à la promotion des délices gastronomiques des tripes - les quatre parties de l’estomac des ruminants.

À l’occasion de cette assemblée annuelle de la Confrérie gastronomique de la Tripière fertoise, Arlette Allix et son époux Christian jurent de se faire les ambassadeurs de la tripe, et notamment d’une spécialité, la brochette de tripes de Ferté-Macé, la ville voisine.

Main droite sur le chaudron, ils promettent d’être à la hauteur de la tradition normande du «bien manger et bien boire».

Le «grand maître» les adoube alors d’un petit coup d’os sur l’épaule et leur remet leurs insignes rouge et vert ainsi que des médailles frappées d’une marmite et de tripes embrochées.

Sept émissaires d’autres confréries sont, eux, faits membres d’honneur de la vénérable fraternité de la tripe de Ferté-Macé, avant une parade à travers la ville et un repas de cinq plats dans un restaurant étoilé au Michelin dont, bien sûr, un plat de tripes fumantes.

Insolite

Kilo, ampère, kelvin... Petite révolution à venir dans les unités de mesure

PARIS — Un kilo, vraiment un kilo, au microgramme au près. Pour plus de fiabilité, des unités de mesure (kilo, ampère, kelvin, mole) vont être redéfinies, une nécessité dans un monde où les nouvelles technologies exigent de plus en plus de précision.

Un kilo, aujourd’hui, est défini comme étant égal à la masse du «grand K», un cylindre de platine et d’iridium conservé précieusement depuis 1889 au bureau international des poids et mesures (BIPM) à Sèvres, près de Paris.

Comme on ne peut pas étalonner toutes les balances du monde en région parisienne, des copies de cet étalon ont été fabriquées. Et c’est là que le bât blesse.

Car même si le prototype et les copies ont été fabriqués à la même époque et de la même façon, puis conservés dans les mêmes conditions, ils maigrissent ou grossissent très légèrement au fil des ans, indépendamment les uns des autres, sans que l’on sache vraiment pourquoi.

«Si on fait une moyenne de la masse des copies, on constate qu’elle a bougé de 35 microgrammes», expliquait François Nez, directeur de recherche au CNRS, à l’occasion d’une récente présentation à la presse de ces changements.

Cette variation est évidemment anecdotique pour le commun des mortels quand il s’agit de faire son marché. Mais peut devenir problématique: les sciences et l’industrie sont entrées dans l’ère de l’infiniment petit avec notamment le développement des technologies quantiques.

Atome par atome

Dans l’univers des matériaux, de l’électronique ou de la médecine, on cherche maintenant à manipuler la matière, atome par atome (un atome est 500.000 fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu).

Après 10 ans de réflexion, les chercheurs ont donc décidé de remplacer le «grand K». A partir de mai 2019, le kilogramme ne devrait plus être défini à partir d’un objet matériel unique mais en fonction d’une constante fondamentale.

L’ampère (unité de courant électrique), la mole (unité de quantité de matière) et le kelvin (unité de température) seront eux aussi rattachés à des constantes fondamentales, ces valeurs déterminées en observant le monde telles que la vitesse de la lumière, la masse et la charge de l’électron... Des mesures rendues possibles grâce aux avancées de la science.

Le mètre avait déjà subi le même sort. Son étalon, également conservé à Sèvres, avait été détrôné au profit de la vitesse de la lumière, ou plus précisément de la distance qu’elle parcourt en une infime fraction de seconde.

«Les unités restent toujours les mêmes, on va toujours parler en kilogramme, en mètre, en seconde ... mais leurs définitions changent», résume François Nez.

Adoption en novembre

Cette petite révolution scientifique doit être actée lors de la 26e réunion de la Conférence générale des poids et mesures (CGPM) qui se tiendra du 13 au 16  novembre à Versailles.

Cette conférence, créée à la fin du XIXe siècle, se réunit tous les 4 à 6 ans pour débattre et éventuellement modifier le Système international (SI) uniformisant les unités à l’échelle mondiale.

Des représentants de la soixantaine d’États membres adopteront les nouvelles définitions pour une application en mai.

Le kilogramme sera formulé à partir de la constante de Planck (h), le seuil d’énergie minimum que l’on puisse mesurer sur une particule. Le kelvin, mesuré à partir de l’eau, sera redéfini à partir de la constante de Boltzmann (k), liée à la mesure de l’agitation thermique des constituants fondamentaux d’un corps.

L’ampère, enfin, sera relié à la charge élémentaire (e), la charge électrique d’un proton. La mole, l’unité de quantité de matière, utilisée essentiellement en chimie sera définie directement en fixant la constante d’Avogadro (NA).

«Il faut s’assurer que toutes les mesures que l’on fait, quel que soit le pays et quel que soit l’instant, soient cohérentes les unes avec les autres, c’est un enjeu sociétal, économique et commercial», rappelle Noël Dimarcq, directeur de recherches au CNRS.

Les enjeux de ces changements feront l’objet d’un colloque organisé au siège du CNRS les 18 et 19 octobre.

Insolite

Calculs rénaux et montagnes russes, singes imitant l'homme au menu des anti-Nobel 2018

NEW YORK - Qui, des chimpanzés ou des hommes, imitent le plus l'autre lors des visites au zoo? Les montagnes russes peuvent-elles aider à éliminer des calculs rénaux? La cuvée 2018 des prix "anti-Nobel" a à nouveau récompensé jeudi des recherches saugrenues, lors d'une cérémonie à Harvard.

Biologie, économie, médecine, littérature, paix...Les 10 catégories de ces Ig Nobel, surnommés les "anti-Nobel", se veulent le pendant des vraies.

Insolite

Les prix Ig Nobel 2018 aux poupées vaudou et au cannibalisme

BOSTON — Quiconque a déjà été si furieux contre son patron qu’il a eu envie de se venger aurait vraiment intérêt à écouter Lindie Liang.

Mme Liang et ses collègues ont constaté que le fait de maltraiter une poupée vaudou virtuelle au lieu de votre patron vous fera sentir mieux, tout en vous évitant d’être renvoyé ou jeté en prison — une étude qui leur a valu un prix Ig Nobel 2018, les honneurs décernés annuellement par le magazine scientifique humoristique Annals of Improbable Research pour la découverte scientifique comique, mais pratique.

Parmi les autres lauréats: un médecin japonais qui a mis au point une nouvelle méthode révolutionnaire pour auto-effectuer une coloscopie; un professeur d’archéologie britannique qui a déterminé que la chair humaine n’est pas très nutritive; une équipe australienne qui a constaté que les personnes qui achètent des produits de haute technologie n’ont vraiment aucun intérêt pour le manuel d’instructions; et des chercheurs universitaires espagnols qui ont mesuré les effets des cris et des injures au volant.

Les prix décernés lors de la 28e cérémonie annuelle à l’Université de Harvard ont été remis par de vrais lauréats du prix Nobel. L’événement comprenait le traditionnel raid aérien des avions de papier et la première de The Broken Heart Opera, présenté avec l’aide des cardiologues de la faculté de médecine de Harvard.

Les gagnants, qui comme à leur habitude se sont rendus au Massachusetts à leurs frais, ont également reçu un prix en espèces de 10 000 milliards de dollars zimbabwéens, ce qui n’a pratiquement aucune valeur. Chacun a eu 60 secondes pour prononcer un discours d’acceptation avant qu’une fillette de huit ans ne monte sur scène pour les interrompre: «S’il vous plaît, arrêtez. Vous m’ennuyez».

Mme Liang, une professeure adjointe d’affaires à l’Université Wilfrid Laurier de Waterloo, en Ontario, est une spécialiste de l’agressivité en milieu de travail.

«Nous voulions comprendre pourquoi les subalternes ripostent quand c’est mauvais pour eux, a-t-elle déclaré. Nous savons tous que crier à notre patron est mauvais pour votre carrière. Alors, quelle est la fonction des représailles? Pourquoi les gens continuent-ils à le faire?»

De toute évidence, Mme Liang ne pouvait pas demander aux gens de donner une raclée à leurs patrons. Au lieu de cela, on leur a montré une poupée vaudou en ligne avec les initiales de leur superviseur. Ils ont alors eu la possibilité de maltraiter la poupée virtuelle avec des épingles, des pinces ou du feu.

Le plus important: les gens se sentaient mieux après avoir tabassé la poupée ou, comme Mme Liang l’a dit, «leurs perceptions d’injustice sont désactivées».

Pourtant, elle n’approuverait pas d’un milieu de travail encombré de poupées vaudou pour permettre aux gens de se défouler. Commençons plutôt par créer des milieux de travail plus polis et plus respectueux, dit-elle.

Étude sur le cannibalisme récompensée

James Cole, un professeur d’archéologie à l’université britannique de Brighton, a mérité son prix Ig Nobel pour une étude sur le cannibalisme qui a révélé que manger de la chair humaine n’est probablement pas la solution si l’on veut un repas riche en calories.

Le cannibalisme est assez courant dans l’histoire de l’humanité, a-t-il expliqué, et le consensus parmi les chercheurs est que les humains mangent d’autres humains principalement pour des raisons nutritionnelles. M. Cole a constaté que la valeur calorique des humains n’est pas très élevée comparée à celle des autres animaux que nous savons que nos ancêtres ont chassés et mangés.

«Nous ne sommes pas super nutritifs», a-t-il déclaré.

Comment M. Cole a-t-il déterminé la valeur calorique d’un humain? Ne vous inquiétez pas. Aucun humain n’a été dévoré pour son étude — il a utilisé une formule préalablement déterminée qui fonde le nombre de calories des parties du corps sur le poids et la composition chimique.

Le docteur Akira Horiuchi, un pédiatre à l’Hôpital général Showa Inan de Komagane, au Japon, a été récompensé pour son étude d’autocoloscopie au cours de laquelle il utilisait un coloscope conçu pour les enfants, assis en position allongée.

Le docteur Horiuchi ne recommande pas que vous vous donniez une coloscopie dans le confort de votre foyer. Il a expliqué par courriel que de nombreuses personnes avaient peur de la coloscopie et il voulait simplement démontrer à quel point cela pouvait être facile.

«Si les gens regardent une vidéo de mon autocoloscopie, ils pensent que la coloscopie est simple et facile», a-t-il dit.

Les gens peuvent rire des gagnants, mais le docteur Horiuchi a indiqué que gagner un prix Ig Nobel attire l’attention sur des études comme la sienne qui pourraient autrement être passées sous silence.

L’incidence et le taux de mortalité du cancer colorectal au Japon augmentent, a-t-il ajouté. Si son travail rend quelqu’un plus ouvert à subir une coloscopie, raisonne-t-il, peut-être qu’il sauvera des vies.

Insolite

La plus ancienne brasserie du monde découverte en Israël?

JÉRUSALEM - Des archéologues ont découvert en Israël ce qu’ils croient être le plus ancien site de production d’alcool du monde, en l’occurrence une boisson proche de la bière qui pourrait avoir servie lors de cérémonies il y a environ 13.000 ans.

Le site se trouve dans la caverne de Raqefet au sud de Haïfa (nord d’Israël) qui servait de lieu de sépulture pour les hommes et les femmes du Natoufien (12.500 - 10.000 av. J.-C.), caractérisé par le début de la sédentarisation.

«Si nous ne nous trompons pas, nous avons affaire au plus ancien témoignage de production d’alcool de quelque type que ce soit au monde», a indiqué à l’AFP Dani Nadel, professeur d’archéologie de l’université de Haïfa et l’un des auteurs d’un article sur le sujet publié dans la revue «Journal of Archaeological Science: Reports».

«Nous savons ce que les Natoufiens faisaient dans cette grotte. Ils y enterraient certains de leurs morts sur une plate-forme recouverte de fleurs et de plantes, et fabriquaient apparemment un liquide ressemblant à de la soupe, en fait une boisson alcoolisée», dit-il.

La boisson produite était «différente de la bière actuelle», beaucoup moins forte en alcool, mais fermentée, dit-il.

Trois petits creusets de 40 à 60 centimètres de profondeur ont été mis au jour, percés à même la surface rocheuse de la grotte.

Deux des creusets servaient à stocker le grain, le troisième à le faire fermenter, dit l’étude nouvellement publiée.

L’endroit où se trouvent les creusets suggère que la production du breuvage était «apparemment liée à des cérémonies ou d’autres formes d’activités sociales», dit Dani Nadel.

Selon l’article, publié avec des chercheurs de l’université américaine de Standford, ces innovations étaient «antérieures de plusieurs millénaires au début de la culture domestique de céréales au Proche-Orient».

Les Natoufiens font le lien entre le paléolithique et le néolithique et le passage du mode de vie des chasseurs-cueilleurs à celui des agriculteurs sédentarisés en Méditerranée orientale.

Ils étaient «les derniers de la région à vivre de façon différente des habitants des villages que nous sont familiers», dit Dani Nadel.

Les efforts déployés pour produire de d’alcool sont indicatifs de l’importance que revêtait cette boisson dans leur culture, dit-il.

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Insolite

Un collectionneur de monnaies (et de poulets) fait le tour du monde sans voyager

PAVLOVCI — En 36 ans de quête, Zoran Milosevic a réuni les monnaies du monde entier. Ou presque: il manque des dollars des îles Salomon à ce numismate serbe pour finir d’enfermer la planète dans sa vitrine.

Dans sa maison du village de Pavlovci de la plaine de Voïvodine (nord de la Serbie), ce serrurier de profession affirme avoir réussi à collecter 194 monnaies, juste par le bouche-à-oreille, sans jamais se servir d’internet: il redoute les escrocs qui guettent les numismates passionnés.

Il a entamé sa collection à l’adolescence quand un ami lui a offert quelques billets en guise de souvenirs.

Selon Zoran, il dispose désormais de quasiment toutes les monnaies en circulation dans le monde, plus certaines qui ne le sont plus, comme le franc français.

Le tout sans voyager, puisque dans sa vie, Zoran n’est allé qu’en Allemagne, en Autriche et dans les pays composant l’ex-Yougoslavie.

Après la désintégration de l’Union soviétique, il a fallu quinze ans à ce quinquagénaire pour réunir les monnaies de tous les pays qui en sont issus. La dernière devise reçue est le kyat birman.

Mais il lui en manque une pour boucler un tour du monde sans quitter sa masure: des dollars des îles Salomon, un archipel du Pacifique au large de l’Australie, à 15.000 kilomètres de la Serbie.

Son objectif, explique-t-il, est de «démontrer à quel point le monde est petit puisqu’on peut l’enfermer dans une boîte d’1,5 m2, mais aussi immense» et de «prouver ce que peut faire la persévérance humaine».

Il ne veut pas dire comment il compte se procurer cet ultime billet qui complétera sa collection. Car l’univers des numismates est impitoyable: s’ils parviennent à se procurer le billet avant lui, «ils feront du chantage et me demanderont des monnaies de 50 pays en échange...»

Zoran a une autre passion: les poulets. Il en possède environ 50 espèces différentes.