«Depuis septembre, les demandes d’aide alimentaire ont augmenté de 35 %», souligne Moisson Outaouais.
«Depuis septembre, les demandes d’aide alimentaire ont augmenté de 35 %», souligne Moisson Outaouais.

Insécurité alimentaire : les demandes de nourriture en hausse en raison de la COVID-19

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
Les organismes qui aident à nourrir les moins nantis des deux côtés de la rivière des Outaouais sont débordés. La pandémie de COVID-19 provoque des pertes d’emplois, ce qui engendre une hausse marquée de la clientèle.

Dans un mois habituel, Moisson Outaouais aide autour de 12 000 personnes. Le printemps dernier, en raison de la pandémie, jusqu’à 16 000 personnes ont utilisé ses services d’aide alimentaire.

«Depuis septembre, les demandes d’aide alimentaire ont augmenté de 35 %», souligne Moisson Outaouais qui lance jeudi sa campagne de financement du temps des Fêtes appelée Lettre de Noël.

Dans la capitale, la Mission Ottawa a mis sur la route au mois de septembre un camion afin de distribuer des repas aux quatre coins de la ville. La tournée du camion qui a été prêté par Pelican Seafood Market and Grill a commencé avec cinq arrêts, livrant une centaine de repas à chaque stop. L’organisme a indiqué mardi que le camion s’arrête maintenant à 13 endroits et remet aux personnes dans le besoin plus de 2000 repas par semaine.

L’an dernier, la Mission d’Ottawa a servi plus de 1400 repas par jour. Avec l’ajout du camion, ce sont plus de 2000 repas qui sont servis quotidiennement auprès de la clientèle. L’organisme de la capitale canadienne s’attend à ce que le nombre total de repas qu’il donne cette année, grâce à l’aide de ses partenaires et de ses commanditaires, dépasse les 600 000.

«J’ai personnellement vu des gens qui utilisent notre programme de repas être tellement affamés qu’ils déchirent le sac aussitôt qu’ils le reçoivent. Nous avons besoin de solutions pour l’insécurité alimentaire dans notre communauté», a indiqué le chef Ric Allen-Watson, directeur du service alimentaire à la Mission d’Ottawa, organisme qui demande aux gouvernements de faire leur part pour réduire l’insécurité alimentaire et l’itinérance.


« Avec la pandémie, nous nous attendons à ce que les besoins continuent d’augmenter et persistent dans le temps. »
Armand Kayolo

Déjà très sollicités depuis le début de la pandémie, Moisson Outaouais et ses 42 organismes membres redoublent d’efforts pour répondre à l’augmentation des demandes enregistrées chaque mois de décembre.

«On veut être prêt à faire face à cette hausse qui se poursuivra au même rythme et peut-être davantage pour la prochaine année, car les prochains mois seront difficiles. Avec la pandémie, nous nous attendons à ce que les besoins continuent d’augmenter et persistent dans le temps, d’où la nécessité d’obtenir un soutien financier de la population», a indiqué le directeur général de Moisson Outaouais, Armand Kayolo.

«La COVID-19 a engendré des soudaines pertes d’emploi et de nombreuses familles ont utilisé nos services pour une première fois. Malgré tout, nous sommes contents de les accueillir, car nous sommes là pour eux. Pour certaines personnes, il a fallu beaucoup d’humilité et de courage de demander de l’aide. Pourtant, se nourrir est un besoin essentiel et un droit fondamental reconnu au Québec», a continué M. Kayolo.

Moisson Outaouais s’attend à distribuer via ses organismes membres 1715 paniers de Noël constitués d’une variété d’aliments (tourtière, dinde, bûche de Noël, lait, œuf, pâtes alimentaires, noix, bacon, légumes en conserve, céréales à déjeuner).

En 2017, l’insécurité alimentaire touchait 7 % de la population en Outaouais, soit environ 29 000 personnes. Les enfants forment 38 % des personnes qui bénéficient des paniers à provisions.