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Le gouvernement du Québec cherche des solutions durables aux inondations.
Le gouvernement du Québec cherche des solutions durables aux inondations.

Inondations: un bureau de projets s'en vient en Outaouais 

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
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Durement affectée par des crues printanières historiques en 2017 et 2019, l’Outaouais figure parmi les dix régions québécoises qui obtiennent un bureau de projets en matière d’inondations, a annoncé Québec, lundi. La mission des bureaux de projets sera de déterminer les solutions durables les plus adaptées au territoire desservi afin de prévenir les effets dévastateurs des inondations, a indiqué le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.

Ces bureaux, qui seront créés tôt en 2021, vont déterminer les projets essentiels pour éviter les risques d’inondation. Leur mandat sera de proposer le plus rapidement possible un plan d’intervention face aux inondations.

«On va y aller plus en respect de la nature, plus en respect des inondations et plus en respect d’où normalement vont les inondations. Ce n’est pas normal de construire et de reconstruire année après année dans des zones inondables. Ce n’est complètement pas normal. On est rendu à un milliard $ de frais, de 2017 à 2019, que les citoyens ont payés pour les inondations», a notamment fait valoir la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest en conférence de presse.

«On va travailler en accroissant les milieux humides, en accroissant les milieux naturels également», a-t-elle ajouté.

«Il pourrait y avoir des créations d’espaces de débordement désignés, comme un parc public qui serait inondable certaines périodes de l’année», a notamment suggéré de son côté le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien. On pourrait augmenter la végétalisation des milieux urbains, réaménager des infrastructures qui font obstacle au passage de l’eau. On pourrait également faire des rehaussements de voies d’accès qui sont essentielles pour certaines municipalités, certaines régions. On pourrait relocaliser des bâtiments localisés en zone inondable.»

Les décisions sur les mesures à prendre seront aussi prises en fonction de ne pas nuire aux voisins, aux municipalités voisines.

«Des murs de béton qui font en sorte que l’eau se retrouve chez le voisin, ce n’est pas toujours la solution», a souligné Mme Laforest.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, n’a pas réagi lundi à l’annonce de Québec. Son cabinet a indiqué que son agenda ne lui permettait pas.


« Des murs de béton qui font en sorte que l’eau se retrouve chez le voisin, ce n’est pas toujours la solution »
la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest

Il faudra peut-être deux ans avant que des actions du bureau de projets soient mises de l’avant. En octobre dernier lors de son intervention devant la Commission de l’aménagement du territoire, M. Pedneaud-Jobin avait demandé à Québec d’agir promptement quant aux demandes des citoyens qui habitent en zones inondables.

Plus de 1000 bâtiments, essentiellement des résidences, ont été endommagés lors des inondations historiques de 2017 et de 2019. Près du quart ont dû être démolis.

Le gouvernement du Québec a indiqué lundi que lorsque des citoyens ont des besoins temporaires, ils peuvent en faire la demande à la municipalité dans laquelle ils habitent et que celle-ci décidera s’il s’agit d’une mesure temporaire, et si une action peut être prise.

Plan de 479 millions $

Une enveloppe de 89 millions $ est dédiée aux bureaux dans le cadre du Plan de protection du territoire face aux inondations d’une valeur de 479 millions $. Huit millions $ seront alloués pour la cartographie, 270 millions $ sont prévus pour l’aménagement, 75 millions $ pour la relocalisation ainsi que 37 millions $ pour d’autres mesures.

Les actions qui découleront des démarches seront le fruit d’une collaboration avec à la fois le milieu municipal, le milieu scientifique, les acteurs de la société civile et les citoyens, a indiqué le ministre Julien.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a salué la mise en place des bureaux de projets. Cette mesure du Plan gouvernemental de protection du territoire face aux inondations dévoilé en avril dernier permettra à Québec d’assurer une cohérence des interventions à l’échelle des bassins versants tout en assurant un arrimage étroit avec les municipalités, a précisé l’UMQ dans un communiqué. 

«Des comités municipaux accompagneront les travaux des bureaux de projets. En effet, comme les municipalités jouent un rôle incontournable en aménagement du territoire, leur participation à la démarche gouvernementale est essentielle au succès de celle-ci», a expliqué l’organisation.

Les autres régions qui obtiennent un bureau de projets sont les Laurentides, Montréal, Lanaudière, la Montérégie, le Saguenay/Lac-Saint-Jean, la Mauricie/Centre-du-Québec, la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et l’Estrie.

De deux à trois personnes seront embauchées pour chaque bureau. Les entrevues doivent commencer au début de 2021.